Arthrose, tendinites, libérez vos genoux

Arthrose, tendinites :
LIBÉREZ VOS GENOUX !
Le genou est un organe au fonctionnement tout à fait extraordinaire, qui en fait
le pivot du corps mais aussi le siège d'une des maladies les plus handicapantes
avec l'âge : l’arthrose.
Le Dr Ménat vous a préparé un véritable guide pratique contenant tous les remèdes
antiarthrose et contre les autres pathologies qui affectent le genou. Avec ses conseils,
vous pourrez non seulement éviter les douleurs désagréables, mais bien guérir vos
articulations et retrouver la souplesse de votre jeunesse.
Le genou est une articulation complexe et
unique dans le corps humain. Elle est composée
de 3 os (et non pas 2, comme c'est le cas le plus
fréquent). Elle doit aussi supporter notre poids
tout en nous permettant de courir et de tenir debout.
Nous avons donc besoin d'une articulation à la fois
solide et souple. Ces particularités font que le genou
est fréquemment le siège de lésions traumatiques.
C'est aussi une des articulations souvent touchées
par l'arthrose.
Dans ce dossier, nous allons distinguer ces différentes
affections du genou et les moyens naturels de les
prendre en charge et de prévenir leur aggravation.
LE GENOU : UN ORGANE
FABULEUX
Pour mieux comprendre les différentes pathologies
du genou, il faut bien connaître son anatomie particulière.
Le genou est l’articulation située :
- entre l'extrémité inférieure du fémur : un os épais
et solide qui relie le genou à la hanche et doit supporter
les tractions des gros muscles de la cuisse, parmi
les plus puissants du corps humain ;
- et l'extrémité supérieure du tibia : l’os qui relie
le genou à la cheville.
Il existe aussi un autre os au niveau de la jambe, le
péroné (appelé aussi fibula), qui représente la moitié
de l'articulation de la cheville mais n'est quasiment
pas impliqué dans l'articulation du genou. Nous verrons
qu'il peut avoir une importance non négligeable
dans certaines pathologies.
- SOMMAIRE -
Le Dossier
Une articulation complexe et étonnante
Les différentes affections du genou
Prise en charge naturelle de l'arthrose du genou
Et en dehors de l'arthrose ?
Prise en charge globale de l'arthrose du genou
En bref !
Quand votre plan de travail vous intoxique :
les cuisines en quartz de synthèse seraient
dangereuses pour la santé
L'inégalité homme/femme fait des ravages...
surtout en matière de cancer du poumon
Question de patient
Je pars au ski. Que dois-je mettre
dans ma trousse de médicaments ?
La recette du Dr Ménat
Soupe de lentilles
Un peu de lecture
Foutez-vous la paix et commencez à vivre !
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P24
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
LES DOSSIERS DU DR MÉNAT
N°22 - FÉVRIER 2019
Le genou agit de concert avec 2 articulations :
- la cheville, très souple et qui peut bouger dans différents
plans ;
- la hanche, dont l'articulation particulière n'est pas dans
l'axe du corps, permettant à la jambe de s'écarter du bassin
et de l'autre jambe.
Pour que tout ce système soit solide, le genou, lui, ne doit
pouvoir bouger que dans un seul axe, tout en permettant
de courir, danser, faire du sport en changeant subitement
de direction. Il doit aussi amortir la pression du poids et
donc de la gravité qui s'exerce sur lui.
Pour cela, le genou est une articulation complexe qui comporte
plusieurs structures essentielles :
- un troisième os, la rotule (appelée aussi Patella) :
elle permet cette flexion du genou lors des mouvements
rapides, mais aussi une bonne transmission de la force des
muscles de la cuisse. La rotule fait alors office de « poulie »
dans les mouvements de flexion et d’extension ;
- des ménisques situés dans l'articulation : de véritables
amortisseurs permettant aux extrémités du fémur et
du tibia de parfaitement fonctionner l'un par rapport
à l'autre ;
- plusieurs ligaments qui solidifient tout cet ensemble :
des ligaments qui attachent les 3 os ensemble, tout
autour de l’articulation (ligaments externes, internes
ou encore rotuliens), mais aussi des ligaments internes
à l'articulation, ce qui est exceptionnel, permettant une
meilleure stabilité du genou lors des contraintes sportives,
qu'on appelle les ligaments croisés ;
- des bourses séreuses qui favorisent le glissement des
tendons et des ligaments sur l'os et permettent à ce
système articulaire d'être souple et plus efficace. Elles
peuvent s’inflammer et donner des bursites.
Cette articulation est animée par des muscles nombreux
et, pour certains, très puissants qu'on retrouve au niveau
de la cuisse et du mollet. Ces muscles concourent à la
solidité de l'articulation.
L’articulation en elle-même, comme toutes les articulations,
comporte des structures, des tissus, que je
détaillerai dans le chapitre suivant, car ils sont impliqués
dans la physiopathologie de l'arthrose et de l'arthrite.
Anatomie des ligaments croisés (face)
2 FÉVRIER 2019 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
ARTHROSE DU GENOU
PARTIE 1
UNE ARTICULATION COMPLEXE
ET ÉTONNANTE
LE CARTILAGE : UN TISSU
UNIQUE
Le tissu cartilagineux est un tissu spécialisé et unique
qui recouvre les extrémités des os qui sont en contact
pour former l'articulation (la face interne de la rotule
est également recouverte d'un cartilage). Le rôle essentiel
de cette structure est d’assurer un bon glissement
entre les extrémités osseuses articulaires avec un minimum
de friction (moins qu’un patin sur la glace).
À l’oeil nu, le cartilage articulaire apparaît blanc nacré,
lisse, ferme, mais souple. Son épaisseur est variable
selon l'articulation. Celui du genou est un des plus épais.
C'est tout de même un tissu vivant constitué de cellules,
les chondrocytes, qui se nourrissent par imbibition à
partir des vaisseaux de l'os lui-même et un peu également
par le liquide synovial, mais qui vivent finalement
avec très peu d'oxygène et de nutriments, puisque le
sang passe loin de ces cellules. De ce fait, les cellules
du cartilage ne peuvent pas se diviser. Une fois que le
cartilage est abîmé et que des chondrocytes sont morts,
ce tissu ne se réparera pas correctement.
En théorie, le cartilage a des capacités de réparation,
mais elles sont lentes et souvent insuffisantes quand
l'arthrose est avancée, surtout chez une personne âgée
chez qui les cellules fonctionnent plus lentement.
Le rôle des chondrocytes est de fabriquer quotidiennement
différentes protéines essentielles pour le
cartilage et l'articulation. Ce sont surtout du collagène
et des protéoglycanes, qui représentent l'essentiel du
cartilage, alors que les cellules, ces chondrocytes, ne
constituent finalement que 1 % du tissu cartilagineux.
Le collagène est responsable de la rigidité. Les protéoglycanes,
eux, enrichissent le cartilage articulaire
en eau, lui conférant ainsi une meilleure résistance
aux forces compressives. L’eau, outre son rôle biomécanique,
intervient également dans le transport des
solutés contribuant à la lubrification articulaire. Ainsi,
le cartilage est un matériau de composition mixte :
solide et liquide.
En plus du collagène et des protéoglycanes, les chondrocytes
fabriquent aussi des glycoprotéines dont
la fonction est mal connue. Si surprenant que cela
paraisse, une partie de la physiopathologie de l'arthrose
reste à découvrir, même si on en connaît les principales
causes.
Une chose est sûre, le renouvellement de ces protéines,
et donc du cartilage, est très lent. Il est pratiquement
nul pour le collagène. On peut faire la comparaison
avec les collagènes de la peau, qui vieillissent aussi et
expliquent les rides. En dehors des facteurs traumatiques,
le collagène des articulations va donc vieillir et
s'altérer, et l'arthrose liée à l'âge peut être nommée la
« ride de l'articulation ».
De la même façon qu’on ne peut pas vieillir sans
rides, l’arthrose touche tout le monde avec l'âge, mais
de façon variable en fonction de la génétique et des
facteurs extérieurs (environnement, alimentation,
traumatismes…).
LE LUBRIFIANT ESSENTIEL
DE L’ARTICULATION
Le liquide synovial est une substance essentielle fabriquée
par des cellules de la membrane synoviale. C’est
un lubrifiant qui a plusieurs fonctions :
- il protège le cartilage ;
- il permet un glissement sans frottement entre les 2
surfaces cartilagineuses de l’articulation ;
- il participe à la nutrition des chondrocytes ;
- il contient des cellules permettant de « nettoyer »
l'articulation des déchets qui peuvent se produire en
fonction des contraintes et de l’usure physiologique
du cartilage.
Pourquoi le cartilage
se répare mal ?
Le cartilage est un tissu sans nerf (ce qui évite des
douleurs inutiles, vu sa fonction et les pressions
qu’il doit supporter), mais aussi sans vaisseaux,
ce qui fait qu'il se répare très mal puisqu'il ne
peut pas recevoir facilement les nutriments qui
lui permettraient de se reconstruire.
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • FÉVRIER 2019 3
Si l’articulation est immobile, le liquide synovial est plus
épais, plus visqueux. Quand on fait du sport, il devient
petit à petit plus liquide pour s'adapter aux besoins.
C'est une des causes des raideurs au dérouillage matinal,
surtout si ce liquide est plus riche en toxines, du fait
de notre mode de vie. D'où l'importance de s'échauffer
avant des efforts importants : à défaut, l’articulation
sera moins fonctionnelle, moins souple.
C'est aussi à cause du liquide synovial que nos articulations
craquent de façon physiologique. En effet, il
contient du gaz carbonique qui explique qu'on puisse
se faire « craquer » les doigts ou les genoux quand on
force sur l’articulation : ce sont ces bulles de gaz qui
vont « claquer » sous la pression exercée. Il s’agit donc
d’un phénomène normal (à ne pas confondre toutefois
avec les craquements liés aux becs-de-perroquet et à
l’arthrose).
Cette structure articulaire est enfermée dans une
poche étanche constituée par la membrane synoviale
qui permet au liquide synovial de baigner l’articulation
et de ne pas partir ailleurs. Quand il existe une
inflammation du genou, il se crée un oedème au sein
de l'articulation, à l'intérieur de la membrane synoviale,
que l'on appelle parfois « épanchement de
synovie ».
La membrane synoviale est elle-même doublée d'une
« capsule » plus fibreuse qui rend cette « poche articulaire
» solide et résistante, car, pour que l’articulation
fonctionne bien, elle a besoin d'être isolée des autres
structures et de bénéficier de la lubrification du
liquide synovial. C'est grâce à ces 2 tissus qui isolent
les structures articulaires qu'on peut injecter dans le
genou de l’acide hyaluronique, un des traitements de
l’arthrose.
DES « AMORTISSEURS » NATURELS
Les ménisques sont comme 2 coussins en forme de
croissant ou de quartier d’orange avec une épaisseur
plus importante en périphérie. Chaque genou comporte
2 ménisques, un interne et un externe.
Le ménisque est un fibrocartilage composé essentiellement
d'eau (75 %) et d’une matrice protidique
extra-cellulaire (25 %). Il est donc proche du cartilage,
contient comme lui peu de cellules, mais plus d’eau,
ce qui le rend plus souple, plus amortissant, mais également
plus fragile.
Sa structure protidique se compose aussi de collagène
de type I (90 %) et de protéoglycanes.
Le rôle essentiel des ménisques est d’amortir la
charge, mais ils ont aussi une fonction de transmission
et de répartition de 50 à 70 % des contraintes. Ils
augmentent la congruence articulaire et la stabilisation
du genou, permettent l’absorption des chocs, la
protection du cartilage et, enfin, ils participent à la
lubrification articulaire.
Les ménisques sont attachés à l'os par l'extrémité de
leurs cornes antérieures et postérieures. Comme le
cartilage, ils sont mal vascularisés. Les parties internes
des ménisques – les cornes qui sont reliées à l'os et
aux vaisseaux – ont la capacité de se réparer, mais pas
les parties externes, qui supportent les plus grosses
contraintes, surtout en cas de contre-appui (changement
brusque de direction, comme au foot ou au
tennis).
LA ROTULE : UN VÉRITABLE LEVIER
DE PUISSANCE
La rotule est un os triangulaire (on dit « sésamoïde ») qui
s'articule surtout avec le fémur. Son but est de permettre
une flexion harmonieuse et une bonne synergie des différents
muscles de la cuisse et de la jambe. La rotule :
- centralise les forces exercées sur l'articulation ;
- protège le genou sur sa face avant, en particulier
quand on se met à genoux ;
- améliore l’extension de la jambe.
Le tendon du quadriceps (le gros muscle de la cuisse)
s'insère en partie sur la rotule. Grâce à sa position, elle
fait un « bras de levier » permettant d'augmenter de
30 % la puissance du muscle.
L’absence de ménisque favorise la survenue
de l’arthrose à cause du frottement excessif
entre les 2 surfaces articulaires et la pression du
poids du corps.
La rotule est comme une poulie autour de laquelle s'articule le genou
4 FÉVRIER 2019 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
ARTHROSE DU GENOU
PARTIE 2
LES DIFFÉRENTES AFFECTIONS
DU GENOU
L'arthrose du genou est aussi appelée « gonarthrose
». C’est le thème central de ce dossier, car
c’est la maladie chronique essentielle du genou
(avec les arthrites, moins fréquentes). Les autres
affections sont avant tout des conséquences de traumatismes.
L’arthrose n’est pas qu’une simple usure du cartilage, mais
un processus actif impliquant toute l’articulation :
- dégradation du cartilage jusqu'à l'usure complète ;
- remaniement de l’os sous-chondral, c'est-à-dire juste sous
le cartilage, qui va souffrir de plus en plus au fur et à mesure
de l'usure du cartilage. Cet os, lui, est innervé et source de
douleurs importantes au cours des mouvements ;
- production d'ostéophytes qui vont blesser les tissus
périarticulaires et donner également des douleurs importantes
;
- inflammation synoviale pouvant entraîner un gonflement
de l’articulation
L’ARTHROSE EST EN PARTIE MÉCANIQUE…
Le genou est une des articulations les plus touchées par
l'arthrose d'origine « mécanique » (on parle d'augmentation
des contraintes). Pour différentes raisons, l'articulation
fonctionne dans une position « viciée », c'est-à-dire anormale,
décalée. De ce fait, le mouvement d'un des os par
rapport à l'autre ne se fait pas dans l'axe prévu par la nature
et l'articulation s’use alors plus rapidement.
On voit souvent cela après un accident ou bien quand une
jambe est plus longue que l'autre ou quand les membres
inférieurs présentent des anomalies, comme une voûte
plantaire anormale, des pieds non parallèles, des genoux
qui rentrent ou qui sortent (on parle de genu varum ou
genu valgus), etc.
En cas d'antécédent de fracture touchant un ou plusieurs
os de l'articulation, l'arthrose apparaîtra souvent de façon
inexorable, mais les traitements que nous détaillerons plus
loin seront utiles, même dans ce cas-là, pour ralentir son
apparition. Attention également aux entorses graves qui
entraînent une trop grande laxité de l'articulation, qui
pourra alors s’user anormalement. C’est le cas dans les
ruptures des ligaments croisés de genou que je détaillerai
plus bas.
Il en va de même dans le cas d'une « anomalie mécanique »
de naissance, comme un genu varum important. Si cette
anomalie n'est pas prise en charge précocement (kiné, mais
parfois chirurgie), l'arthrose est inexorable et cela se termine
souvent par la pose d’une prothèse.
Évidemment, pour les membres inférieurs, le surpoids
aggrave tous ces facteurs mécaniques. L'obésité est d'ailleurs
une cause d'arthrose du genou très fréquente.
Parfois, l’articulation s’use simplement parce qu’on la sollicite
trop. Cela arrive dans certains métiers qui créent des
microtraumatismes répétés, comme pour l’arthrose des
genoux des carreleurs, qui passent une grande partie de
leur vie à genoux.
La radio va mettre en évidence un pincement de l'interligne articulaire
Pourquoi cette maladie
complexe touche certaines
personnes plus que d’autres ?
L’arthrose est liée à la conjonction de 2 phénomènes
principaux :
• une surcharge excessive ou vicieuse de l'articulation
(facteur mécanique) ;
• une articulation fragile, vulnérable, à cause de
facteurs génétiques, mais aussi nutritionnels et
environnementaux.
Cette association de causes biologiques, mécaniques
et environnementales explique ces
différences entre les individus.
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • FÉVRIER 2019 5
La même situation se présente chez le sportif qui pousse
ses articulations au bout de leurs possibilités. Même s'il
est bien entraîné et bien musclé, les conséquences arthrosiques
sont fréquentes. D’autant qu’il faut ajouter à cette
« sur-utilisation » articulaire les multiples traumatismes
dont ils sont victimes. Le football, le rugby ou encore le ski
sont de grands pourvoyeurs d'arthrose des genoux une fois
la carrière terminée.
Pour prendre en charge une arthrose, il sera indispensable
de traiter, si possible, la cause mécanique, car autrement
l'articulation continuera à s'user.
… EN PARTIE GÉNÉTIQUE…
Il existe plusieurs facteurs génétiques favorisant l'arthrose.
On a parlé ci-dessus de certaines malformations
congénitales des articulations. Quand le facteur génétique
entraîne un problème mécanique, il est simple à
diagnostiquer et il faudra intervenir précocement par
toutes les techniques « mécaniques » possibles : ostéopathe,
kiné et parfois chirurgie.
Mais il existe manifestement d'autres facteurs génétiques
que nous maîtrisons mal à l'heure actuelle et qui
font que certaines articulations sont plus fragiles. Cette
fragilité génétique peut s'exprimer plus ou moins en
fonction de notre hygiène de vie et des traitements suivis
(on parle d'épigénétique, c'est-à-dire de la capacité de
nos gènes à s’exprimer ou non).
C'est pourquoi je considère qu'une fragilité génétique
n'est jamais inexorable et qu'une bonne prise en charge
peut limiter les conséquences de cette fragilité.
… MAIS TOUJOURS INFLUENCÉE
PAR L’HYGIÈNE DE VIE !
Pour comprendre quelle est la meilleure prise en charge
de l’arthrose, il faut en connaître toutes les causes. Nous
venons de citer des causes essentiellement mécaniques,
génétiques, congénitales ou acquises.
Mais l’articulation est un organe comme les autres, qui vit,
se nourrit et qui peut être fragilisé par notre hygiène de
vie (en dehors du sport et des mouvements « excessifs »).
Voyons quelles causes « extérieures » peuvent favoriser
l'arthrose.
• Les carences alimentaires
Comme tous les organes, l’articulation peut souffrir de
carences alimentaires. La vitamine D est concernée,
le calcium un peu moins. Mais ce sont surtout les oligoéléments
et les antioxydants qui sont importants.
L’alimentation moderne proposant des aliments raffinés
qui ont perdu une partie des vitamines et minéraux,
elle peut favoriser l'aggravation de l'arthrose. Trouver
de la silice, du soufre et tous les éléments nécessaires
à l'entretien des articulations demande donc une alimentation
diversifiée et attentive.
Cela étant, il est important de souligner que si notre
hygiène de vie peut favoriser l'arthrose, c'est surtout
par ce qu'elle apporte en « trop » et pas en « moins ».
• L’encrassement : une cause fréquente,
à ne pas négliger
En dehors des facteurs mécaniques vus plus haut, la
principale cause favorisant l’arthrose reste pour moi
l’« encrassement cellulaire ». Cela ne fait néanmoins
pas consensus et peu de rhumatologues le prennent en
compte. Pourtant, des études montrent que des « surcharges
toxiniques » peuvent favoriser ou aggraver
des lésions arthrosiques.
Le modèle le plus connu est celui de la goutte liée
à un excès d'acide urique, un déchet particulièrement
encrassant et acidifiant, qui va favoriser des inflammations
articulaires. Certes, il ne s'agit pas d'arthrose
à proprement parler, mais les dépôts d'acide urique
vont favoriser les crises de goutte puis finalement une
dégradation de l’articulation.
Le phénomène le plus connu est la GLYCATION, c'està-
dire le dépôt de structures glucidiques dans nos
articulations (de nombreuses études sont publiées
sur ce phénomène, source de diverses pathologies).
La glycation est assimilée à la caramélisation : je vous
laisse imaginer ce que peut faire l’injection de caramel
dans une articulation ! On comprend bien à quel point
elle fonctionnera mal.
Une rupture des ligaments croisés influencera la survenue d'une arthrose
Si votre père ou votre mère a eu une arthrose
des genoux assez précoce, il est probable que
vous ayez une prédisposition à faire la même
arthrose, mais une prévention est possible afin
de reculer l'apparition d'un handicap.
6 FÉVRIER 2019 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
ARTHROSE DU GENOU
La glycation est probablement un des principaux
phénomènes expliquant l'arthrose des mains et des
pieds, avec des poussées inflammatoires, douloureuses
et handicapantes, qui entraînent le gonflement
puis la déformation des articulations.
L'autre phénomène souvent rencontré dans l'arthrose
est l’ACIDOSE, qu'on appelle aussi « terrain acide ».
Si notre corps est trop « acidifié » par notre mode de
vie et notre environnement, il va non seulement se
décalcifier (l'acidose est une des principales causes
de l'ostéoporose), mais nos tissus vont être encrassés
par des déchets « acides ». L'acide urique est l’un
d’entre eux.
L'acidose va donc, au minimum, favoriser des poussées
douloureuses par « encrassement » de nos articulations.
Mais ce phénomène peut également favoriser
les ostéophytes et, finalement, l'arthrose elle-même.
L'acidose a plusieurs causes bien identifiées. Une alimentation
acidifiante avec des excès de sucre (encore
lui !), de sel et de protéines, mais aussi l'excès de
sport, de stress ou encore la prise de certains médicaments.
La prise en compte de ces phénomènes d'encrassement
est, à mes yeux, essentielle dans l'arthrose. Il
faudra à la fois des corrections hygiéno-diététiques
et des thérapeutiques de drainage.
C’est pourquoi les jeûnes et les diètes sont si efficaces
sur les douleurs, car ils permettent de « désencrasser
» l'organisme. Mais attention, ils ne traitent pas
l’arthrose, c'est-à-dire l'usure en elle-même.
QUELS SONT LES SYMPTÔMES
DE L’ARTHROSE ?
Le principal symptôme de l’arthrose est la douleur.
Cependant, l'arthrose est aussi définie par un véritable
handicap, une impotence fonctionnelle qui est,
au final, le plus gênant pour le patient.
Parmi les principaux symptômes, on peut citer :
- Des douleurs survenant lors d’une activité physique,
même minime.
- Des douleurs de type mécanique : à la marche, dans
les escaliers, pendant les tâches ménagères ou les activités
ludiques ou professionnelles.
- Un dérouillage au réveil est fréquent ou bien après
une position assise prolongée.
- Une boiterie apparaît si l'arthrose évolue.
- On peut observer des craquements à la mobilisation
passive de l'articulation (ne pas confondre avec les
craquements uniques quand on force sur l'articulation
en lien avec une bulle d'air physiologique). Ici
les craquements sont en lien avec l'arthrose et les
becs-de-perroquet.
- Le patient décrit des sensations de blocage puis un
handicap fonctionnel : limitation du périmètre de
marche, montée en voiture, laçage des chaussures,
accroupissement, toilette…
NE PAS ÉCARTER LES AUTRES CAUSES
POSSIBLES
On parle de diagnostic différentiel pour évoquer
les autres diagnostics possibles face à un symptôme
commun. Dans l'arthrose, le symptôme numéro 1 est
bien entendu la douleur.
Mais bien d’autres pathologies donnent des douleurs
articulaires et leurs traitements sont souvent bien
différents.
Nous pouvons ainsi observer :
- une fracture. La cause traumatique permet de l'évoquer.
Une radio est évidemment nécessaire. Parfois
une IRM sera indispensable pour en faire le diagnostic
;
- une entorse. C'est une lésion des ligaments. Là
encore, le mécanisme traumatique permet d’y penser
facilement ;
LE SAVIEZ-VOUS ?
1 “Intake of high-fructose corn syrup sweetened soft drinks, fruit
drinks and apple juice is associated with prevalent arthritis in US
adults, aged 20-30 years”, DeChristopher L.R., Uribarri J., Tucker K.L.,
Nutr Diabetes, 2016 Mar 7;6:e199. doi: 10.1038/nutd.2016.7.
2 “Formation of Fructose-Mediated Advanced Glycation End Products
and Their Roles in Metabolic and Inflammatory Diseases”, Gugliucci
A., Adv Nutr., 2017 Jan 17;8(1):54-62. doi: 10.3945/an.116.013912. Print
2017 Jan.
3 “Effect of Angiotensin-(1-7) on Aortic Response, TNF-α, IL-1β and
Receptor for Advanced Glycation Endproduct in Rat’s Adjuvant-
Induced Arthritis”, Açikalin Ö., Bölükbaşi Hatip F.F., Tan R.F., Hatip-
Al-Khatib I., Pharmacology, 2016;97(5-6):207-17. doi: 10.1159/000444188.
Epub 2016 Feb 12.
4 “Advanced oxidation protein products induce chondrocyte
apoptosis via receptor for advanced glycation end products-mediated,
redox-dependent intrinsic apoptosis pathway”, Wu Q., Apoptosis, 2016
Jan;21(1):36-50. doi: 10.1007/s10495-015-1191-4.
La glycation est probablement impliquée dans
la plupart des arthroses. Elle est principalement
liée à une consommation excessive de glucides
(sucre, sodas, biscuiterie, pâtisseries, pain…),1-2-3-4 .
Il existe une « discordance radio /
clinique », c'est-à-dire que l'importance
de la douleur ou du handicap n'est pas
forcément proportionnelle à l'image radiologique.
Cela dit, si l'articulation est totalement usée, le
blocage, la gêne fonctionnelle est maximale. Mais
pas forcément la douleur !
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • FÉVRIER 2019 7
- une tendinite. Elle touche donc les tendons, cette
structure fibreuse qui permet au muscle de s'attacher
à l'os. Le mécanisme est plus sournois. Ce sont parfois
de petits traumatismes répétés qui peuvent passer
inaperçus. La notion d’encrassement est également à
prendre en compte dans ces pathologies particulières ;
- un syndrome rotulien, parfois assimilé à de l'arthrose
;
- une chondrocalcinose, que j’expliquerai plus loin ;
- une arthrite, qui doit être bien identifiée, car son
traitement est très différent de celui de l’arthrose.
LE SYNDROME ROTULIEN :
UN CAS PARTICULIER
Dans ce cas, la rotule n'est pas parfaitement dans l'axe
du fémur et coulisse mal sur le cartilage de cet os. Elle
va donc donner des douleurs à l'usage (en particulier
dans les escaliers).
Il faut dire que la rotule est comme une poulie transmettant
la force d’extension des muscles de la cuisse
et régulant la force de flexion. Les contraintes cartilagineuses
peuvent être énormes, jusqu'à plusieurs
tonnes au centimètre carré.
Cette chaîne de transmission sert également d'amortisseur,
en particulier à la course à pied.
La douleur est souvent en lien avec des microtraumatismes
répétés lors d'activités professionnelles ou
sportives dans des conditions non optimales :
- jogging sur du macadam avec de mauvaises chaussures
ou sur un terrain très accidenté ;
- gymnastique de type « aérobic » en salle ou encore
du « step », qui entraînent des mouvements rapides
et répétés ;
- utiliser les escaliers de manière répétée, marcher
en montagne – douleur surtout déclenchée lors des
descentes ;
- poser du carrelage, bricoler, jardiner, etc., soit
toutes les activités réalisées à genoux pendant trop
longtemps ;
- certains sports sollicitent beaucoup les genoux,
comme le vélo d'appartement, le rameur en salle,
l'aviron, l'haltérophilie, le tennis sur terrain dur
entraînant des contre-appuis violents avec des efforts
qui ne sont pas dans l’axe de la jambe, ce qui est aussi
le cas du basket, du hand, du foot…
On peut voir apparaître le syndrome rotulien spontanément
chez :
- les jeunes étudiants restant assis toute la journée ;
- les sujets âgés présentant une dé-musculation progressive
;
- les personnes restant en position assise prolongée
« genoux fléchis », comme lors d’une conduite prolongée,
un voyage en avion, une représentation de
théâtre, une séance de cinéma, etc., qui peuvent générer
ou entretenir ce syndrome.
Le traitement consiste à faire une rééducation spécifique
afin de « recentrer » la rotule et muscler de
façon efficace et harmonieuse les différents muscles
de la cuisse. Plus la prise en charge est précoce, plus
elle sera opérante.
Il faut éviter les genouillères classiques qui écrasent
la rotule et augmentent la souffrance cartilagineuse.
On préférera alors une genouillère avec fenêtre rotulienne
(dite aussi « à guide rotulien »).
Au départ, ce sont des douleurs mécaniques sans réelle
lésion radiologique. Mais si ce syndrome n'est pas pris
en charge, cette anomalie « mécanique » va finir par
user le cartilage de la rotule et entraîner une véritable
arthrose avec des lésions définitives et plus handicapantes.
LA CHONDROCALCINOSE ARTICULAIRE
La chondrocalcinose est parfois assimilée à une
arthrose, bien qu'elle ne soit pas liée directement à
une usure du cartilage. Elle est due à la présence de
cristaux (à base de pyrophosphate de calcium), à l’intérieur
même du cartilage. Elle atteint également les
ligaments des articulations, et touche les articulations
généralement de façon symétrique, c'est-à-dire des
deux côtés à la fois.
La cause n’est pas bien élucidée, mais il existe certainement
un facteur génétique. Ces cristaux apparaissent
progressivement avec l'âge – la chondrocalcinose
touche essentiellement les plus de 60 ans –, favorisant
les lésions d'arthrose et provoquant des crises
inflammatoires.
On met parfois en parallèle la chondrocalcinose et
la goutte, liée elle, on l’a vu, à des cristaux d'acide
urique. Bien que la cause soit inconnue, je pense qu'il
faut envisager ce parallèle pour imaginer que tous les
facteurs d'encrassement et surtout l'acidose puissent
être des facteurs favorisants. En tout cas, c'est par ce
Ne pas confondre
Beaucoup de personnes confondent arthrose et
ostéoporose, mais cette dernière ne touche pas
les articulations et ne fait pratiquement jamais
mal tant qu'il n'y a pas de fracture. Cependant,
en cas d'ostéoporose vertébrale, il peut y avoir
des fractures-tassements des vertèbres qui se
compliqueront ensuite d'une arthrose souvent
très invalidante.
8 FÉVRIER 2019 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
ARTHROSE DU GENOU
biais que je tente de soulager les personnes atteintes
de cette maladie. Il est probable que les diètes et le
drainage puissent aider. Autrement, la prise en charge
décrite dans la deuxième partie de ce dossier reste
valable puisque, au final, c’est une maladie d’encrassement
suivie d’une destruction du cartilage, et c’est
donc d'une véritable arthrose que vont souffrir les
malades.
Il faudra aussi rechercher les anomalies de la thyroïde
et du métabolisme du calcium.
ARTHRITE : LA DEUXIÈME MALADIE
LA PLUS FRÉQUENTE
Je finirai cette liste non exhaustive des diagnostics
différentiels par l'autre maladie la plus fréquente des
articulations : l’ARTHRITE.
Comme tous les mots finissant par « ite », il y a ici une
notion d'inflammation. L'articulation va donc être
douloureuse, mais également rouge, chaude et gonflée.
Il existe plusieurs causes à l'arthrite :
- arthrite infectieuse assez rare ;
- arthrite post-traumatique ;
- arthrite venant compliquer une arthrose. L'arthrose
n'est pas, à la base, une maladie inflammatoire. C'est
une usure du cartilage qui entraîne douleur et impotence
fonctionnelle. Mais une articulation « abîmée »
par l'arthrose peut parfois se compliquer d'une poussée
inflammatoire pendant laquelle l'articulation va
gonfler et faire beaucoup plus mal. Enrayer cette
poussée inflammatoire rapidement est un objectif
important, car c'est souvent pendant ces poussées
que l'arthrose s’aggrave ;
- et, la plus fréquente : l’arthrite auto-immune,
comme la polyarthrite rhumatoïde ou la spondylarthrite
qui sont des maladies liées à un dérèglement du
système immunitaire qui va agresser les articulations.
Les traitements de l'arthrose et de la polyarthrite sont
totalement différents. Cependant, après plusieurs
années d'évolution, une arthrite auto-immune peut
se compliquer d'une arthrose.
L’arthrite auto-immune étant avant tout une maladie
qui touche le système immunitaire, elle nécessite une
prise en charge très particulière faisant appel à des
immunosuppresseurs et un traitement du terrain. Je
ne détaillerai pas ces affections dans ce dossier, car
elles sont très complexes.
LES LÉSIONS DES MÉNISQUES
Les ménisques sont l'objet de lésions exclusivement
traumatiques.
La prévention passe donc par celle des chutes et autres
chocs, mais surtout par l'entraînement qui permet
d’avoir des muscles et des gestes adaptés à l'activité
physique envisagée.
L'autre prévention va passer par un contrôle de la
posture et le dépistage des anomalies mécaniques qui
sont nombreuses à pouvoir agir négativement sur les
ménisques.
Les ménisques comme le cartilage ne savent pas
se réparer (ou très peu). C'est pourquoi, quand un
ménisque est fissuré ou rompu, il ne pourra jamais
être réparé ni même remplacé.
Si la fissure est limitée, il peut exister une gêne
mécanique modérée qui peut ne pas gêner certaines
pratiques sportives prudentes, comme la marche ou
la natation. Mais si la fissure est importante ou, pire,
si un morceau de ménisque s'est détaché, cela peut
entraîner des douleurs, des gênes importantes et
même des sensations de genou qui se bloque et interdire
toute activité physique régulière.
Le blocage du genou est le symptôme le plus évocateur
d'une lésion méniscale. Il s’agit de l’impossibilité
brusque d’étendre complètement son genou, alors que
la flexion reste libre. Un blocage peut survenir à la
suite d’un faux mouvement ou en se relevant d’une
position accroupie prolongée. La gêne est importante
en raison de la douleur et de la position fléchie du
genou, rendant la marche difficile. Ce blocage traduit
le déplacement à l’intérieur du genou d’un fragment
de ménisque détaché sur presque toute sa longueur
(on parle d'une « anse de seau »). Habituellement, le
patient trouve lui-même des « manoeuvres » qui lui
permettent de débloquer son genou et il est rare que le
CONSULTER UN OSTÉO OU UN DENTISTE ?
Consulter un posturologue, un ostéopathe, un
podologue, mais aussi parfois un spécialiste de
l'occlusion dentaire peut réduire les pressions
anormales sur ces petits amortisseurs si importants
pour la mobilité du genou.
Une poussée d'arthrite sur des lésions
d'arthrose est un mécanisme assez fréquent.
On parle aussi de poussée inflammatoire. Elle
sera prise en charge par des anti-inflammatoires
chimiques ou naturels.
Ces traitements sont détaillés dans la deuxième
partie du dossier.
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • FÉVRIER 2019 9
blocage soit irréductible. Si c’est le cas, il peut nécessiter
en semi-urgence une arthroscopie pour enlever
le fragment méniscal en cause.
Pour confirmer le diagnostic d'une lésion du ménisque,
on utilise plusieurs procédés :
- de l’imagerie avec une IRM ou un arthroscanner
utilisant un produit de contraste qu’on injecte dans
le genou. Ce dernier examen étant plus invasif, l'IRM
reste l'examen de première intention. La radiologie
standard ne permet pas de visualiser les ménisques,
sauf quand ils vieillissent et se calcifient ;
- une arthroscopie, examen qui consiste à rentrer
dans le genou grâce à un fibroscope, un peu comme
on le fait quand on veut examiner le côlon. Sauf qu'ici
il faut pénétrer dans une cavité synoviale totalement
étanche et cet examen est très invasif. Mais c'est aussi
grâce à cette arthroscopie qu'on pourra facilement
retirer le ménisque malade.
De ce fait, en cas de suspicion de lésion méniscale à
partir des symptômes cliniques, on réalisera une IRM
et, si cet examen confirme une lésion du ménisque
nécessitant une intervention chirurgicale, on procédera
alors à une arthroscopie à la fois pour confirmer
et préciser le diagnostic, mais aussi et surtout pour
traiter le patient.
Le seul traitement de ces lésions reste la chirurgie.
Dans de rares cas, on peut suturer un ménisque présentant
une rupture limitée. Mais, la plupart du temps,
il faut en faire l’ablation.
Si le traitement des lésions méniscales est relativement
simple, on recule toujours l'intervention, car une
fois le ménisque retiré, l'évolution vers une arthrose
du genou est plus fréquente et plus rapide.
C'est la raison pour laquelle on essaye de plus en plus
de ne pas retirer le ménisque dans sa totalité quand
cela est possible.
Il n'existe aucun traitement médical, chimique ou
naturel, pour agir sur un ménisque abîmé.
ENTORSE
L'entorse est une lésion plus ou moins grave d'un ligament.
Le ligament est une structure fibreuse, non musculaire,
qui permet de solidifier une articulation et de
permettre certains mouvements tout en interdisant
d'autres. C'est une sorte de hauban qui évite les luxations
et les mouvements anormaux.
On reconnaît 3 stades aux entorses :
- stade 1 : élongation simple et modérée. La douleur
est immédiate mais modeste, et la lésion se guérit en
général en moins de 2 semaines ;
- stade 2 : lésion profonde du ligament avec une
déchirure partielle, mais sans rupture complète. La
douleur est importante quand on mobilise le genou. Il
se produit immédiatement un oedème puis un hématome
plus ou moins important. La lésion mettra
plusieurs semaines à se réparer ;
- stade 3 : rupture complète du ligament. Dans ce
cas, la mobilisation du genou est moins douloureuse,
mais l'articulation est devenue instable, et
anormalement laxe. Suivant leur localisation, ces
entorses peuvent nécessiter une intervention chirurgicale
pour permettre une réparation acceptable.
Des séquelles persisteront souvent avec des douleurs
à l'usage, voire une hyperlaxité.
Concernant le genou, les entorses peuvent être plus
ou moins complexes en fonction de leur localisation.
On distingue surtout :
• les entorses des ligaments latéraux internes et
externes qui sont à « l'extérieur » de l'articulation.
Le traitement est essentiellement mécanique par
immobilisation. En allopathie, on donnera surtout
des anti-inflammatoires, mais nous verrons plus loin
qu'il existe des traitements très efficaces associant
homéopathie et aromathérapie ;
• les entorses des ligaments croisés. En fait, seul
le stade 3, c'est-à-dire la rupture, pose un véritable
problème. Dans les autres stades, on fera une
immobilisation, mais ces entorses sont moins douloureuses
que les entorses des ligaments latéraux. En
revanche, en cas de rupture, cela entraîne une laxité
très problématique du genou qui ne peut être
Les trois stades d'une entorse
Le principal traitement de l'entorse reste
l'immobilisation et la rééducation suivant sa
gravité. Remuscler correctement est la meilleure
façon d'éviter une récidive.
10 FÉVRIER 2019 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
ARTHROSE DU GENOU
traitée que par chirurgie, et celle-ci est assez délicate,
car il s'agit d'un ligament intra-articulaire.
De ce fait, si le patient a déjà un certain âge ou est peu
sportif, on pourra ne pas proposer cette opération et
laisser le ligament rompu. Chez les jeunes et les sportifs,
la chirurgie est conseillée, car sinon le patient
risque d'être handicapé par une trop grosse laxité qui
gêne l'activité physique et augmente le risque d'autres
lésions (entorses, ménisque…).
Il n’existe pas de traitement permettant de « réparer »
un ligament rompu, donc aucun traitement pour agir
sur une rupture du ligament croisé, car les 2 extrémités
du ligament ne sont plus en contact et ne peuvent
donc pas se cicatriser. Ces ligaments croisés resteront
lésés à vie en cas de rupture complète non opérée.
En revanche, les ligaments, contrairement aux cartilages
et aux ménisques, sont capables de se réparer
parfaitement s'ils ne sont pas rompus, et nous pourrons
favoriser cette réparation par des traitements de
fond et en particulier de l'homéopathie et des compléments
alimentaires.
TENDINITE
Le tendon est l'extrémité du muscle qui lui permet de
s'attacher sur l'os. C'est un tissu particulier, soumis en
permanence à des phénomènes de traction chaque fois
que le muscle se contracte ou que l’articulation bouge.
Un peu comme les ligaments, le tendon est une structure
protidique fibreuse composée de collagène et de
protéoglycanes. Il fonctionne beaucoup en anaérobie
(il est mal vascularisé, un peu comme le cartilage), ce
qui lui permet de mieux supporter des efforts prolongés,
mais entraîne un défaut essentiel : sa réparation
est plus lente et délicate. C'est pourquoi des tendinites
peuvent persister pendant des mois.
Certaines zones tendineuses à l’apport nutritif limité
(éloignées des vaisseaux) constituent des zones de
fragilité augmentée qui doivent pourtant supporter
des charges élevées en élongation, en torsion ou en
friction. Dans les zones de frictions maximales, les
tendons sont entourés de gaines synoviales.
Le tendon est plus « élastique » que le ligament, mais
n'est pas aussi extensible que le muscle.
En cas d’utilisation excessive ou anormale, le tendon
va s’inflammer. On parle alors de tendinite ou parfois
de tendinopathie.
La douleur est très évocatrice et il y a rarement une
hésitation diagnostique : douleur dès qu'on met le
tendon sous tension, en tirant sur l'articulation et surtout
en faisant contracter le muscle contre contrainte.
Dans un stade 3, on pourra observer les signes de l'inflammation
: rougeur, chaleur, oedème et même des
crépitations dans le tendon quand on le fait fonctionner.
Les causes des tendinites sont surtout :
- une surcharge mécanique du tendon par des gestes
répétés ;
- une modification des gestes ou de l'activité ;
- des activités intenses sans échauffement et progression
de l'effort ;
- un « matériel » inadapté (chaussures, sols…) et surtout
un changement de ce matériel (nouvelles chaussures,
par exemple) ;
- une mauvaise posture ou un décalage mécanique du
membre inférieur ;
- une mauvaise hydratation au cours des efforts, cause
trop souvent oubliée ;
- certains médicaments qui fragilisent ou encrassent
les tendons (antibiotiques en particulier, mais aussi
cortisone).
Concernant le genou, on différencie aussi :
- les tendinopathies de traction, les plus fréquentes.
Elles touchent avant tout le tendon rotulien. Elles sont
dues en particulier à des mouvements répétitifs de
freinage ou de sauts ;
Il existe 4 stades de tendinite : d'une douleur à l'effort jusqu'à la rupture
Les 4 stades d'une tendinite
- stade 1 : douleur uniquement après un effort
soutenu ;
- stade 2 : douleur pendant l'effort et après ;
- stade 3 : douleur permanente à l'effort et au
repos (y compris parfois la nuit) ;
- stade 4 : rupture du tendon : on le rencontre
plus souvent au niveau du tendon d'Achille ou
de l'épaule, mais très rarement au niveau du
genou.
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • FÉVRIER 2019 11
- les tendinopathies par frottement ou compression
entraînant une souffrance de l'enveloppe située
autour du tendon (ténosynovite) ou de l'atteinte des
structures de glissement (bursite) ;
- les tendinopathies par choc direct qui touchent
encore une fois plus souvent le tendon rotulien en
avant du genou.
Le tendon le plus souvent en cause est donc le tendon
rotulien. Il s'étend de la pointe de la rotule à la tubérosité
tibiale antérieure. La particularité de ce tendon
est qu'il n'est pas directement lié à un muscle, mais
fait le lien entre la rotule et le tibia en étant le prolongement
du quadriceps à travers cette rotule.
Ce sont surtout les 2 points d'insertion du tendon, sur
la pointe inférieure de la rotule ou sur la tubérosité
antérieure du tibia qui sont les zones de douleurs les
plus importantes. Le patient peut avoir mal juste en
appuyant sur ces zones.
Il existe une autre tendinite fréquente dite de la
« patte-d'oie », c'est-à-dire de l'insertion d'une
partie des muscles ischio-jambiers internes sur la face
interne du tibia. Les causes et les symptômes sont toujours
les mêmes.
De l'autre côté du genou existe la tendinite du fascia
lata. Elle est causée par la friction de la bandelette
ilio-tibiale sur le tubercule du condyle externe du
genou. Elle se produit à chaque flexion-extension du
genou. La tendinite du fascia lata est aussi appelée
« syndrome de l’essuie-glace » ou de la bandelette
de Maissiat, ou encore syndrome de la bandelette
ilio-tibiale. Ce syndrome est lié à la répétition des
mouvements de flexion-extension pendant un effort
de course prolongé. Il concerne toujours des sujets
jeunes, sportifs, pratiquant la course à pied, le cyclisme
ou le football. Certaines conditions favorisent ce type
de tendinite :
- la course en côte, ou en descente ;
- l’utilisation de chaussures usagées ;
- l’augmentation brutale du kilométrage hebdomadaire.
Dans tous les cas, le diagnostic est donc cliniquement
assez simple, mais on pourra envisager une échographie
puis, surtout, une IRM pour le confirmer. Les
tendons ne sont pas bien visibles avec une simple
radio.
Schéma du « syndrome de l'essuie-glace »
12 FÉVRIER 2019 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
ARTHROSE DU GENOU
PARTIE 3
PRISE EN CHARGE NATURELLE
DE L’ARTHROSE DU GENOU
1 Reginster J.Y., Deroisy R., Rovati L.C., et al., “Long-term effects of glucosamine sulphate on osteoarthritis progression: a randomised, placebo-controlled clinical
trial”,Lancet, 2001 Jan 27;357(9252):251-6.
Pavelka K., Gatterova J., Olejarova M., Machacek S., Giacovelli G., Rovati L.C., “Glucosamine sulfate use and delay of progression of knee osteoarthritis: a 3-year,
randomized, placebo-controlled, double-blind study”, Arch Intern Med, 2002 Oct 14;162(18):2113-23.
Avant de vous donner des pistes pour le traitement
des autres douleurs du genou, je
vais donc m’attarder sur la prise en charge
de l’arthrose, qui est la principale « maladie
» de cette articulation.
Il n'y a pas de réel traitement allopathique des causes
de l'arthrose en dehors de la viscosupplémentation.
Les rhumatologues prescriront surtout des antalgiques
et de la kinésithérapie et, bien entendu, des
antalgiques et anti-inflammatoires pour agir sur la
douleur.
Mais il y a beaucoup d'approches naturelles qui
peuvent aider à limiter l'évolution inexorable de l'arthrose
et ses conséquences sur l'autonomie.
L’EFFET DIRECT DES COMPLÉMENTS
ALIMENTAIRES
Les compléments alimentaires constituent sans aucun
doute le traitement préventif qui me donne la meilleure
satisfaction dans l’arthrose du genou. Voici les
principaux.
LA GLUCOSAMINE LIMITE L’ÉVOLUTION
DE L’ARTHROSE
La glucosamine est une molécule naturelle fabriquée
par notre organisme afin de nourrir et conserver les
propriétés des tissus cartilagineux.
On l'utilise comme complément alimentaire pour
limiter l'évolution de l'arthrose. Son efficacité est
indissociable de celle de la chondroïtine dont je parle
plus bas, car on les prescrit toujours ensemble. Si l'efficacité
de chacun des 2 produits est discutée et assez
modeste, je peux affirmer que l'association de ces
2 molécules donne d'excellents résultats, surtout sur
les grosses articulations comme les genoux.
En cas d’arthrose, la supplémentation en glucosamine
apporte un soulagement des douleurs articulaires.
Au-delà de cet effet, il semble qu’elle puisse stopper
ou ralentir la progression de l’arthrose, contrairement
aux anti-inflammatoires classiques qui, à long terme,
accéléreraient la dégénérescence des articulations.
Elle est très bien tolérée et ne présente pas de
contre-indications ni même de réelles précautions
d'emploi, malgré ce que vous pourrez lire sur le risque
de perturbation du métabolisme de l'insuline. On peut
même augmenter la dose à 2 000, voire 3 000 mg par
jour, mais c'est rarement nécessaire.
Elle fait partie des AASAL (anti-arthrosique symptomatique
d'action lente) et il est vrai qu'il faudra
prendre ce type de produit pendant au moins 6 à
12 mois et même plus longtemps si l'effet est positif
sur les douleurs. Mais de nombreuses études montrent
que ce complément alimentaire peut être très efficace
à moyen terme1.
Quelle glucosamine ?
1 Herrero-Beaumont G. et coll. : “Glucosamine sulfate in the treatment
of knee osteoarthritis symptoms: A randomized, double-blind, placebocontrolled
study using acetaminophen as a side comparator”, Arthritis
& Rheumatism, 2007; 56: 556-567.
La glucosamine du commerce est synthétisée
en laboratoire à partir de la chitine extraite de
la carapace des crustacés, ce qui peut parfois
poser des problèmes d'allergie. Un produit de
qualité sera purifié et théoriquement sans risque.
Certains laboratoires proposent de consommer
directement la chitine sous forme d'extrait de
carapace de crustacés, mais c'est à mon sens
une erreur, car il faut une dose importante de
glucosamine pour qu'elle soit efficace.
On la trouve également sous forme de sulfate de
glucosamine, qui bénéficie de beaucoup d'études
positives1. On peut la trouver sous forme de
chlorhydrate, qui serait mieux absorbé mais qui
bénéficie de moins d'études cliniques. Idéalement,
on prendra 1 500 mg par jour de sulfate de
glucosamine.
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • FÉVRIER 2019 13
Malheureusement, ce produit qui a prouvé son utilité
a été tout de même déremboursé.
LA CHONDROÏTINE :
ALTER EGO DE LA GLUCOSAMINE
La chondroïtine se trouve également sous forme de
sulfate. Je la prescris toujours en association avec la
glucosamine.
La chondroïtine est un autre constituant du cartilage
naturellement produit par l’organisme. Elle contribue à
sa formation et à son entretien. On retrouve cette molécule
dans d'autres tissus conjonctifs, comme les os ou la
peau, et même les artères.
Mon expérience de l'association de ces 2 produits avec
une prise en charge globale du patient confirme chaque
jour l'intérêt de cette approche, par ailleurs sans risque
et sans effets secondaires.
Il faut prendre au minimum 1 200 mg de chondroïtine
sulfate par jour associés aux 1 500 mg de sulfate
de glucosamine.
2 “Glucosamine and chondroitin sulfate may be useful for patients with moderate to severe pain from knee osteoarthritis”, communiqué de presse, American
College of Rheumatology, 2005. [Consulté le 27 novembre 2005]. www.rheumatology.org.
3 Kim L.S., Axelrod L.J., Howard P., et al., “Efficacy of methylsulfonylmethane (MSM) in osteoarthritis pain of the knee : apilot clinical trial. Osteoarthritis Cartilage”,
March 2006, vol. 14, 3, pp. 286-94.
“Systematic review of the nutritional supplements dimethyl sulfoxide (DMSO) and methylsulfonylmethane (MSM) in the treatment of osteoarthritis”. Osteoarthritis
Cartilage, Nov 2008, vol. 16, 11, pp. 1277-88.
Une des nombreuses études associant les 2 produits
a montré, sur 1 600 personnes prenant les posologies
ci-dessus, qu’ils permettaient de réduire significativement
la consommation d'antalgiques au bout des 6 mois
de supplémentation2.
Si ces 2 produits sont, à mon sens, la base du traitement
de l'arthrose des genoux, d'autres compléments alimentaires
peuvent y être associés avec un bénéfice certain.
DU SOUFRE POUR LA SOUPLESSE
Le soufre est, avec la silice dont je parlerai plus loin, un
des 2 oligoéléments de la souplesse. Il est donc largement
utilisé en rhumatologie par les praticiens de médecine
naturelle.
Suivant la qualité du soufre utilisé, il sera efficace sur
l'ankylose et les tissus périarticulaires, réduisant les
douleurs aux mouvements ou encore sur l'articulation
elle-même. En effet, le soufre est un constituant essentiel
des tissus conjonctifs en général et du cartilage en
particulier.
La supplémentation en soufre me paraît donc importante
en cas d’arthrose. Je prescris essentiellement 4 formes de
soufre en fonction de l’atteinte articulaire et du terrain
du patient :
Les oligosols de soufre sont prioritaires pour moi dans le
genou. Je les développe plus loin dans ce dossier.
Les granions de soufre sont simples à utiliser. On les
trouve dans toutes les pharmacies et ils sont bien tolérés.

On pourra prendre 1 à 2 ampoules par jour, 5 jours sur 7.


Ces 2 oligoéléments sont moins concentrés et moins puissants
que le produit qui suit.
Le MSM ou méthyl-sulfonyl-méthane
C’est un composé soufré présent en petite quantité dans
de nombreux aliments (lait, oeuf, piment, oignon, prêle,
fruits de mer…). On peut le synthétiser à partir de la pulpe
de bois. Plusieurs études ont montré l'efficacité de cette
molécule soufrée sur l'arthrose.
Ainsi, plusieurs études utilisant en moyenne 3 g par jour
de MSM donnés pendant 3 mois en moyenne à des patients
arthrosiques ont montré une efficacité sur les scores de
la douleur (WOMAC) et sur l'impotence fonctionnelle, en
particulier sur les douleurs arthrosiques du genou3.
Là encore, ces résultats sont parfois contestés, car l'efficacité
reste modérée, mais pour moi il est évident que le
soufre est à la fois incontournable dans l'arthrose et en
même temps ne doit pas être utilisé seul.
La chondroïtine a fait l’objet de plusieurs métaanalyses
qui ont montré son efficacité pour
soulager les symptômes de l’arthrose et même
ralentir son évolution1.
Une étude sur 2 ans uniquement avec la
chondroïtine a montré une stabilité de l'épaisseur
du cartilage, alors que, dans le groupe placebo, ce
tissu perdait 0,07 mm par an, ce qui est beaucoup2 !
Certains auteurs ont contesté ces résultats, mais ils
ont pour la plupart oublié l'importance d'associer
ce produit à la glucosamine et de prendre en
compte des études sur de longues durées, car,
encore une fois, il faut 6 à 12 mois pour juger de
l'effet de ces produits3.
1 Richy F., Bruyere O., et al., “Structural and symptomatic efficacy of
glucosamine and chondroitin in knee osteoarthritis: a comprehensive
meta-analysis”, Arch Intern Med, 2003 Jul 14;163(13):1514-22. Texte
intégral : archinte.ama-assn.org
2 Altman R.D., et al., Osteoarthritis Cartilage, 2004;12:515-524.
3 Uebelhart D., “Clinical review of chondroitin sulfate in
osteoarthritis”, Osteoarthritis Cartilage, 2008;16 Suppl 3:S19-21. Review.
Pelletier J.P., “Chondroitin for osteoarthritis of the knee or hip”,
Ann Intern Med, 2007 Dec 18;147(12):883-4; author reply 884-5. Texte
intégral : www.annals.org.
Simon Wandel, Peter Jüni, Britta Tendal, et al., “Rapid responses
about Effects of glucosamine, chondroitin, or placebo in patients
with osteoarthritis of hip or knee: network meta-analysis”, BMJ,
2010;341:doi:10.1136/bmj.c4675 [Consulté le 11 mai 2011] www.bmj.com.
14 FÉVRIER 2019 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
ARTHROSE DU GENOU
Il existe des produits qui associent glucosamine+chondroitine+
MSM, comme le Flexifluid® de Therascience.
Donc, en pratique, je propose avant tout des oligosols, mais
je peux ajouter du MSM à mes protocoles de prévention.
LA SILICE : L’AUTRE ÉLÉMENT
DE LA SOUPLESSE
Il existe 2 types de silice :
- la silice minérale, qu'on trouvera dans la prèle ou
le bambou tabashir. Elle a surtout une action sur l'os,
sur la « structure ». C'est donc pour moi, avant tout,
un traitement incontournable de l'ostéoporose. Dans
l'arthrose, elle n’est pas inutile, car je vous rappelle que
lorsque le cartilage s’use, l’os sous-chondral souffre et
la silice peut favoriser sa résistance et sa réparation,
mais elle a peu d'effet sur le cartilage lui-même ;
- la silice organique qu’on trouve en particulier sous
forme de G5. Elle agit surtout sur les tissus périarticulaires,
sur la « fonction ». Je la donne donc surtout dans
les pathologies périarticulaires, dans les ankyloses ou
dans les tendinites ou entorses à répétition. Mais nous
avons vu que l'arthrose finit par atteindre la totalité de
l'articulation et donner en particulier des ostéophytes qui
créent beaucoup de douleurs en agressant les ligaments et
les tendons. La silice organique peut aider à soulager les
patients qui ont beaucoup de becs-de-perroquet.
La silice est aussi un élément nécessaire à la synthèse
des glucosaminoglycanes qui constituent une partie
du cartilage. Le G5, du fait de sa biodisponibilité, serait
supérieur dans cette action. Mais on sait aussi que le
cartilage se répare très lentement. L'effet reste donc
limité et nous n'avons pas assez d'études sur l'efficacité
réelle de cet oligoélément. Malgré tout, certaines
études font un lien entre la diminution des stocks de
silice avec l'âge et l'évolution de l'arthrose. Mais aucune
ne montre que la supplémentation en silice peut inverser
ce processus.
Il m'arrive malgré tout régulièrement de prescrire de la
silice à des patients arthrosiques, mais cela reste pour
moi un traitement secondaire ayant pour but d'agir
plus sur les douleurs, la souplesse et les tissus périarticulaires
que sur le cartilage.
On peut également proposer le silicium organique en
gel pour les articulations superficielles, comme les
genoux. Il peut aider à soulager, mais n'a pas beaucoup
d'action sur l'évolution de l'arthrose elle-même. Sur le
plan local, je reste avant tout favorable à l'aromathérapie
(voir plus loin).
3 siècles d'existence
et toujours vaillante !
L’huile de Haarlem est une autre forme de soufre
encore plus concentrée et mieux absorbée. C'est un
produit mis au point il y a près de 3 siècles par les
alchimistes de la ville de Haarlem, aux Pays-Bas (d'où
son nom).
Son efficacité est aussi à l'origine des limites de son
utilisation, car les patients qui la consomment ont des
urines et des selles qui sentent vraiment le soufre,
et c'est parfois bien désagréable. De plus, l'huile de
Haarlem peut donner des troubles digestifs et un peu
de diarrhée.
En pratique, j'utilise surtout l'huile de Haarlem pour
son intérêt prioritaire chez les bronchiteux chroniques,
car ce type de soufre est formidable pour améliorer
les défenses et la cicatrisation du tissu bronchique.
Et si ces patients ont de l'arthrose, c'est tout bénéfice
pour eux.
Elle se prend à raison de 2 capsules au milieu du dîner,
souvent 1 jour sur 2 pour limiter les effets secondaires
sur le transit. On la trouve dans certains magasins de
diététique. Vérifiez qu’elle est bien fabriquée à base
de « fleur de soufre », d'huile de lin et d'essence de
térébenthine, car il existe de mauvaises copies. On
trouve aussi la véritable huile de Haarlem au laboratoire
La Royale.
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • FÉVRIER 2019 15
LE COLLAGÈNE, UN ÉLÉMENT CONSTITUTIF
DE L’ARTICULATION
Le collagène est, à mon sens, un produit encore sous-utilisé.
Il nourrit les tissus conjonctifs, c'est-à-dire la peau,
mais aussi les artères et les articulations.
Utilisé à bonne dose, il a montré son action réelle sur
l'arthrose, ce qui n'est pas étonnant quand on sait que l'articulation
est très riche en collagène et que cette protéine
est indispensable à la qualité et à la solidité du cartilage.
La question qui peut se poser est : une supplémentation en
collagène peut-elle réellement agir sur les articulations ?
La réponse est OUI, à condition d'apporter 5 à 10 g par
jour de collagène. Or beaucoup de produits sont largement
sous-dosés. J'utilise pour ma part 2 spécialités :
- Hydrolysat de collagène Philotia (Le Stum) : 2 cuillères
bombées par jour pour 7 g de collagène par jour (issu du
poulet) ;
- Collagène + (Therascience), un produit plus cher, mais
plus complet puisqu’il apporte aussi de l’acide hyaluronique
: 1 sachet par jour apporte 10 g de collagène
d'origine marine.
On fera une cure continue de 3 mois en première intention
pour juger de l'effet puis des cures discontinues :
1 semaine sur 2, ou 3 semaines sur 4, ou encore 1 mois
sur 2, ne serait-ce que pour des raisons financières.
LA VITAMINE D ET LE CALCIUM
DANS TOUS LES CAS
Ces 2 compléments alimentaires sont avant tout le traitement
de l'ostéoporose. Avoir des os solides est tout de
même utile chez l'arthrosique et on sait que l'ostéoporose
favorise l’arthrose.
Mais donner du calcium pour l'arthrose elle-même est
sans effet, cela n'a pas d'action sur le cartilage ou les ostéophytes.
La vitamine D est tellement importante pour la santé en
général (immunité, ostéoporose, prévention des cancers…)
que j'en donne à tous les patients qui en manquent, et
même à tous mes patients l'hiver.
J’en donnerai donc aussi aux patients arthrosiques. Mais
si la vitamine D peut aider sur l'état général et donc les
douleurs, elle a peu d'effet sur l'arthrose. Inversement,
contrairement à certaines croyances, la vitamine D n’aggrave
pas les calcifications ou les ostéophytes.
C'est surtout le terrain acide qui peut favoriser ce problème
!
LUTTER CONTRE LE TERRAIN ACIDE
Le terrain acide, qu’on appelle aussi « acidose métabolique
», est surtout impliqué dans l'ostéoporose (et de
nombreuses maladies chroniques). Dans l'arthrose, c'est
un peu secondaire, mais un terrain acide va sans aucun
doute augmenter les douleurs dites « d'encrassement ».
Au-delà des corrections diététiques, on pourra prendre :
- du bicarbonate de sodium sous forme d’eau de Vichy,
qui en apporte beaucoup, ou bien sous forme de poudre
pure à raison d'1/2 cuiller à café rase 1 à 2 fois par jour ;
- des compléments alimentaires à base de citrates de calcium,
citrates de magnésium et citrates de potassium. De
nombreux laboratoires proposent ce type de produits.
Pour savoir si on en a besoin, on peut mesurer le pH urinaire,
qui ne doit pas être inférieur à 6 le matin au réveil
et entre 6,5 et 7 le reste de la journée. S'il est trop bas, il
faudra agir pour le faire remonter.
LES OMÉGA 3
Les oméga 3, et surtout ceux dits « à longue chaîne »
qui proviennent des huiles de poisson, sont considérés
comme des anti-inflammatoires. En effet, l’EPA (acide
eicosapentaénoïque), un des oméga 3 du poisson, a un
mode d’action qui se rapproche de celui des anti-inflammatoires
en agissant sur les prostaglandines.
Pour que cette action soit plus effective, il faudrait
consommer ces oméga 3 le matin.
COLLAGÈNE : IL AGIT À LA SOURCE
Une étude chez 30 sujets de plus de 50 ans souffrant
d'une arthrose du genou modérée (stade 2
ou 3) a été menée pour évaluer l'hydrolysat de
collagène Philotia (10 g par jour) contre placebo.
Au bout de 48 semaines, on a constaté une
réduction des douleurs et une amélioration de
la densité et du contenu en protéoglycanes du
cartilage articulaire, prouvant ainsi que l’absorption
de collagène per os à bonne dose avait une
action directe sur les articulations.
NE NÉGLIGEZ PAS LES OMÉGAS 3 !
En pratique, l'action anti-inflammatoire est
modeste en comparaison d'autres traitements
naturels, mais il ne faut pas oublier les autres
propriétés des oméga 3 : nutrition des neurones
et action sur la mémoire, ainsi qu’une action
cardioprotectrice par effet fluidifiant sanguin.
Or, l'arthrose touche surtout des personnes âgées
dont les neurones et les artères ont besoin d'être
protégés. Je donne donc assez régulièrement des
cures d’huile de poisson dans ces situations.
16 FÉVRIER 2019 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
ARTHROSE DU GENOU
J’aurais pu parler de cette approche dans le précédent
chapitre sur les compléments alimentaires,
mais je préfère lui réserver une place à part, car,
pour moi, c'est un traitement à part entière de
l'arthrose. C'est même, d'après mon expérience, le
plus utile après l'association glucosamine+chrondroitine+
MSM.
On peut différencier 2 types d'oligothérapies :
- la supplémentation en oligoéléments à visée « nutritionnelle
» ;
- l'oligothérapie catalytique, qui se situe entre la nutrition
et l'action thérapeutique et qui utilise la gamme des
oligosols distribués par le laboratoire Labcatal.
LES OLIGOÉLÉMENTS À VISÉE
NUTRITIONNELLE
Il s’agit :
- du soufre et de la silice, comme on l’a vu plus haut ;
- des oligoéléments multiples pour nourrir le tissu
ostéo-cartilagineux et même toutes les structures articulaires.
Pour cela, j'aime beaucoup utiliser les dérivés de l'eau
de mer comme le plasma de Quinton. Dans certaines
affections rhumatismales, on peut l'utiliser en injections
locales. La meilleure méthode serait l'hydrotomie percutanée.
C'est un traitement qui doit être pratiqué par un spécialiste
et, malheureusement, il y en a trop peu en France
qui maîtrisent bien cette approche. Certains médecins
utiliseront le plasma de Quinton en mésothérapie, ce qui
est assez proche de l'hydrotomie.
Mais la plupart du temps, on prendra le plasma de
Quinton en ampoule buvable. On donne en général 2 à
3 ampoules par jour - 5 jours sur 7 de :
- plasma de Quinton isotonique chez les personnes
toniques, voire nerveuses ;
- plasma de Quinton hypertonique chez les personnes
affaiblies, apathiques.
Ce produit est intéressant pour les rhumatismes, mais il
reste une « simple » supplémentation en oligoéléments.
Certains thérapeutes préféreront donner des oligoéléments
plus spécifiques comme le cuivre, mais ce
dernier est en réalité surtout utilisé pour les poussées
inflammatoires et n'a pas d'action directe sur l'arthrose.
En cas d'inflammation articulaire, on pourra prendre
2 ampoules matin et soir de granions de cuivre pendant
6 à 10 jours. Chez certains patients, cela est aussi
efficace que l'homéopathie ou le paracétamol.
L’OLIGOTHÉRAPIE CATALYTIQUE
Pour moi, le plus important dans l’arthrose reste l'oligothérapie
catalytique, comme l'ont décrit mes maîtres,
Ménétrier, qui a défini les diathèses, et Picard, dont j'ai
beaucoup utilisé les protocoles avec de très bons résultats.
Avant, on utilisait les « oligosols » de la marque Labcatal.
Présentés dans des boîtes jaunes, ils sont bien connus de
tous les adeptes des médecines naturelles.
Malheureusement, parce que ce laboratoire n'a pas les
moyens de se défendre face aux lobbys pharmaceutiques,
ses produits sont contestés et certains ont été
supprimés pour des raisons fallacieuses qui mettent en
cause notre liberté à nous soigner comme nous l'entendons.
Cela fait partie de cette vague d'agression vis-à-vis
des médecines naturelles, que ce soit contre l'homéopathie,
la phytothérapie et maintenant l'oligothérapie.
Le plus triste est de constater que ceux qui critiquent régulièrement
ces approches n'ont JAMAIS suivi la moindre
formation sur ces traitements et n'en ont absolument
aucune expérience. Ils sont comme les contradicteurs
de Galilée, qui, mis en cause dans leurs croyances et
leurs dogmes, rejettent tout en bloc sans faire l'effort de
chercher et comprendre pourquoi autant de patients se
sentent soulagés par ces approches naturelles !
Heureusement, les principaux oligosols sont à nouveau
disponibles après 1 an d'absence, mais la pérennité de
ces produits n'est pas assurée à l'avenir et c'est à nous
tous, patients et thérapeutes adeptes d'une médecine
de terrain, de les défendre.
Rentrer dans les détails de cette oligothérapie catalytique
serait trop long et complexe, mais j'aime les résumer en
expliquant qu'on se situe entre la supplémentation en
oligoéléments et l'homéopathie, car ces toutes petites
doses d'oligoéléments vont à la fois nourrir les tissus tout
en stimulant leur utilisation par les cellules.
Ma prescription de base actuelle en fonction des produits
disponibles peut se résumer ainsi :
Prendre une dose ou une ampoule des OLIGOSOLS suivants
le matin à jeun et le soir au coucher :
Lundi et jeudi :
Matin : Cuivre-Or-Argent Soir : Potassium
Mardi et vendredi :
Matin : Manganèse-Cobalt Soir : Iode
Mercredi et samedi :
Matin : Sélénium Soir : Magnésium
L’OLIGOTHÉRAPIE :
UN TRAITEMENT À PART ENTIÈRE
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • FÉVRIER 2019 17
Prenez 3 capsules d'huile de poisson au petit déjeuner
(j'ai une petite préférence pour le saumon sauvage de
Patagonie, car il est plus riche en oméga 3 et comporte
moins de risques de pollution).
À noter que les oméga 3 d'origine végétale (huile
de colza, de noix ou de lin) ont peu d'effet sur l'inflammation,
mais sont essentiels pour la prévention
cardio-vasculaire (régime méditerranéen).
L’action anti-inflammatoire des oméga 3 de poisson
peut être potentialisée par l'association à l'huile d'onagre
qui a également un petit effet antirhumatismal et
anti-inflammatoire.
L’INDISPENSABLE CURCUMA
Le curcuma serait un des compléments alimentaires
les plus anti-inflammatoires, d'après certaines études.
Oui, mais voilà, en pratique, si cet effet est assez probant
sur les inflammations du système digestif, il est
bien moins spectaculaire pour les articulations.
Pourtant, il est démontré que le curcuma active le
système immunitaire et bloque la synthèse de l'IL1
et du TNFalpha, qui sont des substances pro-inflammatoires
à l'origine de l'arthrose. De plus, son effet
antioxydant vient compléter cette action de protection
de l'articulation.
On peut donc essayer une supplémentation en curcuma
en cas d'arthrose douloureuse, même si ce
traitement naturel est secondaire. Pour avoir une
action significative, le curcuma en poudre utilisé en
cuisine est insuffisant. Il faut donner des compléments
alimentaires riches en curcumine, la molécule du curcuma
la plus anti-inflammatoire. Et il faut aussi qu'elle
soit sous une forme bien assimilée (on dit qu'elle est
plus « biodisponible »).
Plusieurs laboratoires nous disent avoir le meilleur
curcuma et le plus biodisponible, mais comme il n'y a
aucun contrôle des autorités à ce sujet, il faudra tester
leur efficacité sur votre cas personnel. Pour ma part,
j’utilise en particulier :
- la gamme des curcumas du laboratoire Therascience
avec en particulier les spécialités Extincyl®, Curcuma
Gold® et Curcuma-Gingembre® ;
- Complexe de curcuma Meriva® du laboratoire
Biovea ;
- Curcumine+ du laboratoire Byogenie.
Mais il en existe bien d'autres et aucun n'est d'une efficacité
régulière. À vous de vous faire votre expérience.
Dans tous les cas, le curcuma pur n'est pas un traitement
de fond de l'arthrose sauf à travers son effet
antioxydant.
Ce type de traitement complète bien la triade vue plus
haut : glucosamine+chondroitine+MSM.
LES PLANTES : DES AIDES PRÉCIEUSES…
CONTRE LA DOULEUR
Nous arrivons à une thérapeutique naturelle incontournable
en cas d'arthrose : les plantes !
Mais je lis ou j'entends souvent pas mal de bêtises sur
la place de la phytothérapie dans l'arthrose. En effet,
la phytothérapie a assez peu d'effet sur l'arthrose ellemême
et c’est avant tout pour agir sur les douleurs
qu’on l’utilisera.
J'aime rappeler également que, pour que la phytothérapie
soit efficace, il faut utiliser des plantes de qualité,
si possible titrées en principes actifs et données à la
bonne dose !
Les principales plantes
utilisées dans les douleurs
arthrosiques sont
surtout des plantes
anti-inflammatoires :
Harpagophytum : c’est
la plante de référence.
Elle doit être titrée en
harpagosides, qui est la
molécule la plus active.
On trouve des titrages
allant de 2 à 10 %. Il
Les antioxydants : utiles à
condition d’utiliser les bons !
De nombreuses études montrent l'intérêt des
antioxydants dans l'arthrose. Il ne faut pas en
attendre un effet rapide ou spectaculaire sur
les douleurs. Les antioxydants sont plutôt un
traitement de fond qui va freiner l'évolution dégénérative
de l'articulation.
Quels antioxydants ? Comme souvent, ce ne sont
pas les vitamines et minéraux qui sont le plus
efficaces, mais bien les « vrais » antioxydants que
sont les polyphénols. Je citerai en particulier le
curcuma dont on vient de parler, mais aussi la
quercétine, le thé vert, les flavonoïdes des agrumes
(citrus) et des plantes, les anthocyanes du
raisin ou encore l'acide lipoïque.
C'est pourquoi, en traitement de fond de l'arthrose,
j'aime bien prescrire des associations de
vrais antioxydants bien concentrés en polyphénols.
Je propose souvent des cures de 3 mois
l'hiver et l'été. Ces antioxydants auront aussi
une action sur la dégénérescence d'autres tissus
comme les neurones, le coeur, et même un effet
anticancer.
18 FÉVRIER 2019 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
ARTHROSE DU GENOU
faudrait prendre au moins 50 mg d'harpagosides, ce
qui peut représenter de 5 à 10 gélules par jour suivant
la concentration des produits. L’Harpagophytum Phytomance
est un des plus titrés que je connaisse, avec
10 mg minimum d'harpagosides par gélule. La posologie
sera de 4 à 6 gélules par jour suivant la personne.
Cette plante a aussi l’avantage d'être très bien tolérée.
Elle est déconseillée chez la femme enceinte et
l'enfant de moins de 12 ans. Elle peut augmenter l'acidité
gastrique et sera donc évitée en cas d'ulcère de
l'estomac. Mais elle reste la mieux tolérée des plantes
anti-inflammatoires.
Saule blanc : il est surtout
connu pour contenir une
petite quantité d'aspirine
qui lui donne ses propriétés.
Il s'agit exactement de
la salicine (appelée aussi
salicoside) et il faudra
toujours choisir un extrait
de saule titré en salicine.
On doit prendre au minimum
240 mg de salicine
par jour en 3 ou 4 prises.
Évidemment, cette plante
possède les mêmes
contre-indications que
l'aspirine (gastrite, ulcères
et allergie). À utiliser donc
avec prudence si on est sous anticoagulants.
Reine-des-prés : elle contient également des dérivés de
l’aspirine (le monotropitoside et la spiraéine). C'est donc
un bon anti-inflammatoire, peut-être un peu moins puissant
que les 2 premiers, car on ne trouve pas d'extrait
titré de reine-des-prés. Elle est malgré tout très utile,
mais rarement utilisée seule. Il faudrait prendre au moins
500 mg d'extrait sec 3 fois par jour (ce qui représente
6 gélules par jour pour la majorité des produits). Elle
peut être très intéressante et agréable en tisane et complétera
bien ainsi les autres plantes anti-inflammatoires.
Les précautions d'emploi sont les mêmes que pour l'aspirine
et le saule blanc.
Feuilles de cassis : je les cite, car on les trouve dans
beaucoup d’ouvrages de phyto, mais elles sont moins
actives que les bourgeons de cassis (voir plus bas) et bien
moins également que les plantes précédentes.
Gingembre : ce rhizome, cousin du curcuma, aurait
eu sa place dans les compléments alimentaires, mais
je préfère en parler ici, car il est souvent associé aux
autres plantes. Il possède de nombreuses propriétés :
antinauséeux, antioxydant, protecteur gastrique et
4 Bannuru R.R., Osani M.C., Al-Eid F., Wang C., “Efficacy of curcumin and Boswellia for knee osteoarthritis: Systematic review and meta-analysis”,
Semin Arthritis Rheum, 2018 Mar 10. pii: S0049-0172(18)30002-7. doi: 10.1016/j.semarthrit.2018.03.001.
même protecteur vis-à-vis des cancers. Mais c'est aussi
un bon anti-inflammatoire. Pour avoir un effet probant,
il faudra en consommer suffisamment : 5 à 10 g
de gingembre frais, soit 1 à 2 g de gingembre sec. Cela
veut dire 3 à 6 gélules par jour dosées à 300 mg d’extrait
sec. Mais, en pratique, je l’utilise plus souvent
sous forme d’huile essentielle en application locale.
Le gingembre est à éviter en cas de lithiase biliaire,
mais sinon il est très bien toléré.
Uña de gato : la griffe du chat,
qui porte le joli nom latin d’Uncaria
tomentosa, est aussi une plante
aux multiples propriétés. Elle est
immunostimulante et possède
des propriétés anti-infectieuses
et anticancéreuses. Elle peut
également avoir un effet antalgique
très significatif. On ne
l'utilise pas en première intention
pour les douleurs, mais si on
a besoin de ses autres propriétés,
elle pourra réduire un certain
nombre de douleurs. Idéalement,
choisissez un extrait titré
en alcaloïdes. Il faudra prendre
idéalement 250 mg d'extrait titré
3 fois par jour pour avoir un bon effet. Si l'extrait n'est
pas titré, prendre au moins 1 à 2 g d’extrait par jour.
Boswellia serrata : c’est une plante dont on tire l'encens.
Elle a des propriétés anti-inflammatoires surtout
intéressantes pour le système digestif. Malgré tout,
elle peut également être utilisée en rhumatologie,
mais ce n’est pas son indication principale. Quatre
études4 chez des personnes souffrant de gonarthrose
ont montré une réduction de la douleur et une amélioration
des performances physiques grâce à cette
plante.
En pratique, j'utilise en
priorité soit de l'harpagophytum
seul soit en
association avec le saule
ou la reine-des-prés,
voire le gingembre et
parfois le curcuma.
Il faut bien comprendre
que ces plantes ont un
effet anti-inflammatoire
et seront plus efficaces,
paradoxalement, sur
des poussées inflammatoires
douloureuses, mais
auront peu d'effet sur les
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • FÉVRIER 2019 19
douleurs de dérouillage matinales ou les douleurs liées
à la mobilisation d'une articulation dont le cartilage
est très usé.
Certaines plantes ont tout de même un effet antiarthrosique
intéressant grâce à leurs propriétés
reminéralisantes. Je citerai les 2 principales :
La prèle : c'est la plante la plus riche en silice après
le bambou, surtout utilisé pour l'ostéoporose et dont
je ne parlerai pas ici. Pour bénéficier de l'apport en
minéraux, oligoéléments et donc en silice, il faut absolument
utiliser la prèle en poudre et éviter les formes
« liquides », qui ont en général perdu une grande
partie de ces minéraux. De même, la tisane n'a que
peu d'intérêt ici. Il faudra prendre 1 à 2 g par jour d'extrait
sec. On trouve difficilement des extraits titrés en
silice malheureusement.
L’ortie : attention, il existe à la fois plusieurs orties
et plusieurs parties utilisées dans l'ortie. Ici, il s'agit
de l'ortie dioïque ou grande ortie, qui est la plus
commune. Utiliser son nom latin permet d 'éviter les
erreurs : Urtica dioica ou Urtica urens. À ne pas confondre
avec l’ortie blanche ou lamier blanc (Lamium album).
On utilise 2 parties dans la grande ortie : la racine,
surtout utilisée pour les adénomes de la prostate,
et les feuilles, qui sont « antirhumatismales ».
C'est donc bien les feuilles d'ortie qu'il faudra utiliser
pour l'arthrose. Attention de ne pas vous
tromper si vous achetez des gélules de plantes.
Les feuilles d'ortie sont reminéralisantes, mais également
dépuratives et antigoutteuses. Elles ont aussi
des propriétés anti-inflammatoires. C'est pourquoi
nos grands-mères proposaient souvent des tisanes ou
des soupes de feuilles d’ortie pour les rhumatisants.
L’ortie reste malgré tout une plante assez secondaire
à mon sens dans l'arthrose. En revanche, elle est vraiment
intéressante pour les poussées de goutte.
LA GEMMOTHÉRAPIE :
UNE PISTE TRÈS PROMETTEUSE
C'est une branche de la phytothérapie très particulière
qui utilise des bourgeons de plantes (ou parfois
des jeunes pousses) qui concentreraient certaines
propriétés des plantes.
Il se trouve que, en rhumatologie, cette gemmothérapie
est souvent utilisée et assez efficace, d'après
mon expérience. C'est pourquoi je voudrais citer ici
les principaux produits utilisés.
Bourgeons de cassis (Ribes nigrum bourgeons)
C'est l'anti-inflammatoire de référence en gemmothérapie.
Il stimule la glande surrénale et augmente
notre sécrétion de cortisol naturel. Dans les études,
on le compare d'ailleurs aux traitements à base de
cortisone sans en avoir les effets secondaires ni la
puissance, bien entendu.
On pourra utiliser les bourgeons de cassis dans toutes
les atteintes inflammatoires, qu’elles soient articulaires
ou périarticulaires (en particulier dans les
tendinites).
Ce remède est très bien toléré, mais sa puissance
reste limitée comparée à celle de l’allopathie.
Bourgeons de pin des montagnes (Pinus montana
bourgeons)
Il possède une action directe sur le cartilage, qu'il
protège en stimulant sa trophicité. C'est donc un
remède de base de l'arthrose.
Bourgeons de la vigne (Vitis vinifera bourgeons)
Ces bourgeons n'ont pas du tout les propriétés des
feuilles ou du raisin. Les bourgeons ont une action
sur tous les processus de néoformation et ils seront
donnés en cas d'ostéophytes (becs-de-perroquet) et
dans les déformations articulaires (des doigts, en
particulier).
Bourgeons de l'églantier (Rosa canina bourgeons)
Ils ont des propriétés anti-inflammatoires proches
et complémentaires de celles du cassis, mais avec un
tropisme particulier pour le genou. On les prescrit
donc surtout dans l'arthrose du genou, en particulier
quand le genou est chaud et gonflé, car ils agissent
sur la membrane synoviale.
Jeunes pousses de la ronce (Rubus fructicosus jeunes
pousses)
Elles ont une action de consolidation des 2 os du
genou, fémur et tibia. On les utilisera d'abord en cas
de traumatisme, mais elles peuvent aussi être associées
aux traitements de fond de l’arthrose du genou.
Des plantes
pour la structure osseuse
Ces plantes ont leur intérêt, mais, comme je l'ai expliqué
dans le chapitre sur la silice, si je trouve que les
plantes sont très utiles pour la « structure » osseuse
(j'utilise beaucoup la prèle et le bambou dans l'ostéoporose),
la silice organique (G5 ou équivalents)
me paraît plus intéressante pour l'arthrose et la
fonction articulaire. Cela dit, l'avantage des plantes
est d'apporter de nombreux oligoéléments et pas
seulement de la silice, ce qui n'est pas négligeable.
20 FÉVRIER 2019 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
ARTHROSE DU GENOU
On arrive à la thérapeutique naturelle, qui est une de mes préférées en rhumatologie : l’utilisation des huiles
essentielles.
Ces extraits de plantes ont peu d’effet sur l’arthrose elle-même, mais ils sont sans aucun doute les plus puissants
pour agir sur la douleur et l’inflammation.
On les utilisera essentiellement en application locale. Les huiles essentielles les plus efficaces dans cette indication
sont :
LE FABULEUX POUVOIR DES HUILES ESSENTIELLES
Gaulthérie couchée (Gaultheria procumbens),
qui est l’HE de référence pour les douleurs
inflammatoires.
Eucalyptus citronné (Eucalyptus citriodora) :
attention, il existe d’autres types d’eucalyptus
aux propriétés différentes. Cette HE est très
fidèle, mais rarement utilisée seule.
Laurier noble (Lauris nobilis) : encore une HE
aux multiples propriétés, et en particulier
antifongiques. C’est un produit efficace dans
les douleurs articulaires et musculaires.
Romarin à camphre (Rosmarinus off camphoriferum)
: n’utilisez pas n’importe quelle HE de
romarin, car toutes n’ont pas de propriétés
antalgiques (le romarin est avant tout une
plante hépatique). Le romarin à camphre a
une action antalgique assez puissante, mais n’est
utilisé que par voie locale.
Lavande officinale (Lavandula off ou angustifolia)
: la lavande est une des HE qui a
le plus large spectre d’action (anti-infectieuse,
calme le stress, aide la cicatrisation,
calme les piqûres d’insectes…). C’est aussi
une HE efficace sur les douleurs, allant de la
migraine aux rhumatismes.
Gingembre (Zingiber off) : comme je l’ai dit
dans le chapitre sur la phytothérapie, le
gingembre est un bon anti-inflammatoire.
C’est pourquoi certains l’utilisent surtout
en HE pour ces propriétés.
Menthe poivrée (Mentha pipera) : c’est une
huile essentielle surtout utilisée pour des
propriétés digestives, mais localement elle
est très efficace sur la douleur. On pourra
donc la retrouver dans des mélanges
d’aromathérapie à visée antalgique et antiinflammatoire.
Ces huiles essentielles s’utilisent la plupart du temps en application locale, diluées dans une huile végétale
active, comme l’huile d’arnica ou l’huile de millepertuis. Pour ma part, j’utilise une association de plusieurs
huiles qui me donne grande satisfaction. Voici la formule qu’on peut faire préparer en pharmacie ou
bien réaliser soi-même en achetant les différents ingrédients :
- Huile végétale d’ARNICA 50 %
- HE GAULTHÉRIE COUCHÉE 15 %
- HE LAURIER NOBLE 15 %
- HE EUCALYPTUS CITRONNÉ 10 %
- HE ROMARIN À CAMPHRE 10 %
On prépare en général un flacon de 20 ml et on applique ce mélange 2 ou 3 fois par jour sur les articulations
douloureuses.
C’est particulièrement efficace sur les articulations « superficielles » comme les mains/poignets, les pieds/
chevilles et les genoux.
✔ LE COMPLEXE QUI MARCHE
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • FÉVRIER 2019 21
On peut utiliser la gemmothérapie sous 2 formes.
En pharmacie on trouve des produits en 1re dilution
homéopathique (1D) qui ont été mis au point il y a plus
de 40 ans par le laboratoire Dolisos, racheté depuis
par Boiron. Ces produits ont été malheureusement
déremboursés. Ce sont des macérats glycérinés, ce
qui permet d'avoir moins d'alcool, mais ils sont donc
dilués au 10e. Il faut donc en prendre 100 à 300 gouttes
par jour
Sinon, il existe 2 gammes de gemmothérapie très complètes
et de bonne qualité :
- laboratoire La Royale ;
- laboratoire Herbalgem.
Le laboratoire De Saint Hilaire propose aussi une gemmothérapie
de qualité, mais sa gamme est plus courte.
Dans tous les cas, ces produits ne sont pas dilués et
se prennent en moyenne à raison de 10 à 30 gouttes
par jour.
L’ARGILE ET LES CURES THERMALES
L’argile est, avec l'aromathérapie, le meilleur traitement
local de l’arthrose. Non seulement elle agit
sur les douleurs, mais elle participe au traitement de
l'arthrose elle-même.
Il y a 2 façons d'utiliser l'argile :
- la boire tous les matins ;
- l’appliquer localement.
On peut utiliser l'argile à boire également de 2 façons :
- l’eau argileuse : on verse une cuillerée d'argile dans
un verre d'eau, on mélange et on boit. Je déconseille
cette méthode, car elle peut être agressive pour les
intestins fragiles ;
- l’eau d’argile : on verse une cuillerée à café d'argile
verte ultra-fine dans un verre d'eau, on mélange
et on laisse reposer toute la nuit. Le matin, on boit
l'eau qui surnage et on jette l'argile qui a sédimenté
au fond du verre.
En revanche, les cataplasmes d’argile sur les zones
douloureuses pourront vraiment aider à soulager le
patient. Ces propriétés des « boues » sont connues
depuis des siècles et sont une des bases des cures
thermales. Je suis d'ailleurs très favorable aux cures
thermales pour mes patients arthrosiques.
Mais une cure ne dure que 3 semaines par an et, même
si c'est très efficace, il est préférable de poursuivre les
traitements à domicile. Il y a plusieurs façons d'opérer,
mais le mieux reste de préparer soi-même son
cataplasme d'argile verte et de l'appliquer tiède sur
les articulations concernées (sauf si l’articulation est
rouge et chaude ; dans ce cas, l'appliquer à température
ambiante). On le laissera 20 à 30 mn au début,
mais on peut aussi l'appliquer 1 bonne heure. On peut
même y incorporer quelques gouttes d'huile essentielle
de gaulthérie. Une fois retiré, le cataplasme doit
être jeté. Il n'est pas réutilisable.
L’HOMÉOPATHIE EST TRÈS EFFICACE...
À CONDITION DE CONSULTER
UN SPÉCIALISTE
L'homéopathie est pour moi un grand remède d'arthrose.
Mais pour mettre en place un traitement
vraiment utile, il est préférable de consulter un thérapeute
spécialisé dans cet art. Je ne vais donc pas faire
ici la liste de tous les remèdes possibles en homéopathie,
mais simplement citer les différentes approches possibles.
REMÈDES DE DOULEURS
Un remède homéopathique bien choisi peut réellement
soulager les douleurs d'arthrose. Je citerai avant tout
le célèbre Arnica, qui est surtout un remède de choc.
Nous disposons de plusieurs remèdes qui agissent sur
l'inflammation et parfois de façon étonnement rapide.
Rhus Tox et Bryonia sont les plus employés. La difficulté
est de trouver le remède qui correspond bien aux
modalités de la douleur : améliorée ou aggravée par
GEMMOTHÉRAPIE EN PRATIQUE
Dans l’arthrose du genou, je prescris par exemple,
en utilisant la gamme La Royale :
- Macérat de cassis : 10 gouttes matin et soir
- Macérat de pin montana : 10 gouttes le matin
les jours pairs
- Macérat de vigne vierge : 10 gouttes le matin les
jours impairs
- Macérat d'églantier : 1 goutte au dîner (ou à midi)
On peut trouver un complexe associant à peu près
les mêmes plantes chez Herbalgem : ARTIGEM,
que je donnerai à raison de 5 gouttes 3 fois par
jour.
Le saviez-vous ?
L'eau d'argile est une très bonne façon d'apporter
des minéraux et oligoéléments à l'organisme.
Cela a un effet général sur la santé, la forme
physique et les rhumatismes, mais reste malgré
tout une approche relative face à l'arthrose et
aux douleurs.
22 FÉVRIER 2019 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
ARTHROSE DU GENOU
le mouvement, améliorée ou aggravée par le chaud
ou le froid…
Le remède peut aussi être choisi en fonction de la
localisation des douleurs : ainsi, HEDERA Helix est
utilisée chez les femmes à terrain cellulitique avec
une arthrose du genou.
Calcarea fluorica et surtout Hekla lava seront utilisés
quand il existe beaucoup d'excroissances osseuses,
d'ostéophytes.
REMÈDE DE TERRAIN
Pour un homéopathe, le plus important est d'essayer
de trouver le remède du patient qu'on appelle parfois
« remède de terrain ». C'est ce que font en particulier
les homéopathes unicistes. Ce n'est pas simple, mais
quand on le trouve on peut réellement agir sur l'arthrose
elle-même en plus des douleurs.
REMÈDES DE L’ORGANE
L'homéopathie offre aussi des remèdes d'organes,
agissant sur la santé et la réparation des différents
organes. C'est particulièrement vrai en rhumatologie,
car nous disposons de remèdes de « terrain
osseux » (on appelle cela les constitutions) qui
sont très fidèles : Calcarea carb, Calcarea phos ou Calcarea
fluor et Silicea en sont les principaux. On les
retrouve aussi dans une spécialité appelée « sels de
Schussler », qui permet d'agir sur la minéralisation
et la santé des os et des articulations.
Ce sont des remèdes de fond qu'il faut utiliser assez
longtemps et de façon répétée.
Pour agir sur l’organe, on peut aussi utiliser l'organothérapie,
c'est-à-dire des dilutions homéopathiques
de l'organe atteint. Ainsi, « osséine », une dilution
d'os, est particulièrement efficace dans l'ostéoporose.
Pour l’arthrose, c'est moins performant, à mon sens,
que les remèdes de constitution cités ci-dessus, mais
j'aime bien prescrire parfois Cartilago 4CH pour agir
sur la trophicité du cartilage.
Ces remèdes ne peuvent se passer des traitements vus
plus haut, et en particulier des compléments alimentaires,
car stimuler un organe est identique à tourner
la clé de contact de votre voiture. Si vous n’avez pas
mis d’essence, cela ne fonctionnera pas.
Dans le domaine de l'organothérapie, j'utilise surtout
de vieux remèdes proches de l'homéopathie
que certains d'entre vous ont peut-être connus. Ils
s'appelaient « Specytons Cartilage-Parathyroïde »
et étaient prescrits en suppositoires. Ces remèdes,
inventés par le Dr Jean Thomas, un Français, ont malheureusement
disparu. Heureusement, le Dr Thomas
a poursuivi ses travaux en Suisse où ses remèdes
existent toujours et sont parfaitement autorisés par
le ministère de la Santé. Ils sont vendus dans la plupart
des pays européens sauf en France. Je n'ai jamais
compris pourquoi !
On les trouve sous le nom de « Sérocytols » et ils
existent en gouttes homéopathiques (dont le nom
général est « Sérum Equi ») ou en suppositoires. Ils
sont distribués par le laboratoire Serolab et il est
assez simple pour un citoyen français de se les procurer
en les commandant en Allemagne ou en Belgique.
Dans l’arthrose, on utilise surtout :
- Sérum Equi OFB 4DH : 1 ml le matin – 5 jours sur 7
(pour renforcer les os et limiter l'évolution de l'arthrose)
;
- Sérum Equi ARTICULAIRE 4DH : 1 ml le soir – 5 jours
sur 7 (pour agir sur les douleurs articulaires).
On peut les compléter par 1 suppositoire de Sérocytol
OFB le samedi et ARTICULAIRE le dimanche (il existe
d'autres protocoles).
D'autres Sérocytols peuvent être associés : Tendino-
musculaire (pour les douleurs périarticulaires),
Emonctoires (pour le drainage) et Neuro-vasculaire
UN TRAITEMENT CIBLÉ
L'idéal pour l'homéopathe chevronné est de
trouver LE remède du patient, son remède de
fond, de terrain. Mais ce n'est pas si simple
et nous disposons également de remèdes
« complexes », c'est-à-dire d'associations de
différents remèdes homéopathiques de base
qui peuvent rendre de grands services.
Les eaux thermales sont utilisées depuis des siècles
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • FÉVRIER 2019 23
(pour les douleurs). Là encore, il est conseillé de
consulter un thérapeute formé à cette approche.
2 laboratoires proposent des remèdes complexes d'excellente
qualité :
- le laboratoire Lehning avec, en particulier, l’Urarthone
(efficace sur certaines douleurs) ou encore le
L80 (Rhus Tox complexe) ;
- le laboratoire Weleda, qui propose des complexes
permettant d'agir sur le terrain et l'organe. Leurs
remèdes portent des numéros. J'utilise en particulier
le 202, le 226 et le 404.
Là encore, il faut bien connaître ces traitements pour
bien les utiliser. Demandez conseil à votre homéopathe,
qui connaît votre terrain et votre pathologie
et qui est le mieux placé pour vous conseiller.
PARTIE 4
ET EN DEHORS DE L’ARTHROSE ?
L’ENTORSE :
APPLIQUEZ TOUT DE SUITE DU FROID !
Dans tous les cas, il est conseillé d'appliquer tout de
suite du froid (poche de glace ou équivalent) afin de
limiter l'oedème et l'hématome, car, suivant la gravité
de l'entorse, de petits vaisseaux se sont rompus. Mais
dès le lendemain, ce sera plutôt le chaud qui pourra être
utile pour favoriser la circulation et donc la réparation des
tissus. On pourra en particulier faire des cataplasmes d'argile,
éventuellement enrichis de quelques gouttes d'huiles
essentielles, comme la gaulthérie.
L’autre traitement à appliquer immédiatement est l'immobilisation.
Pour favoriser la réparation du ligament,
il faut au minimum mettre une genouillère qui protège
aussi les ligaments lors de la marche. Mais suivant la
gravité de l'entorse, une immobilisation totale, parfois
avec une attelle, sera conseillée. Pour autant, on autorise
la marche la plupart du temps pour ne pas prendre
le risque d'une phlébite. Si la marche est impossible,
alors le patient sera mis sous anticoagulants pour éviter
l'apparition de la phlébite, qui peut se compliquer d’une
embolie pulmonaire potentiellement mortelle.
Ensuite tout dépend de la localisation et de la gravité. Une
consultation est nécessaire pour évaluer la gravité et envisager
un traitement chirurgical. Le cas échéant, une IRM
sera réalisée pour juger de la gravité des lésions.
Les entorses des ligaments latéraux
Elles nécessitent rarement une opération. Le traitement
médical repose alors uniquement sur l'immobilisation, le
repos et la rééducation chez un kinésithérapeute.
Il est bien dommage que les médecins ne soient pas
formés à une médecine plus globale, car l'homéopathie
et l'aromathérapie sont des traitements adjuvants des
entorses particulièrement efficaces.
Dans une entorse ne nécessitant pas une opération, on
pourra donner :
ARNICA 7CH (ou 5 ou 9CH) dès que possible après le traumatisme.
3 granules toutes les heures pendant 6 heures,
puis 3 à 4 fois par jour pendant quelques jours jusqu'à
disparition des douleurs.
Ajouter pour l’atteinte du ligament : RUTA GRAV 5CH :
3 granules 4 fois par jour pendant 4 à 7 jours suivant la
gravité de l'entorse.
Si le genou est très gonflé et que la douleur est plutôt
soulagée par les applications froides, prendre APIS MEL
7CH : 3 granules 3 fois par jour.
En cas de douleurs importantes, on pourra ajouter
2 remèdes en fonction des modalités de la douleur :
- si on a mal au moindre mouvement et seul le repos soulage
: prendre BRYONIA 5CH : 3 granules 3 fois par jour ;
L’ACUPUNCTURE ET L’AURICULOTHÉRAPIE
: LES BONS RÉFLEXES CHINOIS
L’acupuncture peut être une excellente thérapeutique
pour soulager les douleurs de l’arthrose.
Elle ne représente pas un traitement spécifique
de la maladie elle-même, mais elle peut rendre
de grands services sur le plan antalgique. Par son
effet de rééquilibration du terrain, elle pourra néanmoins
jouer un rôle sur l’évolution arthrosique.
Votre acupuncteur pourra même vous montrer
des points réflexes à masser en cas de douleur.
L’auriculothérapie aura les mêmes effets sur la
douleur. Son efficacité est parfois assez bluffante.
24 FÉVRIER 2019 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
ARTHROSE DU GENOU
- si la douleur est calmée par des mouvements prudents
et améliorée quand les muscles sont « chauds » : prendre
RHUS TOX 5CH : 3 granules 3 fois par jour.
Localement, l'aromathérapie est le traitement de choix
pour agir sur la douleur et accélérer la réparation.
Faites-vous préparer 1 flacon de 15 ml par le pharmacien.
Appliquer en massant doucement 2 à 3 fois
par jour.
Si vous ne pouvez pas ou ne voulez pas faire faire ce
mélange en pharmacie, vous pouvez :
- acheter le mélange QUANTAMAL, tout prêt chez
PhytoQuant : très pratique, il est présenté sous forme
de « roll-on » ;
- acheter uniquement 1 flacon d'huile végétale d'arnica
et 2 huiles essentielles prioritaires, Gaulthérie et
Hélichryse : mettre quelques gouttes d'huile d'arnica
sur le genou et commencer à faire pénétrer, puis ajouter
3 gouttes de Gaulthérie et 2 goutes d'Hélichryse et
masser bien pour faire pénétrer l'ensemble.
Une fois la douleur et l'oedème disparus, une rééducation
chez le kiné peut être nécessaire. Ce sera le cas
si on a des ligaments trop lâches et une tendance aux
entorses à répétition.
À noter que ces conseils sont également valables pour
les entorses d’autres articulations.
Les entorses des ligaments croisés
Le diagnostic est plus délicat et une IRM sera souvent
nécessaire. Le traitement dépend de la gravité (rupture
ou non) et de l'âge.
Si une rupture est suspectée, une consultation chez
un chirurgien spécialisé dans les lésions du genou permettra
de prendre une décision quant à l'intérêt d'un
geste chirurgical.
Les traitements homéopathiques décrits ci-dessus
restent valables, mais les applications d'huiles essentielles
seront moins efficaces. Elles peuvent être utiles
pour favoriser la résorption de l'oedème et atténuer la
douleur, mais elles n'auront aucun effet sur la lésion
ligamentaire.
Qu'il y ait ou pas chirurgie, le repos et la rééducation
chez un kinésithérapeute seront indispensables pour
la prise en charge de ces entorses. La reprise du sport
ne se fera qu'après l'accord du chirurgien.
TENDINITE :
LA MÉSOTHÉRAPIE PEUT ÊTRE UTILE
Les tendinites sont des pathologies plus chroniques
et plus complexes à prendre en charge.
Les techniques de physiothérapie et de rééducation
proposées par les kinés sont indispensables.
Le repos est toujours nécessaire, mais il sera moins
strict que dans une entorse. Une immobilisation
est rarement utile. Au contraire, une rééducation
prudente, mais précoce est souvent conseillée. En
revanche, pas question de faire des activités soutenues
qui sollicitent le tendon inflammé.
Une consultation chez un podologue, mais aussi un
posturologue et un dentiste peut être nécessaire pour
corriger des troubles de la statique avec des semelles
orthopédiques ou des troubles de l'occlusion dentaire,
qui favorisent beaucoup de pathologies de ce type.
En allopathie, il n'existe pas de vrai traitement à part
les anti-inflammatoires et la cortisone, par voie orale
ou parfois en infiltration.
À ces méthodes parfois nécessaires quand la tendinite
est ancienne et résistante, je préfère les traitements
de mésothérapie, qui sont très utiles en cas de tendinite
persistante. Vous pouvez trouver un médecin
Voici un exemple de préparation magistrale que
j'utilise souvent, à faire préparer en pharmacie :
Huile végétale d’ARNICA 30 %
Huile végétale MILLEPERTUIS 25 %
HE GAULTHÉRIE COUCHÉE 15 %
HE EUCALYPTUS CITRONNÉ 10 %
HE MENTHE POIVRÉE 8 %
HE LAVANDIN 7 %
HE HELICHRYSE 5 %
Dans certains cas de tendinites persistantes,
on peut vous proposer des injections locales de
PRP (ou plasma riche en plaquettes). Le PRP est
fabriqué par un système de centrifugation à partir
du sang du patient. La centrifugation permet de
séparer les différents composants du sang pour
ne conserver que le plasma et les plaquettes.
Cette méthode est assez efficace pour agir sur
l’inflammation et la cicatrisation. Et comme on
utilise le propre plasma du patient, il ne comporte
que peu de risques.
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • FÉVRIER 2019 25
spécialisé en mésothérapie sur le site de la Société
française de mésothérapie : https://www.sfmesotherapie.
com/.
Le traitement par application locale d'huiles essentielles
est la base de ma prise en charge. J'utilise le
même mélange que pour les entorses.
Pour agir sur la maladie elle-même, l'homéopathie
reste ma priorité. Il existe plusieurs remèdes de tendinite
et il faudra aussi rechercher des remèdes de
terrain. C'est pourquoi une consultation chez un thérapeute
spécialisé en homéo est nécessaire.
On utilise surtout les remèdes suivants : ARNICA MONTANA
5CH pour la douleur, RHUS TOXICODENDRON
5CH, BRYONIA 5CH et RUTA GRAVEOLENS 5CH, comme
pour les entorses avec les mêmes modalités.
On retrouve aussi : SYMPHYTUM 5CH plus spécifique de
ces lésions, CAUSTICUM 7CH en cas de raideur ou encore
MAGNÉSIA PHOS 9CH pour les spasmes musculaires.
Le laboratoire Weleda propose aussi une formule pour
application locale intéressante chez les personnes ne
supportant pas les huiles essentielles. Il s'agit de la
formule C153 Weleda en crème contenant les ingrédients
suivants :
- Aconitum napellus TM 2 %
- Arnica montana, pl. tot. TM 6 %
- Betula alba, folium TM 4 %
- Mandragora TM 3 %
- Resina laricis TM 3 %
- Symphytum officinalis TM 3 %.
Les plantes anti-inflammatoires ont un effet très
modéré sur ces tendinites pour lesquelles la recherche
des causes et la prise en charge du terrain sont indispensables.
QUE FAIRE EN CAS DE POUSSÉE
INFLAMMATOIRE OU D’ARTHRITE ?
Je parle bien ici d'une poussée inflammatoire entraînant
des douleurs parfois importantes avec un genou
rouge, chaud et gonflé, et non des arthrites chroniques
d’origine auto-immune, même si le traitement symptomatique
pourrait être assez proche.
Comme pour toute inflammation aiguë, le repos, voire
une relative immobilisation, sera nécessaire.
Avant l'homéopathie, je propose de la phytoaromathérapie.
En application locale, on retrouve une formule proche
de celle exposée plus haut. En cas d'arthrite aiguë, je
prescris en préparation magistrale en pharmacie les
huiles essentielles suivantes :
• HE EUCALYPTUS CITRONNÉ 2 ml
• HE GAULTHÉRIE COUCHÉE 3 ml
• HE LAURIER NOBLE 3 ml
• HE ROMARIN À CAMPHRE 2 ml
• HV Arnica 10 ml
Appliquer au moins 3 fois par jour.
Localement, on pourra aussi faire des cataplasmes
d'argile plus ou moins chauds suivant les modalités
du patient.
Je prescris également immédiatement des plantes
anti-inflammatoires :
- soit de l’harpagophytum seul, par exemple Phytomance
Harpagophytum : 2 à 3 gélules 3 fois par jour
suivant le poids du patient ;
- soit une association avec le saule, par exemple : Phytomance
Harpago-Saule : 2 à 3 gélules 3 fois par jour
si le patient n'est pas allergique à l'aspirine.
Et j’y ajoute un traitement homéopathique spécifique
avec les remèdes suivants (liste non exhaustive) :
- ARNICA 7CH pour la douleur ;
- BRYONIA 5CH si la douleur est aggravée au moindre
mouvement et améliorée en se tenant le genou un
peu serré ;
- BELLADONNA 5CH si l’articulation est très rouge ;
- APIS MELIFICA 5CH si le genou est gonflé et soulagé
par des applications froides ;
- ARSENICUM ALBUM 7CH si la douleur est plutôt soulagée
par des applications chaudes.
Cette liste n'est pas exhaustive et je vous recommande
de demander conseil à votre homéopathe.
Certains médecins proposeront de la curcumine à
forte dose, mais je trouve ses résultats moins fidèles.
Faut-il appliquer
du chaud ou du froid
sur ces lésions ?
En médecine moderne, on propose toujours du
froid pour contrer la chaleur, mais, en fait, pour
un homéopathe, il faut se fier aux modalités
propres du patient et écouter ce qu'il a à nous
dire. Certains sont soulagés par la chaleur quand
d'autres recherchent le froid. Ces différences
seront essentielles pour choisir les bons remèdes
homéopathiques.
26 FÉVRIER 2019 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
ARTHROSE DU GENOU
MA SYNTHÈSE EN PRATIQUE :
PRISE EN CHARGE GLOBALE
DE L’ARTHROSE DU GENOU

Ce long dossier autour du genou est là pour


vous aider à mieux comprendre les différents
traitements que votre médecin pourra
vous proposer et comment on peut agir sur
les différentes pathologies de cette articulation à la
fois cruciale et fragile.
En conclusion, voici une synthèse des principaux traitements
que je propose à mes patients souffrant d'une
arthrose du genou pour tenter de ralentir l'évolution
de l'usure, reculer une éventuelle chirurgie pour pose
de prothèse et, surtout, soulager les douleurs et permettre
la reprise d'une activité plus régulière.
Avant de parler des traitements naturels utiles dans
ces situations, je voudrais évoquer un traitement
allopathique qui peut être très efficace : la viscosupplémentation.
C'est un des principaux traitements proposés par les
rhumatologues.
En fait, il existe 2 types d’infiltrations :
- les « véritables » infiltrations, qui sont à base de
cortisone, qui ne traitent que la douleur et n'ont qu'un
effet provisoire. Il faut éviter ces infiltrations qui fragilisent
les tissus périarticulaires ;
- les viscosupplémentations, qui consistent à injecter
dans l'articulation une sorte de lubrifiant.
Si je me méfie des infiltrations de cortisone, je suis très
favorable aux viscosupplémentations. Il s’agit d’injecter
dans l’articulation un produit à base d'acide
hyaluronique qui va, pour simplifier le mécanisme,
lubrifier l'articulation et protéger les cartilages.
Non seulement ce traitement est très efficace, mais
il ne comporte pratiquement aucun effet secondaire.
Il y a bien sûr un petit risque lié au geste
lui-même, mais les rhumatologues savent très bien
le réaliser.
Ce traitement soulage les douleurs pendant 6 à 12 mois.
Ensuite, il suffira de le renouveler. Il est particulièrement
efficace pour les genoux, mais est également
proposé pour d'autres articulations (hanche, épaule…),
mais avec des résultats plus aléatoires.
Curieusement, ce traitement allopathique qui paraît
avoir le meilleur rapport efficacité/tolérance n'est
plus remboursé par la Sécurité sociale. Je me demande
bien pourquoi. Serait-ce parce qu’il entraîne une
consommation moindre d'antalgiques et donc un
manque à gagner pour certains laboratoires ? C'est
encore une des décisions catastrophiques que nous
devons à notre ancienne ministre, Marisol Touraine,
qui aura vraiment tout fait pour tuer notre médecine
libérale et nous vendre aux grands groupes financiers.
Si vous pouvez vous payer ce traitement, n'hésitez pas
à le faire si votre rhumatologue vous le propose. Il est
très complémentaire de la prise en charge globale de
l'arthrose que je vais maintenant exposer.
✔ MON PROTOCOLE ANTI-ARTHROSE
DU GENOU
En cas d'arthrose du genou ne nécessitant pas une
chirurgie, c'est-à-dire principalement les stades 2 et 3,
voici mon protocole de prise en charge.
✔ En première intention, je donne toujours une
association Glucosamine+Chondroitine à dose suffisante.
Je prescris ainsi par exemple :
- soit FLEXIFLUID (Therascience), qui apporte aussi
un peu de MSM, à raison de 40 ml le matin et 20 ml le
soir, 3 semaines sur 4 ou 5 jours sur 7. J'aime bien ce
traitement séquentiel, surtout quand on doit prescrire
un produit pendant 6 à 12 mois minimum ;
- soit QUANTAVIE+ (PhytoQuant), qui apporte aussi
de la prèle et du curcuma : 1 sachet par jour en
continu pendant 1 mois puis 3 semaines sur 4, pendant
6 à 12 mois.
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • FÉVRIER 2019 27
Quel que soit le produit utilisé, faites attention à la
concentration en principe actif. Beaucoup de produits
sont largement sous-dosés et les laboratoires vous
vendent « des étiquettes » et du baratin.
✔ L’hiver, j'associe systématiquement à ces produits
:
- de la vitamine D en fonction du dosage sanguin, au
moins d'octobre à mai ;
- 3 à 4 mois d'antioxydants. Par exemple, OXYTONIC
(Lescuyer) : 2 comprimés par jour de novembre
à février ;
- la série des oligosols décrite plus haut dans ce dossier,
pendant 6 mois d'octobre à mars ;
- des granions de soufre : 1 ampoule au dîner, 5 jours
sur 7 (que je remplace parfois par des cures de MSM).
Suivant l’importance de l’arthrose et éventuellement
des résultats de cette première approche, j'ajouterai
très souvent une prescription de COLLAGÈNE à
raison de 8 à 10 g par jour en continu pendant 3 mois
puis 3 semaines sur 4 les 3 mois suivants.
J’aime bien donner ce produit à la belle saison, en
alternance avec les 6 mois d'oligosols pour ne pas
faire trop de produits à la fois. De plus, le collagène a
un effet bénéfique sur la peau, ce qui sera bien utile
quand cette dernière est agressée par le soleil.
Si les résultats sont insuffisants, j'ajouterai des traitements
de terrain en homéopathie et surtout de la
phytothérapie.
Comme traitement de fond, je privilégie des plantes
anti-inflammatoires et reminéralisantes l'hiver (d'octobre
à mars).
J’utilise surtout la reine-des-prés, l'ortie, la prèle et
parfois l'harpagophytum. Je donne par exemple :
- Phytomance REINE-DES-PRÉS : 2 gélules matin et
soir, 5 jours sur 7 ;
- Phytomance ORTIE-PRÈLE : 2 gélules matin et soir,
3 semaines sur 4.
J’alterne ces prescriptions avec des protocoles de
gemmothérapie pendant la saison chaude (d'avril
à septembre), avec par exemple dans la gamme
La Royale :
- Macérat de cassis : 10 gouttes matin et soir ;
- Macérat de pin montana : 10 gouttes le matin les
jours pairs ;
- Macérat de vigne vierge : 10 gouttes le matin les
jours impairs ;
- Macérat d'églantier : 1 goutte au dîner (ou à midi).
Évidemment, on pourra ajouter des traitements de la
douleur si cela se révèle nécessaire.
DIrectrice de la publication : Clémence Bauden
Rédacteur : Dr Eric Ménat
Guérir & Bien Vieillir – BioSanté Editions
Siège social : Rue du Lion d’Or 4, 1003, Lausanne
Registre journalier N° 2043 du 3 février 2016
CHE-208.932.960
Abonnement annuel : 114 euros
Abonnement : Pour toute question concernant votre abonnement,
contacter le +33 3 59 55 36 42 ou écrire à https://www.sante-corps-esprit.com/
vos-questions/
ou adresser un courrier à BioSanté Editions - Service Courrier - 679 avenue de la
République 59 800 Lille - France
ISSN : 2504-4052
REVUE MENSUELLE N°22 - FÉVRIER 2019
Le Dr Eric Ménat ne prend plus de nouveaux patients.
Son carnet de rendez-vous est plein jusqu’à fin 2019. Il est donc inutile de contacter son cabinet.
Avis aux lecteurs
L’objectif de Guérir & Bien Vieillir n’est pas de remplacer vos consultations
médicales. Il est de vous donner les clés pour
créer un dialogue riche et constructif
avec votre médecin.
28 FÉVRIER 2019 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
ARTHROSE DU GENOU
EN BREF !
QUAND VOTRE PLAN DE TRAVAIL VOUS INTOXIQUE :
LES CUISINES EN QUARTZ DE SYNTHÈSE SERAIENT
DANGEREUSES POUR LA SANTÉ
1 https://www.francetvinfo.fr/sante/enquete-france-3-ca-piquait-les-yeux-la-gorge-les-cuisines-en-quartz-de-synthese-soupconnees-detre-
dangereuses-pour-la-sante_3079385. html#xtor=EPR-51-[enquete-france-3-ca-piquait-les-yeux-la-gorge-les-cuisines-en-quartz-de-synthese-
soupconnees-d-etre-dangereuses-pour-la-sante_3079385]-20181130-[bouton]
Les cuisines en quartz de synthèse, une nouvelle
matière belle comme le marbre ou le granit, mais
plus colorée et moins chère, sont la nouvelle mode.
Une enquête des journalistes de France 3 nous
révèle le revers de la médaille1.
« Dans la marbrerie de Philippe Ledrans, dans les
Yvelines, ces cuisines en quartz représentaient 50
% du chiffre d’affaires. Jusqu’au jour où certains de
ses ouvriers ont commencé à tomber malades.
“Ça piquait les yeux, la gorge, affirme Manuel da
Silva, marbrier. Quand on arrivait à la maison, on
avait souvent encore cette gêne, une certaine envie
de vomir, on n’était pas bien.” Il y a cinq ans, l’entreprise
a décidé d’arrêter cette production. “On
s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup de collègues
marbriers qui avaient des gens qui allaient aux
urgences (…) qui tombaient dans les vapes”, assure
Philippe Ledrans, P-DG de la société MDY.
Ces plans de travail sont composés d’environ 15 %
de résine, mais aussi de 85 % de silice cristalline,
une matière très toxique, qui provoque la silicose,
une maladie incurable. En Espagne, le principal producteur
d’Europe, le fléau est devenu endémique :
officiellement, rien qu’en Andalousie, 260 marbriers
sont atteints par la silicose.
“Ce n'est pas la silicose du mineur, c'est nouveau, cela
touche des patients beaucoup plus jeunes”, affirme le
docteur Andres Rabadan, des services de santé de la
province de Cadix. Selon les informations de France
3, 10 en sont morts dans le sud de l’Espagne.
En France, Philippe Ledrans a fait analyser des
échantillons : d’après les résultats qu’il a obtenus,
les plans de travail contenaient 78 composants
chimiques, certains cancérigènes, comme le cadmium.
Pour les autorités françaises, qui enquêtent
depuis 2016, ces produits respectent les normes
sanitaires, mais l’entrepreneur souhaite que le
consommateur soit averti. “La seule différence
avec l’amiante, c’est qu’on n’utilisait pas l’amiante
pour faire à manger, pour préparer ses plats… Alors
que là, ce produit, on l’utilise pour rouler une tarte,
préparer ses légumes, ses fruits…”
La plupart des grandes enseignes vendent toujours
des cuisines en quartz. Pour l’heure, seul Leroy
Merlin les a retirées par précaution de ses magasins.
De son côté, le syndicat mondial des fabricants
de pierres agglomérées a attaqué Philippe Ledrans
en justice. Il conteste tout risque sanitaire pour le
consommateur, comme pour ses employés.»
Indéniablement, on peut remercier ce professionnel
et ces journalistes d’avoir eu l’honnêteté de
tenter d’informer le public et affirmer sans mal
que ce syndicat aurait plus intérêt à mettre son
argent dans des études de toxicité plutôt que dans
un procès !
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • FÉVRIER 2019 29
EN BREF !
L’INÉGALITÉ HOMME/FEMME FAIT DES RAVAGES…
SURTOUT EN MATIÈRE DE CANCER DU POUMON !
1 Hansen M.S. et coll. : “Sex Differences in Risk of Smoking-Associated Lung Cancer: Results From a Cohort of 600,000 Norwegians”, Am J Epidemiol,
2018 ; 187 (5): 971-981.
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Le cancer des poumons est étroitement lié au tabagisme
chronique. Ce cancer est plus fréquent chez
l’homme car, pendant des décennies, les hommes
fumaient bien plus que les femmes.
"Grâce" à l’égalité des sexes, les femmes fument
tout autant que les hommes. On a déjà montré
qu’elles faisaient ainsi plus d’infarctus
à tabagisme équivalent et que ces
accidents cardiaques étaient plus
graves que chez les hommes.
Les études épidémiologiques
ont montré depuis déjà
30 ans que l’augmentation
du cancer du poumon chez
les femmes était exponentielle
! Notamment chez
la femme jeune qui est
plus souvent touchée par
le cancer pulmonaire que
l’homme jeune !
On a donc émis l’hypothèse
d’une plus grande vulnérabilité
de la femme face aux
effets cancérogènes du tabac, mais peut-être en
lien aussi avec d’autres facteurs cancérogènes.
Une étude norvégienne a cherché à mieux comprendre
les facteurs de risques de ces cancers
bronchiques.
En prenant en compte toutes les
variables, les scientifiques ont pu
démontrer que la femme, à durée
et intensité égales d’exposition
au tabagisme, était bien
plus encline que l’homme
au cancer bronchique.
Un tel constat plaide en
faveur d’une plus grande
susceptibilité aux effets
cancérogènes du tabac
chez les femmes,
expliquant les courbes
actuelles de mortalité
par cancer bronchique
dans les pays industrialisés1.
Quatre choses, avait-il appris,
ne reviennent jamais en arrière :
le temps passé, la pierre lancée, le mot prononcé,
l’occasion manquée.
Lucía Etxebarria (1966- )
Le Contenu du silence (2012).
30 FÉVRIER 2019 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
ARTHROSE DU GENOU
JE PARS AU SKI. QUE DOIS-JE METTRE DANS MA TROUSSE
DE MÉDICAMENTS ?
Un séjour au ski est souvent un véritable traumatisme
pour l’organisme. De façon brutale, on se retrouve à
2 000 m d’altitude avec des températures négatives,
un vent glacé ou un soleil sans filtre qui agressent la
peau et les yeux. Sans parler du sport quotidien, 6
heures par jour chez une personne très souvent mal
entraînée.
De quoi développer pas mal de petites pathologies
favorisées aussi par une alimentation souvent trop
riche.
Voici quelques conseils pour prévenir et soigner les
petits maux des sports d’hiver.
Les effets de l’altitude
Si vous avez le mal des montagnes ou simplement si
vous dormez mal à cause de l’altitude, pensez à un
remède homéopathique très utile : COCA 5CH indiqué
dans les troubles du sommeil, les maux de tête, les palpitations,
voire les vertiges : 3 granules 3 fois par jour
dès l’arrivée en altitude pour les personnes sensibles.
Nourrir et protéger la peau
Une crème solaire adaptée à l’altitude est nécessaire,
surtout s’il fait beau. Mais la peau souffre aussi du
froid. Il faut donc la nourrir, par l’intérieur comme
par l’extérieur.
Usez et abusez de la crème QUANTADERM (Phyto-
Quant), un merveilleux après-soleil et surtout une
crème très nutritive et réparatrice pour les peaux
sèches.
Si vous avez la peau fragile, prenez aussi des acides
gras essentiels en capsules :
- soit de l’huile de bourrache : 2 capsules de 500 mg
2 fois par jour ;
- soit un mélange d’huiles adaptées pour la peau
comme le NUTRIDERM (Therascience), à raison d’une
capsule matin et soir.
Si votre peau est surtout sensible au soleil ou si vous
craignez les coups de soleil, voire les allergies au soleil,
vous pouvez prendre seul ou en association avec les
produits ci-dessus :
- OXYBRONZ (Lescuyer) : 2 capsules par jour ;
- OXELIO : 2 capsules par jour.
Dans tous les cas, commencez si possible 1 à 2 semaines
avant le départ.
Attention aux yeux et au nez
Le froid, le vent, le soleil et surtout l’air secs sont très
agressifs pour les muqueuses et les yeux. Beaucoup de
personnes ont les yeux irrités, voire douloureux, à la
montagne, quand d’autres ont le nez très sec avec des
croûtes et des saignements.
Pour les yeux, il faut prévenir avec des larmes artificielles
(il en existe beaucoup en pharmacie, demandez
conseil à votre médecin ou votre pharmacien). Mettez
2 gouttes 3 fois par jour pendant tout le séjour.
En cas d’irritation, vous pouvez utiliser :
- HOMEOPTIC : un collyre homéopathique souvent
efficace ;
- ANTALYRE : un collyre à base d’aspirine si l’inflammation
est trop importante.
En cas de début de conjonctivite sans infection, on
peut prendre en homéopathie : APIS MELLIFICA 5CH
et EUPHRASIA 5CH. prendre 3 granules 2 à 3 fois par
jour de chaque remède.
Si l’oeil est collé le matin, faisant craindre une surinfection
bactérienne, consultez le médecin.
Pour le nez, le meilleur remède préventif et curatif
est d’appliquer dès les premiers symptômes un peu
d’Homéoplasmine dans les 2 narines au coucher.
Pour les suites de l’activité physique soutenue
ARNICA MONTANA 5CH : à utiliser 4 à 6 fois par jour en
cas de chute, de choc, mais pensez à en prendre 2 fois
par jour juste pour récupérer des efforts et limiter les
courbatures.
RHUS TOXICODENDRON 5CH : en cas de courbatures
plus importantes pires au repos. En association avec
Arnica, il aidera à mieux dormir après une grosse journée
de ski.
Si vous êtes sujet aux herpès en cas d’exposition
brutale au soleil, prenez en prévention VACCINOTOXINUM
9CH, une dose le 1er et le 4e jour du séjour.
En cas de poussée d’herpès, prendre Vaccinotoxinum
9CH : prendre 1 dose matin et soir, associé à RHUS
TOXICODENDRON 5CH, 3 granules 3 à 4 fois par jour.
J’ai cité ici les petites pathologies spécifiques de la
montagne, mais n’oubliez pas de prendre des remèdes
naturels pour aider la digestion (les repas au ski sont
souvent gras et parfois alcoolisés) et pour traiter une
éventuelle infection, même si elles sont plus rares
grâce à l’altitude et au froid.
QUESTION DE PATIENT
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • FÉVRIER 2019 31
Cela fait maintenant 2 ans que j’ai commencé