Maux de gorge et plan de bataille pour l'hiver

N°44 – DÉC. 2020 LES DOSSIERS DU Dr MÉNAT
L’hiver, difficile de passer au travers d’un mal de
gorge ou d’un vilain rhume. Si les symptômes sont
parfois identiques, une rhinopharyngite et une
angine n’ont pas grand-chose à voir, tant dans leurs
causes que dans leur évolution et surtout leurs
traitements. Dans quel cas peut-on soigner une
angine sans recourir aux antibiotiques ? Comment
se débarrasser rapidement d’un nez qui coule ?
Existe-t-il une prévention efficace ? Le Dr Ménat
vous livre un protocole précieux, complet et global
pour éviter et guérir ces pathologies ORL. Un dossier
indispensable par temps froid.
Pendant longtemps, un mal de gorge entraînait
systématiquement la prescription
d’un antibiotique. Pourquoi, alors
qu’angines et rhinopharyngites ne se
traitent pas de la même façon ? Si ces affections
sont souvent bénignes, elles peuvent rendre
la vie un peu dure et, surtout, se compliquer dans
certains cas. La prévention reste donc, particulièrement
dans le cas de ces pathologies de la sphère ORL
(oto-rhino-laryngologique), la meilleure attaque.
ORL : une anatomie complexe
On ne peut pas dissocier la gorge des autres structures
ORL, d’autant plus que nous allons aussi évoquer les
rhinopharyngites, qui impliquent les fosses nasales.
— Le pharynx, un carrefour entre
l’intérieur et l’extérieur
La gorge, qu’on peut également appeler « pharynx »,
est une zone assez complexe avec de nombreux
organes, muscles et muqueuses.
Le terme « pharynx » vient du grec ancien qui veut dire
« gorge ». C’est un véritable carrefour aérodigestif.
On le divise en 3 parties :
1. la partie supérieure ou nasopharynx, à l’arrière
des fosses nasales, la région où abouchent
les trompes d’Eustache. On parle aussi de
rhinopharynx ou de cavum ;
2. l’oropharynx, qui est le fond de la gorge que l’on
voit quand on ouvre la bouche ;
3. le laryngopharynx, qui est une zone particulière
où on trouve, en particulier,
les cordes vocales.
La gorge est un carrefour essentiel
qui a plusieurs fonctions
majeures, comme respirer,
parler, goûter et manger.
Et tout cela en protégeant
l’organisme des agressions
extérieures du fait des
nombreuses substances
pouvant y pénétrer (air,
boissons, aliments…).
Maux de gorge : votre plan
de bataille pour l’hiver
La rhinopharyngite,
plus qu’un simple mal de gorge 03
Les angines : virales ou bactériennes,
mais qui touchent toujours
les amygdales 13
La prévention :
une démarche redoutable
contre les infections ORL ! 19
En synthèse : mon protocole
de base pour une prévention
hivernale proactive 28
Question de patient – Enrayer
rapidement une gastro-entérite 30
En bref – Progestatifs : un risque de
tumeur des méninges confirmé 31
Recette santé – Légumes au four et feta 32
2 DÉCEMBRE 2020 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
MAUX DE GORGE
Cette région riche et complexe contient également
plusieurs structures lymphoïdes qui permettent de la
défendre contre les infections. Ce sont en particulier
les amygdales de chaque côté de l’oropharynx (on
les appelle aussi amygdales palatines, car elles
sont collées au voile du palais) et les végétations
(appelées aussi amygdales pharyngées ou végétations
adénoïdes) à l’arrière du nasopharynx, près de
l’orifice des trompes d’Eustache (voir plus bas).
— Le nez, pas seulement pour respirer
Le nez est une structure plus complexe qu’il n’y paraît
vu de l’extérieur. Il n’est pas seulement un appendice,
un cap, qui a fait la gloire de Cyrano de Bergerac, ou
un attribut esthétique qui a permis à Cléopâtre de
séduire César !
Évidemment, vous savez qu’on respire beaucoup
par le nez (15 000 litres d’air traversent chaque jour
le nez), mais pourquoi présente-t-il une anatomie
interne si complexe ?
Le nez contient les fosses nasales qui nous permettent
de respirer, mais aussi de « sentir ». Je ne m’attarderai
pas sur l’aspect olfactif dans ce dossier, bien que les
infections ORL et l’obstruction nasale influencent
notre odorat.
Les fosses nasales sont assez complexes pour un
« simple » tuyau qui sert à respirer. Elles contiennent
3 « cornets » qui permettent à l’air d’être filtré tout
en créant un « tourbillon », qui est important pour
l’odorat.
Cet air va également passer par les sinus, qui sont au
nombre 7 : 3 paires de 2 et 1 sinus central :
• les sinus ethmoïdaux à la base du nez, proche de
l’angle interne de l’orbite ;
• les sinus frontaux au-dessus des sourcils ;
• les sinus maxillaires de chaque côté du nez, au
niveau des pommettes, mais aussi juste au-dessus
des dents du maxillaire supérieur, notion très
importante à connaître ;
• le sinus sphénoïdal situé en arrière et au-dessus
des fosses nasales, plus difficile à visualiser sur une
simple radio.
Toutes ces cavités ont un but essentiel : nous protéger
des microbes et des diverses agressions (particules,
polluants, pollens, corps étrangers…) qui pourraient
pénétrer dans nos poumons et notre organisme.
La nature a donc prévu beaucoup de protections
pour limiter ces risques et protéger les poumons. La
physiologie assez complexe du système ORL et les
pathologies qui le touchent en sont les conséquences.
Retenons ici que le nez et les sinus sont un filtre
mécanique pour toutes les particules présentes dans
l’air inspiré, mais c’est aussi un lieu où nos défenses
immunitaires jouent un rôle très important. Les
sinusites feront l’objet d’un futur dossier.
— Les trompes d’Eustache,
reliées aux oreilles
Une fois l’air filtré par le nez et les sinus, il passe
dans l’arrière-gorge par un « orifice » de sortie qu’on
appelle les choanes.
C’est à cet endroit que se trouve l’ouverture des trompes
d’Eustache. Ce petit « tuyau » joue un rôle très important
dans les infections ORL, et surtout les otites. En effet,
la trompe d’Eustache est un conduit qui relie la partie
supérieure du pharynx (appelée, on l’a vu, rhinopharynx
ou nasopharynx) à l’oreille moyenne. Il sert à équilibrer
la pression de l’air des 2 côtés du tympan, entre l’oreille
externe (le conduit auditif externe) et l’oreille moyenne
(voir ci-dessous l’anatomie de l’oreille).
Pour bien entendre, il est essentiel que la pression des
2 côtés du tympan soit identique. Nous en avons tous
fait l’expérience en avion ou en plongée. Si la pression
augmente d’un seul côté, alors nous avons une sensation
d’oreille bouchée, qui peut même devenir douloureuse.
La trompe d’Eustache est donc ce conduit qui permet
d’équilibrer les pressions. Mais il ne doit pas être
ouvert en permanence, sinon les microbes de la gorge
La pharyngite peut rendre aphone du fait de la proximité des cordes vocales.
La trompe d’Eustache s’ouvre quand on déglutit ou bâille.
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • DÉCEMBRE 2020 3
pourraient y remonter jusqu’à l’oreille moyenne, qui
doit être absolument préservée des infections (c’est
une zone quasi stérile, en théorie). C’est pourquoi ce
conduit est « mou » et fermé en permanence (ses parois
sont collées) et il ne s’ouvre qu’à la demande, quand on
déglutit ou quand on souffle par le nez en le bouchant
(manoeuvre de Valsalva qu’on utilise dans l’avion au
décollage ou à l’atterrissage pour « déboucher les
oreilles »).
Il arrive, pour différentes raisons, que la trompe
d’Eustache soit inflammatoire ou oedématiée et qu’elle
ne puisse plus s’ouvrir. C’est le cas dans certains rhumes,
quand l’inflammation du nez vient, pour des raisons
de proximité anatomique, toucher la trompe. Cela va
favoriser une sensation d’oreille bouchée permanente,
puis entraîner éventuellement une véritable otite.
C’est aussi une des raisons qui font que, lors des
rhinopharyngites, la douleur de la gorge irradie vers les
oreilles, avec parfois des douleurs intenses mais sans
qu’aucune otite réelle ne soit détectée à l’examen.
Pour mieux comprendre comment on soigne et prévient
les infections ORL, il est nécessaire d’en savoir un peu
plus sur notre système immunitaire.
PARTIE N°1
La rhinopharyngite,
plus qu’un simple mal de gorge
Les rhinopharyngites sont sans aucun doute
l’infection ORL la plus fréquente. Le terme
associe « rhino », qui évoque un rhume, et
« pharyngite », qui veut dire mal de gorge
sans lien avec une angine.
La plupart du temps, les patients auront les 2 affections
associées (rhume et pharyngite), et cette pathologie est
toujours initialement due à un virus.
Un mal de gorge suivi d’un rhume
En général, le malade commence par décrire un mal de
gorge, plus ou moins brutal et aigu. À ce stade, il est parfois
difficile de différencier une pharyngite d’une angine.
La douleur peut être intense, brûlante, avec une sensation
de constriction et une difficulté à avaler, comme on
peut l’observer dans certaines angines.
Nous verrons dans le chapitre sur cette autre pathologie
qu’il n’est jamais urgent de prendre des antibiotiques en
cas de doute diagnostique. Si vous consultez un médecin,
il pourra observer une rougeur de tout le pharynx, mais
sans inflammation spécifique des amygdales (le siège de
l’angine). L’examen montre souvent des signes cliniques
assez modérés au regard des symptômes parfois violents.
Dans d’autres cas, il s’agit d’un banal mal de gorge qui
peut démarrer seul ou en même temps que le rhume.
Ensuite, les symptômes vont souvent évoluer vers un gros
rhume et le mal de gorge va s’atténuer. Le nez devient
de plus en plus bouché, avec parfois des éternuements
et des céphalées pouvant évoquer une inflammation des
sinus sans qu’il y ait réellement une sinusite.
— On surveille les écoulements
L’écoulement nasal est le plus souvent clair et liquide,
surtout au début. Petit à petit, cette hypersécrétion en
lien avec l’inflammation des fosses nasales pourra se
surinfecter et le mouchage pourra devenir plus épais
et jaune.
C’est surtout le cas le matin, car ces sécrétions qui
se sont accumulées pendant la nuit vont s’oxyder et
devenir jaune-marron. Si, dans la journée, l’écoulement
redevient plus clair, alors il n’y a probablement pas
de réelle surinfection bactérienne. En revanche, cet
écoulement peut être très irritant et acide et, à force
de se moucher, le nez devient rouge, irrité et pourra se
surinfecter localement à cause du staphylocoque que
nous hébergeons tous dans nos narines.
Parfois, il peut y avoir aussi un écoulement des
yeux. Cet écoulement peut devenir irritant et corrosif,
provoquant un début de conjonctivite.
Dans le rhume, en plus du nez bouché et/ou qui
coule, on aura très souvent des éternuements. Ceuxci
pourront prendre de nombreux aspects, en salve
ou uniquement le matin.
Les modalités de tous ces symptômes permettront de
repérer les remèdes homéopathiques spécifiques et
qui permettront d’obtenir une guérison plus rapide.
4 DÉCEMBRE 2020 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
MAUX DE GORGE
Inversement, pour un médecin allopathe, tous ces détails
sont sans importance. Il s’agit d’un gros rhume
d’origine virale et le traitement sera toujours le même.
Une rhinopharyngite pourra aussi évoluer en trachéite,
voire en bronchite, entraînant une toux souvent
sèche et parfois tenace. Je n’évoquerai pas ce type de
complication qui nécessite un traitement spécifique.
En résumé, la rhinopharyngite associe un mal de
gorge et un rhume, ces 2 symptômes étant présents
en même temps ou l’un après l’autre.
La cause des rhinos :
virus ou bactérie ?
Les rhinopharyngites sont toujours d’origine virale.
Si une bactérie vient à apparaître, c’est dû à une
surinfection à cause d’un traitement insuffisant ou
d’une fragilité du terrain. Si le médecin allopathe
dispose d’antibiotiques pour tenter de tuer les
bactéries, il n’existe aucun médicament antiviral
permettant d’agir sur les causes des rhinopharyngites.
D’ailleurs, en allopathie, on a l’habitude de dire : « Un
rhume avec un traitement dure 7 jours et un rhume sans
traitement dure 1 semaine ! »
Cette plaisanterie de carabin montre que les médecins
ne vous donneront aucun traitement pour soigner ce
virus. En revanche, ils vont éventuellement vous donner
des traitements symptomatiques pour les céphalées, la
fièvre ou le nez bouché. Nous y reviendrons. C’est d’ailleurs
dommage, car il existe des traitements naturels
très intéressants pour enrayer une rhinopharyngite, à
2 conditions : les commencer le plus vite possible et ne
pas avoir une baisse de l’immunité ou un terrain fragile.
— Avant tout, une question
de terrain (et d’immunité)
Les rhinopharyngites sont liées à des virus banals qui
sont endémiques pendant tout l’hiver, ce qui veut dire
que nous allons en croiser régulièrement. Et pourtant,
nous ne serons malades que 2 ou 3 fois en moyenne
à cette saison. Certains ne le sont presque jamais et
d’autres très souvent. Alors que ces virus sont généralement
très contagieux, il peut arriver, dans une même
famille, qu’un membre fasse une très grosse rhinopharyngite,
un deuxième un petit rhume et un troisième
qui ne développera aucun symptôme.
Tout dépend donc de notre terrain et du moment où l’on
croise le virus. Ainsi, si on est en pleine forme, physique
et émotionnelle, on peut croiser ces virus sans crainte.
Notre système immunitaire va nous défendre. En revanche,
si on croise le même virus dans une période
de grande fatigue ou de gros stress, le système immunitaire
ne sera peut-être pas capable de nous défendre
et la pathologie va démarrer. On peut aussi simplement
« prendre froid », c’est-à-dire croiser le virus à un moment
particulier où le froid, sec ou humide, va faire
baisser nos défenses locales et laisser le virus s’installer.
Ceux qui font des rhinopharyngites à répétition ont
souvent un terrain immunitaire fragile, et il sera indispensable
de le prendre en charge. Toutefois, nous
avons probablement tous intérêt à mettre en place une
prévention hivernale qui sera personnalisée en fonction
de nos fragilités. Nous y reviendrons.
La réponse allopathique :
elle traite les symptômes
En réalité, il n’existe aucun traitement validé par
l’Académie de médecine pour traiter une rhinopharyngite.
La Faculté considère que c’est une banale
infection virale et qu’il suffit d’attendre que ça passe.
Sur le fond, elle n’a pas tort. Néanmoins, cette infection
virale peut être pénible et handicapante, et
elle peut aussi se surinfecter et se compliquer. Alors
peut-être serait-il utile de la soigner ? Le problème,
c’est que, en allopathie, il n’existe aucun traitement
qui agisse sur la cause. On donne donc uniquement
des traitements dits « symptomatiques ».
Un diagnostic évident
Le diagnostic est purement clinique. On ne fait ni
prise de sang, ni prélèvement dans la gorge ou le
nez, ni radiographie. C’est uniquement en cas de
doute sur la pathologie qu’on pourra faire :
• un prélèvement dans la gorge si on suspecte
une angine à streptocoques ;
• une radio si on suspecte une sinusite.
On pourra éventuellement faire un bilan sanguin
en cas de rhinopharyngites récidivantes, mais, pour
ce type de pathologie, il est assez rare qu’on en
ait besoin.
Et vous le savez tous, il n’est pas très difficile de
diagnostiquer une rhinopharyngite. Pour autant,
chaque personne développe des symptômes qui
lui sont propres, alors que le virus est le même.
On le voit bien actuellement avec le coronavirus,
qui peut donner très peu de symptômes, un petit
rhume, une grosse grippe, voire une insuffisance
respiratoire : même virus, mais symptômes très
différents d’une personne à l’autre.
Cela nous ramène à la célèbre phrase d’Antoine
Béchamp : « Le microbe n’est rien, le terrain est
tout ! »
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • DÉCEMBRE 2020 5
— Faut-il agir sur la fièvre ?
Le traitement le plus souvent prescrit est un
antalgique-antipyrétique pour faire baisser
la fièvre et calmer les douleurs. Il s’agit, en
général, d’ibuprofène (un anti-inflammatoire)
ou de paracétamol. Parfois, les médecins
prescrivent de l’aspirine, mais c’est plus rare.
Il est certain que, pour continuer à travailler et ne
rien changer à sa vie quotidienne pendant cette
infection, ces médicaments peuvent avoir un
intérêt. Mais sont-ils vraiment sans risque ?
La fièvre est l’un des symptômes les plus communs
à toutes les infections. Pourquoi ? Parce que la fièvre
est le premier mécanisme de défense que notre organisme
met en place. C’est donc une alliée et non
pas un symptôme à combattre. En cas d’infection aiguë,
l’organisme va se défendre par la fièvre et par
le déclenchement d’un syndrome inflammatoire qui
permet d’augmenter nos défenses immunitaires tout
en limitant la propagation des virus. Les courbatures
sont liées à cette réaction inflammatoire créée par
notre corps et non pas par le microbe.
Conclusion : la prochaine fois que vous avez un peu
de fièvre, évitez au maximum les anti-inflammatoires
comme l’aspirine et l’ibuprofène. Contentez-vous
éventuellement d’un peu de paracétamol si les maux
de tête sont importants ou si la fièvre dépasse 39 °C,
et privilégiez l’homéopathie, très efficace dans ces
situations (voir plus bas).
— Contre le nez bouché :
pas de remède miracle
À côté des antipyrétiques, les médecins prescrivent
souvent des médicaments pour « déboucher » le nez.
Il est vrai que ce symptôme peut être particulièrement
pénible et handicapant, surtout la nuit. Pour autant,
ce sont uniquement des médicaments de confort,
dont les effets secondaires ne sont pas anodins.
Méfiez-vous des sprays !
Il existe 3 types de produits :
1. les sprays à base de cortisone qu’il faut éviter au
maximum, car ils altèrent les muqueuses nasales
et augmentent le risque de diffusion locale des microbes.
Ils sont réservés à des cas très particuliers,
comme les situations où un patient doit prendre
l’avion alors qu’il a déjà le nez et les sinus bouchés.
Le décollage et surtout l’atterrissage peuvent être
hyper douloureux, et les sprays à base de cortisone
(+/- vasoconstricteurs) peuvent constituer la
seule solution pour permettre de faire ce voyage ;
2. les vasoconstricteurs devraient être bientôt
totalement interdits, tellement leur balance
bénéfice-risque est mauvaise. Ne vous faites
pas piéger par leur efficacité rapide, car on peut
devenir dépendant de ces produits à cause d’un effet
rebond dans les heures qui suivent l’utilisation. Là
encore, leur utilisation doit être réservée à des cas
très particuliers sous contrôle médical ;
Infections virales et anti-inflammatoires : attention danger !
Faire baisser la fièvre ou donner des anti-inflammatoires
en cas d’infections virales peut augmenter la gravité et
la durée de l’infection. On a montré qu’une grippe sera
plus marquée si on donne ces médicaments au début
de la fièvre (qui signe notre réaction de défense). Des
épidémiologistes pensent même que la gravité de la
grippe espagnole a été liée autant à sa contagiosité qu’à
l’utilisation de l’aspirine, qui aurait augmenté la mortalité
de la maladie. À l’époque, les médecins prescripteurs
d’aspirine comptabilisaient 60 % de décès, contre moins
de 10 % pour ceux qui n’en utilisaient pas14 !
La même conclusion a été tirée au sujet des antiinflammatoires
proposés contre la Covid-19, avec
probablement une gravité plus importante de l’infection
si ces médicaments étaient pris au début de l’infection.
Cet effet paradoxal et aggravant des anti-inflammatoires
a été confirmé par plusieurs travaux. Des études sur
l’animal montrent une plus grande agressivité de la
maladie virale si on lui administre des antipyrétiques,
avec une augmentation de la contagiosité du virus.
Des chercheurs de l’université canadienne McMaster
concluent, dans une étude parue dans Proceedings of the
Royal Society B, que les anti-inflammatoires pourraient
favoriser la propagation de la maladie et aggraver les
épidémies !
Pourtant, beaucoup de patients attendent de leur
médecin un remède pour soulager fièvre et douleurs.
Car dans notre monde moderne, on n’accepte pas qu’un
banal rhume puisse nous empêcher d’aller travailler, faire
du sport ou sortir avec les amis. Or, si on est malade, c’est
qu’on a une fragilité (souvent ponctuelle), avec baisse des
défenses immunitaires. Et quoi de mieux que quelques
jours de repos et de diète pour améliorer son terrain ?
6 DÉCEMBRE 2020 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
MAUX DE GORGE
3. des produits simplement désinfectants, mais
qui peuvent aussi agir sur la sensation de nez
bouché. Il en existe plusieurs de qualité variable.
Cela veut dire qu’il n’y a pas de traitement miracle
pour ce symptôme de nez bouché, et surtout pas
de médicament qui offre un bon rapport bénéficerisque.
On désinfecte avec des produits naturels
Pour ma part, j’utilise surtout des produits naturels
et des désinfectants de base pour aider au traitement
des rhumes. Voici les principaux produits, vendus en
pharmacie :
Rhinargion R (pour rhume) est un antiseptique un
peu décongestionnant et un de mes produits de
base. C’est une solution de sérum physiologique
avec de l’argent colloïdal, qui est un des meilleurs
antiseptiques à usage local. Il existait un Rhinargion
A contenant aussi du manganèse, mais, pour des
raisons que j’ignore, il ne se fait plus.
Sérum physiologique et granions d’argent : pour les
plus initiés, je propose de préparer soi-même son « Rhinargion
» en mélangeant, dans une pipette ou une seringue,
1 ampoule de sérum physiologique et 1 ampoule
de granions d’argent afin d’avoir une concentration en
argent un peu plus forte. Ça marche mieux quand il y
a une réelle surinfection. À utiliser uniquement ponctuellement
en cas de rhume important.
ProRhinel est une gamme de produits pour le lavage et
l’hygiène du nez. Il existe de nombreuses déclinaisons,
dont un spray avec de l’eucalyptus pour mieux décongestionner
le nez, ou encore un autre avec de l’aloe vera plutôt
pour les allergiques ou les muqueuses fragiles.
Necyrane® est un antiseptique associé à de l’eucalyptol
qui permet un petit effet décongestionnant sur le nez
bouché, comme le ProRhinel à l’eucalyptus.
La marque Humer offre une gamme pour nettoyer
le nez avec des produits assez originaux. On trouve
ainsi un spray « Nez bouché » qui est simplement une
eau de mer hypertonique, mais surtout une spécialité
appellée « Sinusite nez très bouché » 100 % naturelle,
composée de plantes qui aident vraiment à déboucher
le nez. Je le trouve plus efficace qu’un autre produit appelé
« Décongestionnant », lui aussi naturel et comprenant
un complexe breveté, le Captomucil®, à base de
polysaccharide naturel issu du chitosan. À la première
utilisation du « Sinusite nez très bouché », on ressent
une irritation assez désagréable, mais le nez va petit
à petit se dégager. Il faut l’alterner avec des lavages à
l’eau de mer ou des désinfectants.
Spray nasal hypertonique Puressentiel® à base d’eau de
mer avec des extraits de romarin, échinacée et propolis.
Il est difficile de classer ces différents produits par ordre
de préférence ou d’efficacité, car cela dépend de chaque
personne. Si vous êtes enrhumé, à vous de trouver celui
qui vous convient le mieux, en sachant que ces produits
sont utilisables par tous, y compris par les enfants.
En dehors de la pharmacie, j’utilise très souvent un
produit du laboratoire La Royale que je trouve très
bien fait et très efficace : le spray nasal à base de propolis
et de plantes. En plus de la propolis en bonne
concentration, il contient de l’eucalyptus, du romarin
et du thym, pour une action complète, désinfectante
et décongestionnante.
Dans des cas exceptionnels, si vraiment le nez est très
bouché, je peux être amené à prescrire 2 médicaments
allopathiques pour des circonstances bien précises :
– Rhinofluimucil®, un désinfectant associé à un vasoconstricteur
léger. C’est le seul d’origine chimique
que j’utilise parfois pour la nuit, quand les patients
sont particulièrement gênés pour dormir ;
– Deturgylone®, un spray à base de cortisone et vasoconstricteur
que je réserve au cas particulier des
voyages en avion ou autre situation où il est indispensable
de déboucher le nez (soins dentaires, par
exemple).
Mais il faut vraiment utiliser ces produits avec parcimonie
et les arrêter le plus vite possible.
— Les médicaments contre le rhume :
pas pour « soigner » le rhume !
Ce sont en fait, pour la plupart, des médicaments
qui agissent uniquement sur certains symptômes du
rhume : céphalées, fièvre, nez bouché, et j’en passe.
En aucun cas, ils n’agissent sur les causes du rhume
ou sur nos défenses immunitaires.
Ce sont surtout des associations d’antipyrétiques,
d’anti-inflammatoires et de vasoconstricteurs. Inutile
de vous dire que, pour moi, ils doivent être utilisés
avec prudence et même évités dans la mesure
Se laver le nez : une habitude à intégrer tout l’hiver. du possible, car leur balance bénéfice-risque est
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • DÉCEMBRE 2020 7
plutôt mauvaise ! La revue Prescrire, seule revue
indépendante des laboratoires, les a classés dans les
médicaments à éviter, voire à interdire.
Il en existe beaucoup. Aucun n’est remboursé, car
leur « service médical rendu » est faible, mais, de ce
fait, les fabricants peuvent faire de la publicité à la
télévision ou dans les journaux, et, tous les hivers,
on voit fleurir ces pubs qui vous expliquent que vous
respirerez mieux et serez soulagé plus vite. Des avantages
marketing qu’il faut mettre en balance avec les
effets secondaires potentiels et le risque de voir l’infection
se prolonger.
— Maux de gorge : de la propolis
plutôt que des pastilles
Là encore, vous allez voir de nombreux spots publicitaires
au sujet de ces produits qui contiennent pour la
plupart bien plus d’excipients que de molécules actives.
Ils sont souvent peu efficaces et sans grand intérêt.
Ce sont de banals antiseptiques avec parfois du miel,
des huiles essentielles, parfois un antalgique ou un
anesthésiant, voire de la cortisone.
Je ne les prescris pas, car les médecines naturelles
offrent des alternatives bien plus intéressantes avec
l’aromathérapie, la propolis et l’homéopathie.
Par exemple, j’utilise beaucoup les sprays à base de
propolis :
– Spray buccal à la propolis du laboratoire La
Royale, d’excellente qualité, qui contient 30 % de
propolis diluée dans un peu d’alcool et de miel. Il
a l’avantage d’être bon au goût et pas trop agressif,
car dilué. On peut l’utiliser chez l’enfant ;
– Spray buccal à la propolis Pollenergie est plus
puissant, mais il est très fort en goût et ne conviendra
pas à tous. Non seulement la propolis désinfecte,
mais elle calme aussi la douleur ;
– Oropolis® Spray (vendu en pharmacie) est un extrait
hydroalcoolique de propolis. Il est moins puissant
que les 2 précédents, car il contient seulement
12 % de propolis.
Et parfois, certaines spécialités à base d’huiles
essentielles, comme :
– Spray gorge Pranarôm associe plusieurs huiles
essentielles avec un peu de propolis ;
– Spray gorge Puressentiel® est assez proche du
précédent, avec de l’échinacée en plus et un peu
moins d’huiles essentielles ;
– Oronat spray gorge, du laboratoire Lescuyer, à
base de plantes, d’huiles essentielles et de propolis ;
– Pastilles de miel et melaleuca La Royale, des pastilles
de miel avec de l’huile essentielle de tea tree.
Là encore, pas de classement en termes d’efficacité.
À vous de tester le produit qui vous convient le
mieux. Ils sont là à la fois pour vous soulager tout
en agissant sur les différents microbes en cause. On
peut également se confectionner un miellat avec du
miel et des huiles essentielles. J’y reviendrai un peu
plus loin.
— L’enzymothérapie :
une efficacité limitée
On a eu accès, pendant des années, à des produits
à base d’enzymes naturelles aux propriétés antiinflammatoires
et anti-oedémateuses, mais ces
produits ont disparu petit à petit, car ils n’étaient pas
très rentables et leur efficacité était limitée.
On trouve certaines spécialités en pharmacie, comme
le Maxilase®, à base d’alpha-amylase, ou Extranase®, à
base de bromélaïne, par exemple. Leur faible efficacité
vient du fait qu’ils sont peu dosés. On pourrait
utiliser des produits plus dosés à base de bromélaïne
ou de serrapeptase, proposés par des laboratoires de
produits naturels, mais tout cela a un coût et, en pratique,
je les utilise peu.
— Ne vous privez pas
d’une bonne inhalation
Le Vidal répertorie plusieurs produits d’inhalation
et tous sont à base d’huiles essentielles : Aromasol,
Balsolène, Calyptol inhalant, essence algérienne,
goménol (le seul qui ne soit pas une association, il ne
contient que du niaouli), Pérubore.
Ils sont tous corrects en termes de formule et
d’efficacité. Je suis un prescripteur régulier de ces
traitements non chimiques. Les médecins allopathes
ne leur font pas toujours suffisamment confiance et
associent parfois des antibiotiques ou de la cortisone
dans leurs prescriptions d’inhalation. Je pense que
c’est dommage et souvent inutile, mais, évidemment,
la présence de cortisone donnera l’impression d’une
efficacité plus grande et rapide.
Le pollen est un concentré d’antioxydants parfait pour l’hiver.
8 DÉCEMBRE 2020 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
MAUX DE GORGE
Ils sont plus pratiques que les huiles essentielles
pures qu’on met dans un bol d’eau chaude, car ces
dernières peuvent être trop puissantes pour les muqueuses
fragiles. Mais si vous savez utiliser les huiles
essentielles, alors choisissez cette solution, qui est
très efficace.
La prise en charge globale :
ma vraie réponse pour
vous soulager
Si l’allopathie ne propose pas grand-chose, il existe en
revanche des traitements naturels particulièrement
efficaces pour soigner les rhinopharyngites en utilisant
en particulier l’homéopathie et l’aromathérapie.
— L’homéopathie pour stimuler
les défenses
Il y a 2 façons d’aborder la question.
Face à un rhume simple
On peut utiliser un traitement simple à base de complexes
homéopathiques et de remèdes de base. Dans
ce cas, on pourra par exemple prendre dès le début
du rhume :
– Oscillococcinum : 1 dose matin et soir pendant 3 jours ;
– Granions de cuivre : 2 ampoules matin et soir pendant
3 ou 4 jours ;
– Un complexe homéopathique comme :
– L52 (Lehning) : 30 gouttes 3 fois par jour, qu’on utilise
surtout s’il y a des frissons et de la toux associée,
– ALLIUM CEPA Composé pour le rhume avec beaucoup
d’éternuements : 5 granules 4 fois par jour,
– Coryzalia : 1 comprimé 4 à 6 fois par jour, à laisser
fondre sous la langue, qui serait plus actif sur les
rhumes avec nez bouché ;
– Rhinargion pour désinfecter le nez.
Dans les cas un peu plus marqués, on pourra ajouter
de la propolis ou de l’aromathérapie.
Mais si vous voulez vous soigner de façon encore plus
efficace en homéopathie, il peut alors être utile de
bien connaître les différents remèdes de rhinopharyngite
et les utiliser en fonction des symptômes spécifiques
que vous ressentez, c’est-à-dire de votre mode
réactionnel et des modalités qui vous sont propres.
Pour une prise en charge plus énergique
1) Les remèdes de début
Voici les principaux remèdes choisis en fonction de
la cause et des circonstances de déclenchement de
l’infection :
ACONIT 9 CH : le rhume fait suite à une exposition à
un froid sec. Les symptômes sont assez brutaux. La
fièvre peut être élevée et le patient ne transpire pas.
Le nez est sec et bouché, avec une sensation de brûlure.
Ces symptômes sont aggravés la nuit dans une
chambre chaude et améliorés par le grand air et le repos
puis par la transpiration. Le patient est plutôt anxieux,
mais pas agité.
DULCAMARA 5 CH : remède des rhumes déclenchés
par un froid humide. Nez coulant abondamment, avec
raclements de gorge, en raison de sécrétions épaisses
collées dans d’arrière-gorge.
CAMPHORA 9 CH : le rhume est déclenché par un
temps froid. Le patient est frigorifié et grelote. Il peut
avoir des courbatures douloureuses et le nez bouché.
Il reste immobile, car le mouvement l’aggrave, et il recherche
la chaleur, qui l’améliore. En revanche, il préfère
boire de l’eau froide.
ALLIUM CEPA 5 CH : le malade a attrapé froid à cause
du vent ou après avoir eu les pieds mouillés. Il présente
un rhume avec peu de fièvre, mais des éternuements
fréquents et un écoulement nasal aqueux et excoriant.
Au bout de 2 jours, les narines et les lèvres sont toutes
irritées, et même surinfectées. Il est aggravé dans une
chambre chaude et amélioré au grand air.
FERRUM PHOS 5 CH : c’est le remède des fièvres modérées,
comme on les voit dans les rhinopharyngites
banales, inférieures à 38,5 °C.
Il existe d’autres remèdes de fièvre, mais qu’on retrouve
plutôt dans les angines ou la grippe :
BELLADONNA 5 CH : fièvre élevée avec peau rouge et
brûlante, transpiration et photophobie.
GELSEMIUM 5 ou 9 CH : fièvre moyenne à haute avec
tremblements, sensation d’abattement et pas de soif.
Surtout utilisé dans les syndromes grippaux.
BRYONIA 5 CH : fièvre élevée, mais toujours améliorée
par le repos. Soif intense de grandes quantités d’eau.
A chaque rhume correspond un remède homéopathique spécifique.
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • DÉCEMBRE 2020 9
PYROGENIUM 9 CH : c’est le remède de la fièvre avec
présence de pus qu’on retrouve plus rarement dans les
rhinopharyngites.
Tous ces remèdes pourront être pris toutes les heures
au début et tant que nécessaire. Plus les symptômes
sont violents et aigus et plus il faut multiplier les prises.
2) Les remèdes de « phase d’état »
Ensuite, on va utiliser ces remèdes de rhume ou de
rhinopharyngite proprement dits.
Pour le nez
Il existe des remèdes homéopathiques souvent très efficaces
sur les symptômes nasaux au cours d’un rhume.
Je citerai ici les principaux pouvant être associés aux remèdes
de début que je viens d’exposer ou bien les suivre
en fonction de l’évolution des symptômes.
ALLIUM CEPA 5 CH : je viens d’en parler pour les remèdes
de début, mais je me devais de le citer aussi
dans ce paragraphe, car c’est un remède très utilisé
pour le coryza avec un écoulement aqueux, mais très
irritant pour le nez, qui devient rouge.
EUPHRASIA 5 CH : c’est l’opposé du précédent. L’écoulement
est aqueux et non irritant, mais il s’accompagne
souvent d’un larmoiement qui, lui, est irritant et donne
des yeux rouges et qui grattent. On retrouve aussi ce remède
dans les conjonctivites allergiques. Il y a souvent
des éternuements. Il est aggravé par le vent frais.
ARUM TRIPHYLLUM : autre remède de rhume avec
écoulement irritant à tel point que le patient va s’éplucher
les lèvres. La gorge est également très irritée et
douloureuse.
NAPHTALINUM 5 CH : remède à utiliser quand l’écoulement
nasal et le larmoiement sont tous les deux irritants.
RUMEX CRISPUX 5 CH : remède classique de rhume
avec toux sèche. Il est aggravé à la moindre inhalation
d’air frais. Le patient va respirer à travers son
écharpe ou un foulard pour ne pas être en contact
avec cet air frais.
SABADILLA 5 CH : rhume avec des éternuements en
salve favorisés en particulier par une démangeaison
au fond du palais.
ARALIA RACEMOSA 5 CH : comme Allium cepa,
l’écoulement est clair et irritant, mais il n’y a plus
d’éternuements et il est aggravé en début de nuit, en
général au coucher et avant minuit. Sensibilité aux
courants d’air, contrairement à Allium cepa.
NUX VOMICA : remède de nez bouché la nuit, mais
avec un écoulement aqueux la journée et éternuements
le matin. Il est aggravé par le froid et les courants
d’air et recherche le chaud et le repos.
SAMBUCUS NIGRA 5 CH : remède de nez bouché
toute la journée.
HYDRASTIS 5 CH : rhume avec écoulement jaune et irritant.
Il est donc rarement utilisé les premiers jours du
rhume.
PULSATILLA 5 CH : l’écoulement est jaune, mais non
irritant.
KALIUM BICHROMICUM 5 CH : c’est le remède du
rhume surinfecté avec écoulement épais, jaune, qui entraîne
des croûtes dans le nez et parfois un peu de sang.
Cette liste n’est pas exhaustive et vous comprenez
pourquoi le médecin devra faire un interrogatoire
minutieux pour bien cibler le remède spécifique de
chaque patient. Vous voyez à quel point l’homéopathie
peut être complexe et, en même temps, quand on trouve
le remède précis, son efficacité peut être spectaculaire.
Évidemment, il peut paraître plus simple de prescrire
du paracétamol à tout le monde et attendre que ça
passe ! Mais est-ce encore de la médecine ?
Pour la gorge
Certains remèdes ont une action à la fois sur le nez et la
gorge, comme NUX VOMICA ou ARUM TRIPHILLUM,
par exemple. D’autres sont surtout des remèdes de pharyngite
qu’il ne faut pas confondre avec ceux des véritables
angines, même si certains remèdes se recoupent.
Les principaux remèdes de mal de gorge sont :
PHYTOLACCA 5 CH : douleur pharyngée aggravée en
avalant avec irradiation vers les oreilles (1 seule, en général).
La gorge est rouge avec des traînées vermillon.
LACHESIS 7 CH : remède de gorge très rouge, douloureuse,
avec sensation de serrement. La douleur est surtout
à gauche et aggravée par les boissons chaudes.
LYCOPODIUM 5 CH : c’est un peu le contraire de LACHESIS.
La douleur prédomine à droite et elle est améliorée
en buvant chaud. La gorge est rouge et sèche. Le nez est
souvent bouché la nuit, surtout la narine droite.
BELLADONNA 5 CH : c’est surtout un remède d’angine.
La douleur de gorge est brutale au début, avec surtout
une fièvre élevée et soif importante.
APIS MELLIFICA 5 CH : présente aussi un début brutal,
mais avec fièvre moins élevée et surtout sans soif.
Le patient décrit une sensation d’écharde plantée
dans la gorge et on peut observer un oedème rosé de
la luette.
CAPSICUM 5 CH : présente des douleurs brûlantes
comme par du poivre, améliorées en avalant des
boissons chaudes.
CANTHARIS 5 CH : c’est un remède de pharyngite
brûlante également sans atteinte nasale, aggravée
par le froid et améliorée par le chaud, donc proche
de CAPSICUM. Dans CANTHARIS, il y a une inflammation
avec des vésicules ou des phlyctènes, comme
dans une brûlure.
10 DÉCEMBRE 2020 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
MAUX DE GORGE
Que ce soit pour le nez ou la gorge, on prendra souvent
ces remèdes 6 fois par jour en moyenne. S’il y a
plusieurs remèdes, on les alterne toutes les heures au
début, puis on espace les prises au fur et à mesure que
les symptômes s’estompent. À côté de l’homéopathie
qui agit sur le terrain et sur les modalités réactionnelles
du patient pour l’aider à se guérir lui-même,
on peut associer des remèdes pour agir sur la cause
elle-même, c’est-à-dire le virus. Si l’allopathie n’offre
aucune solution, l’aromathérapie et la phytothérapie
proposent des solutions très intéressantes.
— L’aromathérapie, un puissant
antiviral
Vous avez compris que l’homéopathie n’agit pas sur la
cause, ni sur le virus, mais uniquement sur le terrain
et les réactions de défense de l’individu. Mais cela ne
doit pas nous empêcher d’envisager aussi un traitement
antiviral et, pour cela, la nature nous offre de très belles
solutions, à commencer par les huiles essentielles.
Les choix seront plus simples qu’en homéopathie,
puisqu’on cible le virus et qu’on utilise donc le même
remède chez tous les patients. Les principales huiles
essentielles utilisées en cas de rhinopharyngite sont :
Eucalyptus radié (Eucalyptus radiata), qui est peut-être
le plus spécifique du rhume. On l’utilise beaucoup en
application sur les poignets et en le respirant, car son
effet local est assez puissant.
Tea tree ou Arbre à thé (Melaleuca alternifolia) et
Niaouli (Melaleuca quinquenervia) sont 2 Melaleuca
aux propriétés assez proches. Ce sont certainement
les plus utilisés dans toutes les maladies infectieuses.
Ils ont à la fois un large spectre d’action sur de nombreux
microbes et font partie des huiles essentielles
les mieux tolérées. On les utilise facilement par voie
orale avec d’excellents résultats. Leur puissance d’action
antivirale n’est plus à démontrer, car ils sont
d’une efficacité redoutable sur les herpès.
1 Sources et références consultables sur : https://staticmail.editionsbiosante.fr/2020/11/gbd44/sources.pdf
Ravintsara (Cinnamomum camphora cineoliferum) est sûrement
une des huiles essentielles antivirales les plus
reconnues. Elle est active sur de nombreux virus, à commencer
par celui de la mononucléose. C’est aussi une des
plus immunostimulantes. On l’utilise donc beaucoup en
prévention, mais aussi en curatif, que ce soit en application
sur les poignets ou par voie orale. Attention à ne pas
se tromper d’huile essentielle en vérifiant le nom latin.
Ce sont les 4 huiles essentielles que j’utilise le plus souvent
dans ces rhinopharyngites, mais il en existe bien
d’autres qui peuvent être tout aussi efficaces, comme :
– Origan compact (Origanum compactum), qui est
sûrement un des anti-infectieux les plus puissants.
Mais il est agressif et pas toujours bien toléré
au niveau de l’estomac et du foie, et est contreindiqué
dans plusieurs situations (enfants, femmes
enceintes). Il s’utilise surtout par voie orale, car il
est dermocaustique ;
– les Thyms sont également de grands anti-infectieux,
mais également agressifs pour le système digestif et
présentant des précautions d’emploi. Le seul qui sort
du lot est le Thym à linalol (Thymus vulgaris linaloliferum),
car il est mieux toléré et, de ce fait, autorisé
chez l’enfant à partir de 6 ans et même chez la femme
enceinte à partir du deuxième trimestre de grossesse ;
– la Sarriette des montagnes (Satureja montana)
est une cousine du thym et, comme lui, très puissamment
anti-infectieuse. Elle est tout de même
contre-indiquée chez la femme enceinte, et, même
si on l’utilise localement, elle devra toujours être diluée,
car elle est dermocaustique. Ne la choisissez
pas sans un avis médical ;
– le Romarin à cinéole (Rosmarinus officinalis CT
1,8-cinéole ou Rosmarinus officinalis L. cineoliferum)
est le romarin ayant les propriétés antivirales les
plus puissantes, contrairement au Romarin à verbenone
qui est avant tout une huile essentielle à visée
hépatique (même si tous les romarins agissent sur
le foie). On peut l’utiliser quand on recherche une
action double sur l’infection et le foie ;
– le Pin, le Cyprès et l’Épinette noire sont d’autres
anti-infectieux réputés, mais surtout utilisés pour
les bronches ;
– Laurier noble, Lavande aspic et officinale, Citron,
Cannelle, et la liste n’est pas exhaustive.
On peut utiliser ces huiles essentielles en unitaire ou
bien en associer 2 ou 3. Il existe aussi des associations
toutes prêtes en capsules par voie orale, principalement :
– OLEOCAPS® n°1 de Pranarôm11qui apporte exclusivement
de l’ORIGAN : prendre 2 capsules, 3 fois par
L’HE de thym à linalol est très efficace et surtout, bien tolérée. jour, pendant 5 jours ;
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • DÉCEMBRE 2020 11
– OLEOCAPS n°4 (défenses naturelles) qui associe
les HE de Ravintsara, Tea tree, Thym à feuilles de
sarriette, Eucalyptus radié, Giroflier : prendre 2 capsules
à la fin des 3 repas ;
– OLIOSEPTIL® gélules nez-gorge est une bonne formule
toute prête associant 7 HE parmi les plus reconnues et
basée sur le Ravintsara : prendre 1 gélule matin, midi et
soir ou 2 matin et soir pendant 5 ou 6 jours.
Les traitements en aromathérapie doivent toujours
être ponctuels et ne pas dépasser 7 à 10 jours sans
avis médical. Dans une rhinopharyngite, on prendra
des huiles essentielles pendant 5 à 7 jours suivant
l’importance des symptômes. L’objectif est d’enrayer
rapidement les symptômes pour être soulagé, mais
aussi d’éviter l’évolution vers une infection plus profonde
: sinusite, bronchite ou trachéite, par exemple.
Mon protocole de base aroma
En cas de rhinopharyngite classique
– Ravintsara : 2 gouttes sur les poignets 2 fois par jour ;
– Eucalyptus radié : 2 gouttes sur les poignets 2 fois
par jour (on peut associer les 2 en les utilisant 4 fois
par jour ou bien les alterner) ;
– Arbre à thé : 2 gouttes à la fin des 3 repas.
On peut aussi faire faire des mélanges en gélules en
pharmacie. Voici un exemple de formule pour les infections
virales :
Préparation magistrale avec les huiles essentielles
suivantes :
– Ravintsara 30 %
– Arbre à thé 25 %
– Eucalyptus radié 25 %
– Origan compact 10 %
– Niaouli 10 %
En gélule : QSP (quantité suffisante pour) 1 gélule
gastro-résistante de 100 mg d’huiles essentielles.
Prendre 2 gélules matin et soir pendant 6 jours (ajouter
2 le midi suivant le poids de la personne et l’importance
de l’infection).
En cas de rhinopharyngite avec toux
Si la rhinopharyngite évolue défavorablement avec
un nez bouché, des sécrétions nasales purulentes et
un début de toux, je rajouterai une formule d’huiles
essentielles à se passer sur les bronches (au milieu de
la poitrine, en regard du sternum), le soir au coucher
et éventuellement le matin après la douche.
On peut faire préparer ce mélange en pharmacie
ou bien le faire soi-même avec la formule suivante :
– Huile végétale de Macadamia 6 ml
– Huile végétale de Millepertuis 3 ml
– Huile essentielle de Pin sylvestre 3 ml
– Huile essentielle de Romarin à cinéole 2 ml
– Huile essentielle d’Eucalyptus globuleux 2 ml
– Huile essentielle de Ravinstsara 2 ml
– Huile essentielle de Niaouli 2 ml
Ce mode d’utilisation a 2 actions complémentaires :
les HE pénètrent par la peau et vont directement agir
sur les bronches, mais, en plus, le patient va respirer
toute la nuit ces HE très volatiles, qui agiront également
sur tout l’arbre respiratoire.
En cas de risque élevé de contagion
De la même façon, si le virus est virulent et qu’il y a un
risque de contagion au reste de la famille, on pourra
désinfecter l’air en faisant diffuser le mélange suivant :
– Huile essentielle de Pin sylvestre 6 ml
– Huile essentielle de Niaouli 4 ml
– Huile essentielle de Lavande off 4 ml
– Huile essentielle d’Eucalyptus globuleux 3 ml
Mettre 5 gouttes dans un diffuseur d’arômes ou bien
dans un bol d’eau sur le radiateur.
Ce sont évidemment des exemples de formules. Votre
médecin ou pharmacien pourra vous en conseiller
d’autres, que vous trouverez également dans des
livres spécialisés.
— Les autres anti-infectieux naturels
et efficaces
Si l’aromathérapie est la méthode naturelle la plus
active sur les virus, elle n’est pas la plus simple d’utilisation
et il existe d’autres pistes qui peuvent être
utilisées chez la plupart des patients, y compris les
enfants.
Le ravintsara, antiseptique, stimule aussi la réponse immunitaire.
12 DÉCEMBRE 2020 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
MAUX DE GORGE
La propolis : miracle de la ruche
La PROPOLIS est un de mes produits préférés. Je la
prescris sous toutes ses formes : à mâcher, en spray
buccal, en gélule ou en extrait hydroalcoolique. Elle
est très efficace, à condition d’en prendre suffisamment.
On trouve une excellente propolis à mâcher
dans la gamme Aagaard distribuée par les magasins
de diététique ou sur Internet.
Beaucoup de laboratoires proposent des sprays
pour la gorge à la propolis. Certains sont très faiblement
dosés. Je ne les connais pas tous, évidemment,
mais ma préférence va à :
– Spray à la propolis La Royale, un laboratoire qui
vient du monde de l’apiculture, comme son nom
l’indique, et qui distribue une excellente propolis.
Son spray est bien dosé, il n’est pas trop fort et est
facile à utiliser chez les enfants ;
– Spray buccal à la propolis ARISTÉE, qui est une
autre marque très spécialisée dans les produits de
la ruche. Son spray est plus fort que le précédent,
mais très efficace pour agir sur les microbes et
calmer la douleur ;
– Spray buccal à la propolis LADRÔME, qui est une
des bonnes marques vendues en pharmacie. Elle est
moins concentrée en propolis que les précédentes.
Mais c’est aussi en gélules que je l’utilise dans les
rhinopharyngites si je ne veux pas prescrire d’huiles
essentielles. Dans ces cas-là, il faut en prendre une
bonne quantité : en moyenne, 9 à 12 gélules par
jour en 3 prises. Pour cela, mes préférences vont à
3 marques (par ordre alphabétique) :
– ARISTÉE : leur gamme propose surtout la
propolis verte du Brésil et parfois la propolis de
peuplier « extra-forte » ;
– LA ROYALE : propolis en gélules. Un très bon
rapport qualité-prix ;
– THERASCIENCE Phytomance Propolis : une des
plus concentrées en propolis.
Il existe également un « Elixir de propolis » distribué
par le laboratoire La Royale qui est très efficace et plus
facile à absorber que des gélules, mais un peu plus cher.
L’argent colloïdal pour une action locale
Dans les rhinopharyngites, il existe un anti-infectieux
surtout utile par son effet local et que
je donne donc parfois au début de la pathologie,
quand il y a un mal de gorge important : l’ARGENT
COLLOÏDAL. Il a l’avantage de pouvoir être utilisé
chez tout le monde. Il n’a pas de contre-indication
et une seule précaution d’emploi : ne pas l’utiliser
sur le long cours pour ne pas risquer une intoxication
à l’argent (rare, en réalité).
Dans les rhinopharyngites, je prescris de l’argent
colloïdal à 20 ou 23PPM (le chiffre correspond à sa
concentration en argent) et donne 1 ou 2 cuillères à
café (en fonction de l’âge et du poids) 3 fois par jour à
prendre en gargarisme avant d’avaler. Il aura ainsi un
effet anti-infectieux local, puis un effet plus général.
Il existe des sprays nasaux à base d’argent colloïdal,
mais je préfère ceux cités plus haut. Dans tous les cas,
on utilisera cet anti-infectieux sur le court terme en
se rappelant qu’il est surtout efficace au contact des
microbes, donc par son action locale. Surtout, ne pas
prendre de l’argent colloïdal pendant plusieurs semaines
de suite et encore moins pendant des mois. Ce
n’est pas un produit de prévention.
Le miellat, la « botte secrète »
du Dr Ménat
Le miellat est ma méthode privilégiée.
Il s’agit de préparer un mélange à base de miel et
d’huiles essentielles afin d’utiliser ces dernières
de façon agréable et efficace contre les infections
ORL. Dans un petit ramequin, un coquetier ou une
tasse à café, mettez 1 bonne cuillère à café de miel
liquide et ajoutez les huiles essentielles choisies
pour agir sur votre affection. Bien mélanger jusqu’à
obtenir une substance plus pâteuse et blanchie.
Consommez ce mélange en plusieurs gorgées
réparties sur quelques heures.
On peut aussi préparer un miellat plus important
avec 4 ou 5 cuillères à café de miel et une quantité
d’huiles essentielles nécessaire pour 3 jours, par
exemple, puis le consommer régulièrement au cours
de ces 3 jours. Dans ce cas, préparez ce mélange
dans un petit pot que vous pourrez refermer de
façon hermétique pour conserver les propriétés
des huiles essentielles. Voici une recette de miellat
contre les infections virales.
Mettez dans un petit ramequin :
– 1 bonne cuillère à thé de miel ;
– 1 goutte d’HE de Tea tree ;
– 1 goutte d’HE de Ravintsara ;
– 1 goutte d’HE d’Eucalyptus radié.
Mélangez jusqu’à ce que le mélange blanchisse.
Consommez par petites quantités sur 2 heures
environ. On pourra renouveler ce traitement 3 fois
par jour, de préférence à la fin des repas .
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • DÉCEMBRE 2020 13
Extrait de pépins de pamplemousse :
oui, mais concentré
L’Extrait de pépins de pamplemousse (EPP) est un
autre anti-infectieux qui a des propriétés antivirales
intéressantes, même si ce n’est pas le plus puissant.
Il faut utiliser un EPP le plus concentré possible. Pour
ma part, j’utilise le QuantaEPP (PhytoQuant), qui reste
le plus concentré que je connaisse. En aigu, il ne faut
pas hésiter à prendre 30 à 40 gouttes (suivant le poids)
4 fois par jour pendant 5 à 7 jours.
Il peut y avoir quelques intolérances gastriques. Je
propose parfois aux patients de le garder en bouche
1 min et de s’en gargariser avant de l’avaler pour augmenter
son action locale.
La phytothérapie, utile en prévention
On cite parfois la phytothérapie pour son action antiinfectieuse,
mais, la plupart du temps, cet effet est

lié à la présence d’huiles essentielles dans la plante,


donc autant utiliser l’aromathérapie, qui est bien plus
puissante.
Certains médecins, souvent parce qu’ils ne maîtrisent
pas bien les huiles essentielles (qui, je le rappelle, ont
plusieurs contre-indications et précautions d’emploi),
préfèrent utiliser la phytothérapie.
Pour ma part, je trouve que, en prévention, elle
est incontournable, mais en aigu, elle reste moins
efficace que les produits cités plus haut.
Mais pour être exhaustif, je voudrais citer les plantes
les plus utilisées pour traiter une infection virale :
– Échinacée : c’est avant tout un immunostimulant,
mais avec des propriétés antivirales intéressantes ;
– Cyprès : efficace en extrait total, mais je préfère
utiliser les huiles essentielles issues des conifères
(pin, eucalyptus, cyprès…), même si le cyprès en
phytothérapie conserve une activité antivirale certaine.
PARTIE N°2
Les angines : virales ou bactériennes,
mais toujours aux amygdales
Nous venons de voir en détail les
rhinopharyngites. Vous avez compris
que ces pathologies associent un mal
de gorge plus ou moins important à un
écoulement nasal, voire une toux. La
rhinopharyngite commence souvent par un mal de
gorge, parfois intense, et différencier cette pathologie
d’une véritable angine n’est pas toujours simple.
Est-ce important ? Oui, car si la pharyngite est une pathologie
qui touche le pharynx et est toujours d’origine
virale, l’angine, elle, touche les amygdales et peut être
d’origine bactérienne.
Ça change tout, aussi bien en termes de traitement
que d’évolution.
Des symptômes communs
à la pharyngite
Le terme « angine » vient du latin angere, qui veut dire
« serré », car le symptôme principal est la sensation de
resserrement au niveau de la gorge avec une difficulté
douloureuse à déglutir. La véritable angine touche uniquement
les amygdales, ces formations lymphoïdes
qui font partie de notre système immunitaire. Le patient
décrit un mal de gorge plus ou moins important
et plus ou moins brutal, qui peut toucher un seul côté
ou être bilatéral. Il a particulièrement mal en déglutissant,
en avalant de l’eau ou même sa salive, avec
l’impression que la gorge est « rétrécie ». Il peut aussi
ressentir une douleur au niveau du cou, en regard des
amygdales, avec sensation de gonflement.
— Une douleur aux amygdales
(et non à la gorge)
À l’examen, le médecin va retrouver des amygdales
rouges, c’est-à-dire inflammatoires, souvent gonflées
et présentant parfois des traces ou des points blancs.
Pour une angine « rouge », on parle d’angine érythémateuse.
S’il y a des traces ou un enduit blanc, on
parle d’angine érythémato-pultacée. À la palpation de
14 DÉCEMBRE 2020 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
MAUX DE GORGE
la partie antérieure du cou, le médecin va retrouver
des ganglions plus ou moins gonflés et douloureux,
qui sont la prolongation de l’inflammation des amygdales.
Ces ganglions sont très évocateurs d’une angine
bactérienne. Dans les pharyngites virales, on trouve
parfois des ganglions sensibles dans la partie postérieure
du cou (de chaque côté des vertèbres), mais pas
en regard des amygdales.
Ces traces d’enduit blanchâtre sur les amygdales sont
l’expression de la présence de pus et signent donc également,
dans la majorité des cas, une angine d’origine
bactérienne. Il existe une exception : la mononucléose
aiguë, qui peut donner aussi une angine erythémato-
pultacée bien qu’elle soit liée à un virus appelé
« virus d’Epstein-Barr », ou EBV.
Pas une angine, mais des angines
En pratique, on considère que 20 % des angines sont
d’origine bactérienne et 80 % d’origine virale. Une partie
de ces « angines » virales pourront se surinfecter et
se transformer en angine bactérienne. Inversement,
la plupart sont en réalité un début de pharyngite qui
pourra évoluer en rhinopharyngite.
En quoi tout cela est-il important ? L’angine à streptocoque
et ses conséquences graves
La « véritable angine » bactérienne est potentiellement
une angine à streptocoque. Or, cette infection peut avoir
de lourdes conséquences si le système immunitaire
du patient est fragile. Car les angines à streptocoques
peuvent être graves, évoluer en phlegmon (abcès) de
l’amygdale et surtout entraîner une maladie particulière
qu’on appelle « rhumatisme articulaire aigu » (RAA).
De la pénicilline contre le RAA
Le RAA était très fréquent au début du siècle dernier,
avant que son mécanisme soit mieux compris et
surtout qu’on dispose de pénicilline pour soigner les
angines. La découverte de cet antibiotique a modifié
totalement le pronostic de ces angines bactériennes.
En effet, le RAA se manifestait d’abord par des
douleurs articulaires aiguës et très invalidantes,
d’où son nom, mais se compliquait ensuite par des
atteintes cardiaques irréversibles avec, en particulier,
une destruction des valves cardiaques entraînant une
insuffisance cardiaque grave.
C’est la raison pour laquelle, pendant des décennies,
les médecins ont systématiquement prescrit des antibiotiques
en cas d’angine, quelle qu’elle soit, et même
dans de nombreux cas de pharyngite, au cas où un
streptocoque serait présent. Vous avez compris que,
dans plus de 80 % des cas, c’était totalement inutile.
Angine mal soignée = danger
Avant la découverte des antibiotiques, on pouvait même
mourir des suites d’une angine, et cette maladie a été
pourvoyeuse de nombreuses complications très handicapantes.
Je me souviens avec tristesse de Jacqueline, une patiente
que j’avais suivie au début de mon installation. Petite,
elle avait eu une angine mal soignée ayant entraîné des
lésions de ses valves cardiaques (insuffisance mitrale,
en particulier). Quand je l’ai reçue, elle avait 55 ans et
souffrait d’une forte insuffisance cardiaque à cause de
ces valves définitivement abîmées. Elle était essoufflée
au moindre effort. Il avait été décidé de l’opérer de la
valve mitrale, car elle était vraiment handicapée par
son insuffisance cardiaque.
Malheureusement, les connaissances et les techniques
chirurgicales de l’époque n’étaient pas celles d’aujourd’hui
et, pendant l’opération, elle a fait un infarctus
à cause des caillots présents dans son coeur hypertrophié.
Elle est décédée sur la table d’opération.
Heureusement, ces complications ne se voient pratiquement
plus aujourd’hui, mais il ne faut pas négliger la gravité
d’une angine « blanche ». Si on n’a pas accès à un TDR,
l’observation clinique est malgré tout très évocatrice.
— La mononucléose, une angine
blanche virale
Il existe une autre angine violente avec parfois des dépôts
blancs qui est pourtant d’origine virale : la mononucléose
aiguë. Ce virus peut donner un simple petit mal de
gorge durant quelques jours (c’est pourquoi beaucoup de
personnes ont fait une mononucléose sans le savoir), mais
peut aussi donner une angine hyperalgique accompagnée
d’une fatigue pouvant durer plusieurs mois.
Le diagnostic se fait par un prélèvement de gorge qui ne
retrouve pas de streptocoque et surtout par une prise
de sang qui met en évidence l’infection par le virus
Epstein-Barr (EBV), responsable de la mononucléose.
Le traitement reposera surtout sur l’homéopathie, qui
permet de réduire le temps de convalescence.
La mononucléose découle du virus Epstein-Barr.
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • DÉCEMBRE 2020 15
— La diphtérie : une cause
heureusement disparue
Il existe bien d’autres causes d’angines, à commencer
par la diphtérie due à Corynebacterium diphtheriae, maladie
exceptionnelle en France. Certains diront que c’est
grâce au vaccin qu’elle a disparu, mais d’autres pensent
que c’est surtout lié à l’amélioration des conditions d’hygiène.
On observe des épidémies de diphtérie dans des
populations défavorisées, en particulier en Europe de
l’Est et en Asie. Cela reste malgré tout assez rare.
Les antibiotiques sont particulièrement efficaces sur
la diphtérie, ce qui peut poser la question de l’intérêt
réel d’une vaccination systématique pour une maladie
qui est très rare et que nous savons parfaitement soigner
aujourd’hui avec un traitement simple et efficace.
— La scarlatine : pas si grave
Pour finir cette liste non exhaustive de causes d’angines,
je citerai la scarlatine, une angine liée à un
streptocoque particulier donnant aussi des signes
cutanés. Elle a la réputation d’une maladie grave –
« ça vaut mieux que d’attraper la scarlatine » –, mais,
aujourd’hui, c’est une maladie pas plus grave qu’une
autre angine à streptocoque. Et elle se soigne très facilement
grâce à un antibiotique.
Poser le bon diagnostic pour
donner le bon traitement
Il est donc important de différencier les angines
« blanches », qui sont souvent d’origine bactérienne
et peuvent justifier un antibiotique, des angines
« rouges » en lien avec de nombreux virus (rhinovirus,
coronavirus, adénovirus, myxovirus influenzae…)
pour lesquels les antibiotiques sont sans intérêt.
En pratique, on rencontre beaucoup plus de rhinopharyngites
que d’angines et beaucoup plus d’angines
virales que d’angines bactériennes. Tout cela pour
dire que l’utilisation des antibiotiques reste l’exception
plutôt que la règle. Mais il ne faut jamais prendre
à la légère une angine érythémato-pultacée, l’angine
« blanche » dans le jargon populaire.
Dépister au lieu d’attendre les 5 jours « critiques »
Nous avons fait beaucoup de progrès dans la
compréhension de cette maladie. D’abord, il a été
prouvé qu’il n’était pas nécessaire de donner un
antibiotique dès les premiers maux de gorge. Nous
savons aujourd’hui que nous avons 5 jours pour
prendre cette décision sans risque de voir apparaître
un RAA, qui n’est pas une complication précoce. Ce qui
permet de laisser les symptômes évoluer et de pouvoir
confirmer si l’on est face à une angine erythématopultacée
(la seule qui nécessite un antibiotique) ou
bien dans le cadre d’une rhinopharyngite, qui ne
devrait pas être traitée par antibiotique.
Pour l’homéopathe que je suis, cette situation est
idéale, car face à un mal de gorge, je peux donner un
traitement homéopathique comme détaillé dans les
rhinopharyngites ou comme je vais vous l’expliquer
plus bas, et « voir venir ». Dans de nombreux cas, mon
traitement sera largement suffisant pour permettre
aux symptômes de s’amender et au patient de guérir
progressivement.
Évidemment, je demande toujours à mon patient de
me tenir informé de l’évolution et si, au troisième ou
quatrième jour d’évolution, il n’y a aucune amélioration,
voire il y a une aggravation de l’inflammation des
amygdales, j’envisage la prescription d’un antibiotique.
Or, tous les médecins ne sont pas homéopathes
et, en allopathie, il n’existe qu’un seul type de
traitement en attendant ces 4 à 5 jours d’évolution :
les antipyrétiques et anti-inflammatoires, comme
l’ibuprofène. Ce n’est donc pas très satisfaisant ni pour
le patient ni pour le médecin, qui peut avoir envie de
prescrire un antibiotique tout de suite « au cas où ».
On a donc mis au point une solution très pratique :
le TDR, ou « test de diagnostic rapide », qui permet
de diagnostiquer la présence d’un streptocoque. Le
médecin peut disposer de ce test au cabinet ou on
peut aussi le réaliser dans un laboratoire d’analyses
médicales. Il consiste en un prélèvement avec un petit
coton-tige qu’on passe sur les amygdales et qu’on
met ensuite en contact avec un réactif qui nous dit
immédiatement s’il y a présence de streptocoque.
Si le TDR est négatif, la recommandation est de ne
pas donner d’antibiotique et de prescrire uniquement
des antipyrétiques et des anti-inflammatoires. C’est
là où les approches naturelles que je vais exposer
présentent tout leur intérêt. Si le TDR est positif, la
recommandation est de prescrire un antibiotique afin
de traiter le streptocoque de façon efficace et d’éviter
le risque d’évolution vers un RAA. Aujourd’hui, cette
maladie a quasiment disparu grâce à ce protocole.
16 DÉCEMBRE 2020 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
MAUX DE GORGE
— Angine bactérienne : priorité
aux antibiotiques
Si les symptômes évoquent plutôt une angine bactérienne,
il faut consulter un médecin pour avoir un
diagnostic et un traitement adapté à ce dernier. En cas
d’angine bactérienne prouvée ou fortement suspectée,
il est souvent plus raisonnable de prendre un antibiotique,
même si vous trouverez dans des livres ou sur Internet
des alternatives thérapeutiques.
Quand il s’agit d’un streptocoque, sincèrement, je ne
connais pas de traitement plus efficace et plus rapide
que les antibiotiques. Les médecins prescrivent surtout
de l’amoxicilline, une molécule de la grande famille
des pénicillines. On peut également utiliser de plus
lointains dérivés de la pénicilline qu’on appelle les
céphalosporines, comme Orelox® ou Oroken®, qui
sont très efficaces ou, en cas d’allergies à cette classe
thérapeutique, des macrolides, comme l’azithromycine
ou la clarithromycine.
Accompagner le traitement antibiotique
Prendre un antibiotique ne veut pas dire qu’il n’y a rien
à faire de plus. Si je prescris un antibiotique, je donne
un traitement d’accompagnement qui a 2 objectifs :
1. limiter ses effets secondaires ;
2. accélérer la guérison des symptômes.
Objectif 1 : limiter les effets secondaires
Pour mieux tolérer l’antibiotique et en limiter les effets
indésirables, je donne assez systématiquement :
– des probiotiques pour protéger la flore. Certains
disent que la prise de probiotiques pendant que l’on
prend des antibiotiques ne sert à rien, car ces derniers
les détruisent. Ce n’est pas vrai et plusieurs études
montrent que les probiotiques sont utiles même pendant
la prise d’antibiotiques. Cependant, il faudra souvent
doubler la dose en les prenant matin et soir ;
– parfois de la chlorophylle magnésienne, qui
entretient la flore fongique, réduit les troubles digestifs
et limite le risque de mycose. Mais si un patient fait
facilement des mycoses (en particulier vaginales ou
buccales) quand il (elle) prend des antibiotiques, alors
la chlorophylle ne suffira pas ;
– de l’extrait de pépins de pamplemousse chez les personnes
très sujettes aux mycoses digestives sous antibiotiques.
Chez certains, c’est même insuffisant et il
faudra envisager un remède allopathique comme de
la Fungizone® pour la bouche ou du Gyno-Pevaryl®
pour le vagin, voire du Triflucan®, un antifongique plus
puissant d’action générale. Demandez l’avis de votre
médecin pour ces médicaments ;
– un drainage du foie. Ma préférence va au L114 (Lehning)
qui draine le foie pendant la cure d’antibiotiques.
Pour les plus fragiles, je rajouterai du Desmodium, qui
est le meilleur protecteur du foie. Le L114 se prend à
raison de 30 gouttes avant les 3 repas chez l’adulte.
Objectif 2 : accélérer la guérison
Je rajoute alors souvent de l’homéopathie et quelques
autres traitements naturels. Remèdes homéopathiques
des angines erythémato-pultacées :
– les « MERCURIUS » sont sans aucun doute les plus
utilisés. Il existe plusieurs dérivés du mercure en
homéopathie. Le plus courant est MERCURIUS SOLUBILIS.
On l’utilise en 5 CH. On le donne en cas
d’angine avec « points blancs ». L’angine est aiguë et
douloureuse. La douleur qui irradie vers l’oreille et
surtout la langue est évocatrice : gonflée, chargée
et jaunâtre (même chez le non fumeur), elle garde
l’empreinte des dents. L’haleine est plutôt fétide et la
salive plutôt abondante. Il existe des ganglions cervicaux
antérieurs ;
– MERCURIUS PROTO-IODATUS a des symptômes
proches, mais l’angine touche essentiellement
l’amygdale droite ;
– MERCURIUS BI-IODATUS est son pendant pour les
angines prédominant à gauche ;
– MERCURIUS CYANATUS est proche de SOLUBILIS,
mais avec des lésions des amygdales plus
importantes. Les dépôts blanchâtres recouvrent
des ulcérations saignantes. Les ganglions sont plus
marqués et plus douloureux. On retrouve ce remède
aussi en cas de mononucléose marquée ;
– MERCURIUS CORROSIVUS est encore plus grave,
avec des ulcérations plus marquées et brûlantes
comme des charbons ardents. La déglutition est
hyperalgique, entraînant des spasmes qui rendent
l’alimentation presque impossible. Devant de tels
symptômes, les médecins vont prescrire de la
cortisone en plus de l’antibiotique, mais ça n’empêche
pas de prendre ce remède en 7 CH, 4 à 6 fois par jour ;
– BELLADONNA 5 CH est souvent ajouté à MERCURIUS
en cas de fièvre élevée et aiguë. Il existe également
une inflammation de la gorge avec douleur irradiant
vers les oreilles. Le patient transpire et est aggravé
par le froid, mais aussi par la lumière et le bruit. Il a
soif de petites quantités de boissons.
– PYROGENIUM 9 CH en cas de présence de pus et si
l’état général est altéré.
Autres remèdes utilisés en cas d’angine érythématopultacée
:
– OSCILLOCOCCINUM : 1 dose matin et soir pendant
3 jours au début de la maladie ;
– Granions de CUIVRE : 2 ampoules matin et soir
pendant 4 jours ;
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • DÉCEMBRE 2020 17
– des gargarismes avec de l’ARGENT COLLOÏDAL ;
– de la propolis en spray qui désinfecte localement et
calme la douleur ;
– ou bien des gargarismes avec de la TM (Teinture
mère) de PHYTOLACCA et CALENDULA à raison de
20 gouttes de chaque dans un peu d’eau tiède plusieurs
fois par jour.
En revanche, en cas d’antibiotique, il n’est pas indispensable
de rajouter un autre anti-infectieux comme
la propolis en gélule ou l’aromathérapie.
— Angine non streptococcique :
de l’homéopathie et de la phyto
contre l’inflammation
En cas d’angine « rouge » plus probablement d’origine
virale et/ou de TDR négatif, je donnerai un traitement
totalement naturel associant homéopathie, phytothérapie
et souvent propolis, voire aromathérapie. Ce
traitement devra être réévalué au bout de 4 jours pour
ne pas passer à côté du développement d’une angine
bactérienne à streptocoque.
Beaucoup de remèdes détaillés dans le chapitre des
rhinopharyngites restent valables, car une angine
rouge peut être le début d’une rhinopharyngite. Je ne
vais donc pas tous les détailler, mais vous résumer les
traitements que j’utilise le plus souvent.
Ici nous avons essentiellement une inflammation des
amygdales qui sont rouges, plus ou moins gonflées et
douloureuses. La fièvre est variable. Les ganglions de
la région antérieure du cou sont moins fréquents que
dans l’angine à streptocoques. Je donne en particulier :
1. OSCILLOCOCCINUM : 1 dose matin et soir pendant
3 jours.
2. GRANIONS DE CUIVRE : 2 ampoules matin et soir
pendant 3 à 5 jours pour l’inflammation.
3. Un anti-infectieux, qui sera souvent de la propolis :
3 à 4 gélules 3 fois par jour. Certains patients préfèrent
l’aromathérapie. Je vais y revenir.
4. Un traitement homéopathique pour agir spécifiquement
sur les symptômes et accélérer la guérison.
Si on veut faire simple, on pourra prendre
HOMÉOGÈNE® 9, un complexe homéopathique
spécifique des angines : 1 comprimé à sucer 6 fois
par jour en dehors des repas. Mais on obtiendra de
meilleurs résultats si on cible les remèdes spécifiques
de la réaction du patient. Voici les principaux remèdes
utilisés :
– BELLADONNA : la gorge est très rouge avec douleur
irradiant vers les oreilles. Température élevée et le patient
transpire. La bouche sèche, la soif importante ;
– PHYTOLACCA : la gorge est rouge avec des traînées
vermillon sur le fond de la gorge ou sur les amygdales.
La luette peut être gonflée. Douleur à la déglutition
irradiant vers les oreilles. Les ganglions
sont gonflés et douloureux ;
– APIS MELLIFICA : la fièvre est moins élevée et la
gorge moins rouge que dans Belladonna. On observe
une gorge inflammatoire, plus « rosée », avec
souvent un oedème important de la luette. Les douleurs
sont brûlantes, mais améliorées par le FROID,
ce qui est une modalité importante par rapport aux
autres remèdes. Le malade n’a pas soif ;
– FERRUM PHOS : c’est un remède de début d’infection
moins violente, avec une fièvre moins élevée.
La douleur de la gorge est brûlante et constrictive,
avec souvent une irradiation aux oreilles ;
– CAPSICUM : la douleur brûle comme du poivre et
est améliorée par les boissons chaudes ;
– LYCOPODIUM : c’est un remède de latéralité droite
(côté du foie, car LYCOPODIUM est un grand remède
hépatique). L’angine commence à droite. La
gorge est rouge et sèche. La douleur est améliorée
en buvant chaud ;
– LACHESIS : l’opposé de LYCOPODIUM, grand remède
de latéralité gauche. L’angine commence à
gauche avec une sensation de serrement. Les amygdales
sont gonflées et de couleur rouge sombre. La
douleur est importante et aggravée par les liquides
chauds, et le patient recherche plutôt des aliments
froids.
Tous ces remèdes se prennent en 5 ou 7 CH à raison
de 3 granules 6 fois par jour, voire toutes les heures au
début de l’infection.
Angine rouge ou blanche :
mémento
Angine blanche = angine erythémato-pultacée
= forte suspicion d’une bactérie et en particulier d’un
streptocoque, donc antibiotique à envisager rapidement.
Angine rouge = angine probablement virale, voire
début de rhinopharyngite ou, plus rarement, premier
stade d’une angine qui deviendra blanche. Dans
tous les cas, on peut se donner 3 à 4 jours sans
antibiotiques, mais avec un traitement naturel, et
surveiller l’évolution. Dans la grande majorité des cas,
l’infection évoluera favorablement sans avoir besoin
de recourir à un antibiotique.
18 DÉCEMBRE 2020 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
MAUX DE GORGE
Comme pour les rhumes, on pourra donner aussi en
fonction des causes de l’angine :
– suite de coup de froid sec, de courant d’air, de climatisation
: ACONIT 7 CH (5 granules 3 fois par jour) ;
– suite d’exposition à l’humidité : DULCAMARA 5 CH
(3 granules 3 fois par jour).
Si vous consultez un médecin homéopathe, il pourra
mieux cibler le remède personnalisé qui vous convient
et qui sera sans aucun doute plus efficace.
Un recours utile aux huiles essentielles
L’aromathérapie est sans aucun doute un des antiinfectieux
naturels les plus puissants. Mais elle est
délicate à utiliser et comporte des précautions d’emploi,
ce qui n’est pas le cas de la propolis. C’est pourquoi je
privilégie en priorité ce grand remède issu de la ruche,
car il peut être pris par tout le monde, même les enfants.
En aromathérapie, on a beaucoup de contre-indications
ou de précautions d’emploi chez les enfants et les femmes
enceintes. Si vous aimez utiliser l’aromathérapie et que
vous maîtrisez sa pratique, reportez-vous au chapitre
sur les rhinopharyngites, car ce sont à peu près les
mêmes qu’on utilise dans les angines, à savoir :
– Ravintsara (Cinnamomum camphora cineoliferum),
certainement l’antiviral le plus puissant, même actif
sur le virus de la mononucléose ;
– Arbre à thé ou Tea Tree (Melaleuca alternifolia), un
des très grands remèdes anti-infectieux ;
– Niaouli (Melaleuca quinquenervia), l’autre Melaleuca,
une famille de référence en infectiologie ;
– Origan, une autre huile anti-infectieuse très puissante
et à large spectre ;
– les Thyms, avec une préférence pour le Thym à linalol,
car il est mieux toléré.
On peut aussi citer : Laurier noble, Lavande aspic et officinale,
Citron, Cannelle, et la liste n’est pas exhaustive.
On peut prendre ces huiles essentielles en unitaire :
1 ou 2 gouttes sur un sucre ou un aliment à la fin des
3 epas. Reportez-vous p. 11 pour la préparation magistrale
et p. 12 pour ma recette de miellat.
Enfin, on peut aussi utiliser des complexes tout prêts
proposés par différents laboratoires, comme :
• OLEOCAPS n°1 (HE d’origan seule) : 2 capsules aux
3 repas pendant 3 jours, puis matin et soir pendant
encore 3 jours (contre-indiqué chez les femmes
enceintes et allaitantes et les enfants de moins de
12 ans) ;
• OLIOSEPTIL® gélules nez-gorge : 1 gélule matin,
midi et soir ou 2 matin et soir pendant 5 à 6 jours
Dans les angines, il ne faut pas oublier la voie locale
en aromathérapie. Par exemple, l’HE de NIAOULI : 1 à
2 gouttes sur les poignets (faire pénétrer doucement et
respirer régulièrement) + 1 goutte derrière les oreilles,
sur chaque mastoïde, à faire pénétrer. Ces traitements
seront poursuivis 6 à 8 jours si les symptômes se calment
les 4 premiers jours. En revanche, si au bout de 4
jours l’angine ne s’amende pas et que les douleurs et la
fièvre sont toujours au même niveau, il sera indispensable
de consulter pour envisager une antibiothérapie.
— Les remèdes de grand-mère
qui fonctionnent
Dans les infections virales, on peut aussi utiliser des
méthodes simples et naturelles qui ont fait leurs
preuves depuis des décennies, voire des siècles. Je
pense à tous les vieux remèdes de nos grands-mères,
tous ces « trucs », ces méthodes simples pour enrayer
un rhume ou toute autre infection virale. Elles restent
même valables en cas d’angine bactérienne.
Désencrasser l’organisme
Pour commencer, face à un syndrome infectieux aigu,
il est recommandé de se mettre à la diète. Si vous
êtes malade, c’est que votre organisme est fatigué et
probablement encrassé. Faire une diète permet de
le mettre au repos et ainsi de se concentrer sur ses
défenses immunitaires.
Il sera bien temps, l’infection aiguë passée, dans la période
dite de « convalescence », de bien remanger pour
reconstituer ses réserves. Votre organisme le sait bien,
car, en général, quand on est malade avec de la fièvre
on n’a pas très faim. Les animaux sont un bon exemple
de cette nécessité physiologique. Quand ils sont malades,
ils jeûnent. Dans le même temps, se reposer,
lever le pied, accepter de dormir quand le corps le demande
est aussi un bon moyen de se guérir plus vite.
En pratique, il s’agit de faire une petite diète avec une
En cas d’une angine rouge comme ici, adoptez la diète en premier réflexe. alimentation légère et beaucoup de boissons. On peut
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • DÉCEMBRE 2020 19
prendre des tisanes, des soupes, du bouillon de légumes,
un plat de riz ou de quinoa, une compote, mais il faut supprimer
les aliments gras, les produits sucrés et limiter les
protéines animales. Et, bien entendu, tous les laitages !
Boire chaud
Parmi les boissons que je conseille, 3 ont ma préférence :
• le « miel-citron chaud » : presser le jus de 1 citron
bio dans un bol, verser de l’eau bien chaude et sucrer
au miel. Déguster cette excellente boisson plusieurs
fois par jour, et alterner avec :
• une tisane de thym. Le thym est un grand antiinfectieux
et, en cas d’infection aiguë, c’est sans aucun
doute la tisane la plus utile. Elle est, par ailleurs, très
agréable au goût, légèrement sucrée avec du miel si
nécessaire ;
• pour ceux qui aiment, je propose souvent au cours
de l’hiver, en cas d’infection, mais aussi parfois à
titre préventif dans les périodes d’épidémie, une
bonne soupe à l’ail !
Parfois, je propose aussi des vins chauds pleins
d’épices bien antiseptiques, comme la cannelle et
le clou de girofle, mais je trouve que c’est plus une
boisson préventive que curative. Je suis certain que
vous connaissez d’autres remèdes traditionnels
pour vous débarrasser d’un vilain virus, mais ceux
proposés ici sont très fidèles et peuvent être proposés
pratiquement à tous.
PARTIE N°3
La prévention :
une démarche redoutable
contre les infections ORL !
Mieux vaut prévenir que guérir ! Ce
vieux dicton n’a jamais été aussi
vrai que dans la prévention des
infections hivernales. Et la situation
sanitaire actuelle ne fait que
renforcer l’importance de cette prévention.
Je n’ai pas peur de le dire même si je n’ai pas d’études
randomisées pour l’affirmer : la prévention que
j’applique chaque année, comme tous les médecins
homéopathes, chez tous mes patients qui en font la
demande est d’une efficacité redoutable !
Ce sont des centaines et même des milliers de patients
qui m’ont tous fait la même remarque : « Depuis que je
prends votre traitement, je ne suis plus malade l’hiver ! »
Je ne fanfaronne pas et ce n’est pas par excès d’orgueil.
Je ne suis pas le seul à avoir ces résultats. Je l’exprime
pour que vous sachiez que c’est possible.
Investissez dans votre santé
Évidemment, comme tous les médecins homéopathes,
j’ai un biais de recrutement. Mes patients s’intéressent
à leur santé. Ils sont proactifs puisqu’ils réclament une
prévention. Ils font surtout attention à leur hygiène de
vie et n’hésitent pas à s’investir pour leur santé.
La prévention des infections à répétition est devenue le
principal motif de consultation à l’automne. Et la plupart
de ces patients reviennent l’année d’après pour refaire la
Ma recette de soupe à l’ail
Coupez finement 3 ou 4 belles gousses d’ail. Faitesles
blondir dans 1 bonne cuillère à soupe d’huile
d’olive bio puis ajouter ¾ de litre d’eau et faites
bouillir 10 à 15 min. En fin de cuisson, ajoutez un
jaune d’oeuf mélangé au préalable avec une cuillère à
café de vinaigre de vin. Retirez du feu puis ajoutez le
blanc de l’oeuf en fouettant vigoureusement. Salez et
poivrez en fonction de votre goût. Certains ajoutent
du lait, mais je me méfie beaucoup des laitages en
général et surtout en cas d’infections.
Dégustez 1 ou 2 assiettes de cette soupe le soir
au dîner et vous verrez que vous irez mieux le
lendemain. Peut-être aurez-vous passé votre nuit
à bien transpirer, ce qui est un excellent signe de
défense de l’organisme.
20 DÉCEMBRE 2020 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
MAUX DE GORGE
même prévention. Ce sont des patients de tous âges qui
consultent dès la rentrée dans le but de passer un bon hiver
sans être malades tous les mois ! Et comme, en dehors
du vaccin contre la grippe, l’allopathie ne propose rien,
nous avons beaucoup de demandes. Malheureusement,
nous sommes de moins en moins nombreux à exercer
du fait de la chasse aux sorcières que mènent certains
« bien-pensants » qui estiment que la médecine se limite
aux études randomisées en double aveugle. C’est toute la
différence entre les experts autoproclamés, qui passent
plus de temps sur les plateaux TV que face aux malades,
et des vrais médecins, comme le Pr Raoult, qui soignent
vraiment ses patients.
— Pas de garantie, mais des risques
en moins
Évidemment, prendre un traitement préventif ne veut
pas dire qu’on ne sera pas du tout malade, mais que
les infections seront beaucoup moins fréquentes et
qu’elles se guériront beaucoup plus vite.
Tout le monde fait 2 ou 3 rhumes en moyenne chaque
hiver. Pour certains, c’est juste un nez qui coule
pendant 3 jours et, pour d’autres, surtout s’ils sont
fragiles et sans traitement de terrain, ce sont des
sinusites, des trachéo-bronchites qui peuvent durer
des semaines et qui récidivent au moindre courant
d’air. Les traitements préventifs sont assez simples
à mettre en place avec un peu de motivation et de
persévérance, car ils seront à poursuivre d’octobre à
avril en moyenne.
En effet, le risque d’infection est fonction de chaque
personne, de son terrain, de son rythme de vie, mais
aussi de la froideur de l’hiver. On a 3 grandes périodes
de risque chaque hiver :
1. les premiers froids, entre octobre et novembre
suivant les années et aussi le lieu d’habitation
(à Paris, les gens sont malades plus tôt qu’à
Toulouse !) ;
2. la période des fêtes ou les excès alimentaires, mais
aussi la promiscuité entre les personnes favorisent
les infections et les épidémies ;
3. le printemps, où on se fait piéger par les premiers
beaux jours et où les virus foisonnent. Rappelezvous,
« en avril, ne te découvre pas d’un fil » !
Le risque est toujours plus grand avec des temps
« mous » et très changeants (passant du froid au
chaud), alors que les épidémies sont moins fréquentes
quand il fait un temps bien froid et sec.
En dehors des précautions de bon sens – se couvrir
quand le temps est mauvais, éviter de garder les pieds
mouillés, se méfier quand on croise des malades et
appliquer les gestes barrières de base –, voyons quels
traitements préventifs on peut mettre en place.
L’alimentation : votre pilier no 1
L’alimentation est la base de toute prévention. Certains
médecins pensent qu’il faut éviter les carences l’hiver.
Ce n’est pas faux, mais c’est très accessoire. Il faut
surtout éviter d’encrasser l’organisme et protéger la
flore et l’intestin. Si notre organisme est encrassé,
il va devoir éliminer ces toxines. À cause d’une
alimentation mal équilibrée et parfois une fragilité
du foie, on va éliminer cet encrassement par la peau
(eczéma) et surtout par les muqueuses. Ce sont les
« colles », comme les appelaient nos grands-parents,
ces sécrétions chroniques, plus ou moins épaisses, qui
font le lit des infections.
Une des grandes causes d’infection ORL chronique, c’est
l’encrassement qui entraîne des sécrétions chroniques
des différentes muqueuses (nez, gorge, poumons…).
Les patients se plaignent d’un écoulement chronique
du nez, souvent postérieur irritant en permanence
la gorge. Car ces écoulements liés à l’encrassement
sont irritants. Quand on mange mal, on a souvent un
terrain acide.
N’oublions pas que l’intestin fabrique 80 % des
anticorps qui vont défendre nos voies respiratoires.
Si l’alimentation est déséquilibrée, l’intestin et la flore
le seront aussi, et notre immunité en sera impactée,
favorisant les infections chroniques qui traînent à
cause d’un système immunitaire déficient.
Pour prévenir les infections ORL, il suffit en général de
mettre en place une alimentation équilibrée, faisant
appel à des aliments naturels. Mais si une personne
présente des infections chroniques, il est possible qu’elle
ait des fragilités, des intolérances, et il faudra souvent
aller un peu plus loin. Voici les principales règles.
— Méfiez-vous des laitages
Très vite dans ma carrière de médecin, j’ai constaté
à quel point les laitages pouvaient être source de
fragilités et de pathologies, en particulier digestives et
ORL.
Quand un patient, quel que soit son âge, me consulte
pour des infections ORL à répétition, je commence
par réduire sa consommation de laitages, surtout
ceux contenant beaucoup de lactose, comme tous les
laitages « frais » et « crus ». Ceux qui sont dépourvus de
lactose sont surtout les fromages à pâte cuite, comme
l’emmental, l’Ossau-Irati ou le comté.
Donc, pour moi, la priorité est de réduire les laitages
en supprimant avant tout :
• le lait ;
• les desserts lactés ;
• les laitages frais, comme les yaourts et le fromage
blanc.
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • DÉCEMBRE 2020 21
Ils seront remplacés avantageusement par des desserts
végétaux à base de soja ou d’oléagineux (lait d’amande,
de noisette…), à condition de bien les tolérer.
— La recherche d’intolérances
alimentaires
Si le lactose est le plus fréquemment impliqué,
beaucoup de patients fragiles peuvent aussi présenter
de véritables intolérances à certaines protéines, du
lait comme d’autres aliments. C’est pourquoi, en cas
de fragilité ORL importante ou en cas d’échec des
premiers traitements, je propose de réaliser un test
IMUPRO permettant de repérer toutes les intolérances
alimentaires du patient2.
Quand ces intolérances existent et qu’on les prend en
charge, les résultats sont toujours au rendez-vous et
parfois spectaculaires. Je pourrais citer des centaines
de cas où j’ai assisté à des améliorations presque
inattendues grâce à cette démarche.
C’est chez les enfants autistes que j’ai eu les
améliorations les plus marquantes. En effet, ces
enfants ont très souvent des troubles digestifs et
des fragilités ORL. C’était le cas d’Arthur, 4 ans,
diagnostiqué autiste, avec tout son cortège de troubles
de la communication.
Il était malade tous les hivers, pratiquement en
permanence, et devait prendre des antibiotiques tous les
mois, ce qui n’arrangeait pas ses colites qui, elles-mêmes,
étaient source d’agitation, de cris et d’automutilation.
J’ai proposé aux parents de réaliser un test IMUPRO
qui a mis en évidence une intolérance au gluten et aux
oeufs, mais aussi au kiwi, à la banane et aux amandes.
Nous avons décidé de supprimer ces aliments de ses
repas ainsi que le lactose, mais sans supprimer tous
les laitages, puisqu’ils ne sortaient pas dans le test (il a
conservé du fromage de chèvre et de brebis sous forme
de pâtes cuites).
En moins d’un mois, ses douleurs abdominales ont
disparu et, tout à coup, Arthur est devenu calme,
beaucoup plus éveillé et communicant. Et l’hiver qui
a suivi, il n’a pris aucun antibiotique. Ses otites ont
totalement disparu et il n’a fait que 3 petits rhumes vite
enrayés grâce à l’homéopathie.
— Fuyez l’alimentation encrassante
Tout le monde n’a pas d’intolérances alimentaires et tout
ne vient pas du gluten ou du lait. Certaines personnes
n’ont jamais appris à manger correctement. D’autres,
qui sont constitutionnellement minces, considèrent
qu’elles peuvent manger « n’importe quoi ». Beaucoup
de personnes jugent la qualité de leur alimentation
uniquement par leur poids ! Pourtant, une alimentation
déséquilibrée, au-delà des intolérances décrites ci-dessus,
peut facilement encrasser l’organisme et favoriser les
« colles », ces écoulements de mucus, de glaires, de
sérosités, qui sont épais, collants, blanchâtres (ce n’est pas
du pus) et qui encombrent notre système ORL.
J’ai eu la chance d’apprendre tous ces phénomènes très
tôt au cours de mes études. Pas à la faculté de médecine,
où ces notions ne sont jamais abordées, mais grâce à
l’enseignement de Robert Masson, un naturopathe
célèbre qui m’a fait comprendre les liens entre santé
et alimentation avec une vision à la fois rigoureuse,
physiologique, mais aussi très globale, holistique. Il
résume très bien ces notions d’alimentation encrassante
dans un de ces livres : La Révolution diététique par
l’eutynotrophie, qui date déjà de 1986. Il n’est pas facile
à trouver, mais Robert Masson a repris toutes ces
notions dans ses derniers livres, dont La Diététique de
l’expérience, aux éditions Trédaniel.
Depuis 30 ans que j’applique ses conseils, je n’ai pas trouvé
une meilleure approche pour améliorer la santé de mes
patients en dehors de la recherche des intolérances
alimentaires. Je peux résumer ainsi les propositions de
mon ami Robert Masson, disparu il y a peu :
• éviter la suralimentation, c’est-à-dire les excès de
toute sorte ;
• éviter le grignotage, sans aucun doute la plus grande
cause de pathologies liées à l’alimentation ;
« Des gens viennent vous voir
alors qu’ils ne sont pas malades ? »
Je me rappelle il y a 20 ans quand j’ai déménagé
et que je suis allé pour la première fois chez un
coiffeur près de mon cabinet. Il était totalement
surpris quand je lui ai expliqué ce que je faisais et
m’a dit en ouvrant de grands yeux : « Comment ?
Les gens viennent vous voir sans être malades ? Et
ils payent pour ça ? » Il est certain que, à l’opposé,
de trop nombreuses personnes arrivent chez le
médecin en disant en substance : « Voilà mon corps,
docteur, soignez-le, mais ne me demandez rien et
surtout pas d’efforts pour changer mes habitudes.
Et il faut que ce soit gratuit ! »
Si une personne veut prendre les traitements
que je propose dans les pages suivantes sans
faire un réglage alimentaire indispensable ou en
continuant à fumer 2 paquets de cigarettes, ce sera
probablement moins efficace. Mais même chez le
fumeur, on arrive à obtenir de bons résultats, si le
patient accepte de s’investir dans sa santé.
22 DÉCEMBRE 2020 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
MAUX DE GORGE
• éviter les aliments très indigestes : graisses cuites,
alcool, aliments industriels riches en sucres rapides
ou en graisses trans et j’en passe ;
• attention aux associations alimentaires. Ce dernier
point est mal connu, souvent négligé et ne fait pas
vraiment consensus, même entre les spécialistes
des médecines naturelles. Mais de par mon
expérience d’une trentaine d’années, la moitié de la
population au moins digère mal les fruits crus aux
repas. J’ai amélioré le quotidien, la santé, de milliers
de patients en leur demandant simplement de ne
plus prendre de fruits crus ou de jus de fruits aux
repas ! C’est une source d’inflammation digestive et
donc d’encrassement et d’inflammation ORL.
Ce dernier point est essentiel et je voudrais m’y
attarder un peu. Nos muqueuses ORL sont la stricte
continuité de nos muqueuses digestives. Il y a un lien
direct entre la gorge, le nez et l’intestin. Et je vous
assure que toute inflammation de l’intestin pourra
entraîner une inflammation ORL chez les personnes
prédisposées.
C’est pourquoi traiter l’intestin, et donc l’alimentation,
est un passage obligé, une démarche indispensable
pour la prévention des infections ORL.
— Surveillez vos carences
Je finirai le chapitre alimentation en évoquant tout de
même les carences. Il est certain qu’une alimentation
industrielle, peu diversifiée et utilisant peu de produits
frais va entraîner des carences en vitamines et en
oligoéléments. Et certaines carences vont réduire nos
capacités de défense.
C’est particulièrement vrai des carences en :
• vitamines en général ;
• vitamines C et D en particulier ;
• oligoéléments pour la plupart, mais surtout le zinc,
le sélénium, le manganèse, le cuivre et j’en passe ;
• protéines. Ce point est souvent oublié ou négligé, mais
sans protéines, pas de système immunitaire. D’ailleurs,
quand une personne présente une dénutrition, elle
Cas de patiente : Françoise et ses pharyngites chroniques
Françoise était venue me consulter pour des
problèmes ORL chroniques. Tout l’hiver, elle avait
le nez qui coulait dans la gorge et finissait par avoir
des pharyngites chroniques très handicapantes.
Évidemment, cela finissait par se surinfecter et elle
faisait en moyenne 3 cures d’antibiotiques par hiver.
Pour certains médecins, ça paraît peu, mais pour
moi, c’est trop et totalement anormal. Mon objectif,
c’est que mes patients n’aient pas à prendre plus d’un
antibiotique chaque hiver.
Françoise avait un terrain allergique et une tendance
aux selles molles. Autant de symptômes pouvant
évoquer des intolérances alimentaires. Sur ma
proposition, elle a accepté de réaliser un test IMUPRO.
On a trouvé une intolérance au gluten et à tous les
laits animaux, mais aussi aux levures et au miel.
Ces 2 dernières évoquent toujours des problèmes
de candidoses. En les recherchant, j’ai effectivement
trouvé un excès de levures dans son intestin qui
expliquaient une partie de ses troubles intestinaux.
Elle avait déjà eu un traitement pour ces candidoses,
mais ça avait récidivé, certainement à cause de
ses intolérances alimentaires, qui sont un terrain
très favorable au développement d’une dysbiose
intestinale (perturbation de la flore bactérienne, et
aussi fongique), mais aussi aux antibiotiques itératifs,
qui favorisent le développement de mycoses.
J’ai donc pris en charge :
• ses candidoses par un traitement spécifique ;
• ses intolérances alimentaires par l’exclusion des
aliments positifs au test ;
• sa flore intestinale ;
• son système immunitaire (voir ci-dessous).
Là encore, les résultats ont été au rendez-vous, car elle
n’a pas pris un seul antibiotique l’hiver suivant. Elle a
conservé pendant 2 ans un nez fragile qui coulait par
périodes (surtout en cas d’excès alimentaires), mais
elle n’a plus ressenti ces pharyngites douloureuses,
acides, et son confort de vie a été très amélioré. Son
transit s’est régulé et ses allergies se sont estompées.
Ne croyez pas que je cherche à vous impressionner
avec ces histoires. Je pourrais sans difficulté recueillir
des centaines de témoignages sur des histoires
analogues. Je ne dis pas que cette approche guérit
tous les patients de tous leurs symptômes, mais, dans
tous les cas, ils sont nettement améliorés et beaucoup
moins malades l’hiver.
Mais prendre en charge l’alimentation et les
intolérances alimentaires est sans aucun doute la
démarche prioritaire pour passer de meilleurs hivers.
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • DÉCEMBRE 2020 23
perd ses muscles, a un coeur faible et un système
immunitaire totalement déficient. C’est pourquoi
une maladie bénigne comme la rougeole est trop
souvent mortelle dans certains pays sous-développés
où règnent des famines, et reste pourtant une maladie
souvent banale chez une personne bien nourrie et en
bonne santé. D’ailleurs, vous qui me lisez, si vous avez
plus de 40 ans, vous avez eu probablement la rougeole
et tout votre entourage aussi, et les cas graves ont
toujours été exceptionnels dans notre pays, quoi qu’on
en dise aujourd’hui !
Donc, il faudra être attentif à l’équilibre et à la diversité
de l’alimentation, favoriser une alimentation naturelle
encore une fois avec des produits frais et de qualité.
Quand je prends en charge un patient qui présente
une fragilité hivernale marquée, je commence souvent
par une cure de multivitamines et je rééquilibre son
alimentation sur le plan protidique.
— Ne négliger ni son intestin
ni sa flore…
Notre système immunitaire dépend en grande partie
de notre intestin et surtout de l’équilibre de notre flore.
Le jour où j’ai compris ça, j’ai eu de bien meilleurs
résultats avec mes traitements de prévention. Et il est
bien dommage que cette notion ne soit pas connue
et appliquée par tous les médecins. Pourtant, il existe
beaucoup d’études qui prouvent ce lien, ce n’est pas
le fruit de mon imagination. Et l’expérience clinique
confirme, ce qui n’est pas toujours le cas, les travaux
scientifiques théoriques.
Pour « soigner » l’intestin, il faut d’abord appliquer
les règles diététiques ci-dessus. Ensuite, je propose
systématiquement, au moins à l’entrée de l’hiver, mais
souvent de façon répétée pendant toute la saison froide :
– un probiotique ou un symbiotique (association d’un
prébiotique et d’un probiotique) tous les jours ou
1 jour sur 2, en alternance avec
– de la chlorophylle magnésienne, qui agit sur la flore
fongique, trop souvent négligée.
Si les symptômes, voire les examens, m’orientent vers
une hyperperméabilité intestinale, je rajoute des cures
de L-Glutamine.
Si le patient présente des selles molles, des gaz
malodorants, je suspecte une dysbiose, c’est-à-dire un
dérèglement et un déséquilibre de la flore. Dans ce cas,
on pourra faire appel :
– aux huiles essentielles : surtout la Cannelle, mais
aussi la Menthe, le Thym et quelques autres ;
– au curcuma, qui agit surtout sur l’inflammation ;
– aux extraits de pépins de pamplemousse pour agir
surtout sur les levures.
Je ne veux pas rentrer dans le détail de ces traitements
qui nécessitent de l’expérience. Si vous présentez ces
symptômes, je vous recommande de consulter un médecin.
Reportez-vous aussi à la synthèse en fin de dossier.
Renforcer son système
immunitaire : votre pilier no 2
Nous arrivons au coeur des traitements préventifs :
l’action sur le système immunitaire. Les médecines
naturelles offrent de nombreuses solutions
particulièrement efficaces. Inversement, il n’existe
aucun traitement allopathique dans ce domaine, et
les médecins, pour des raisons que je ne comprends
toujours pas, ne sont pas formés à stimuler notre
immunité pour prévenir les maladies hivernales.
— L’indispensable supplémentation
en vitamine D
La vitamine D est connue pour son rôle sur la croissance
et la solidité osseuse, mais elle est bien plus que
ça ! D’ailleurs, on la considère parfois autant comme une
hormone que comme une vitamine. Elle a des propriétés
anticancer bien démontrées, mais elle est également
nécessaire au bon fonctionnement de notre immunité.
Quand j’ai découvert l’importance de la flore intestinale,
j’ai fait un bond en avant dans mes résultats. Quand j’ai
compris le rôle de la vitamine D, j’ai encore divisé par
2 le nombre d’infections hivernales chez mes patients.
Aujourd’hui, il me paraît indispensable de doser le taux
sanguin de vitamine D chez les patients fragiles. Pour des
raisons curieuses, cet examen est maintenant à la charge
du patient (autour de 12 euros). Pourtant, les carences en
vitamine D sont fréquentes et je vous assure que, lorsqu’on
les corrige, les patients deviennent vraiment moins
fragiles l’hiver, sans parler des autres actions majeures de
la vitamine D sur notre santé. À tel point que même l’Académie
de médecine a publié une recommandation pour
supplémenter les patients en vitamine D afin d’améliorer
leurs défenses contre la Covid-19 ! D’autant plus que, officiellement,
plus de 60 % des personnes présentent un
déficit en vitamine D ! Et d’après mon expérience, c’est
même plus que ça ! Les raisons sont multiples et je ne
rentrerai pas dans les détails.
Mais une chose est sûre, la prévention hivernale passe
par un dosage sanguin de la vitamine D et par une supplémentation
suffisante chez les personnes carencées.
Pour ma part, je donne à mes patients les produits suivants
:
– ZymaD, qui est la seule vitamine D vendue en pharmacie
sans aucun excipient chimique. On peut
prendre en moyenne 5 à 10 gouttes par jour (la prise
quotidienne est plus efficace) ou, éventuellement,
1 dose de 50 000 unités 1 dimanche sur 2 ;
24 DÉCEMBRE 2020 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
MAUX DE GORGE
– DEDROGYL, une autre vitamine D remboursée par
la Sécurité sociale qui est très efficace à prendre
à raison de 4 gouttes par jour, mais qui contient
malheureusement un excipient chimique (le
propylèneglycol) ;
– de la vitamine D naturelle en gouttes comme le
proposent de nombreux laboratoires (mais non
remboursée). Il faut utiliser des produits dosés à
1 000 unités par goutte et prendre 3 à 5 gouttes par
jour en moyenne.
Quels que soient le produit et la dose, je contrôle toujours,
au bout de quelques mois, le dosage sanguin afin
de savoir si mon traitement est suffisant. Chaque patient
a ses besoins et son produit de prédilection. Apprenez
à trouver le vôtre. Je supplémente les patients au
minimum d’octobre à avril.
— De la vitamine C,
mais pas systématiquement
Elle est moins efficace que certains ne le disent, mais
elle reste très utile pour la prévention des infections
hivernales.Je ne l’utilise pas systématiquement, lui
préférant parfois les cures de multivitamines (voir cidessous).
J’utilise uniquement des vitamines C naturelles et je
donne entre 300 et 1 000 mg par jour.
– Soit sous forme de comprimés à croquer, issue de
l’acérola en général. Il faut absolument vérifier la
composition pour être sûr qu’il n’y a pas d’ajout de
produits chimiques et vérifier la teneur exacte en
acide ascorbique (le nom scientifique de la vitamine
C). Par exemple :
• l’acérola du laboratoire La Royale dosée à 500 mg de
vitamine C 100 % naturelle par comprimé : 1/2 comprimé
à croquer le matin et le midi en fin de repas ;
• la vitamine C acérola de Physiomance dosée à 180 mg
100 % naturelle par comprimé : prendre 1 comprimé
matin et midi.
– Soit sous forme de vitamine C liposomale, une forme
moderne qui permet a priori une meilleure absorption,
mais surtout une meilleure utilisation de cette vitamine
fragile. Plusieurs laboratoires proposent maintenant
ces produits, comme le QuantavitC de PhytoQuant,
qui offre un des meilleurs rapports qualité-prix avec
365 mg de vitamine C par gélule. Prendre 1 gélule matin
et midi.
On peut aussi utiliser de plus fortes doses de vitamine C
dans la prise en charge d’une infection aiguë. Dans ce
cas, il faut utiliser une vitamine C de synthèse, sinon
cela revient très cher. Je ne détaillerai pas cette technique,
car ce n’est pas le sujet.
— Le zinc : indispensable pour
votre immunité
C’est probablement le traitement complémentaire le
plus étudié au cours de l’épidémie de Covid-19, à tel
point que plusieurs spécialistes l’ont proposé comme
traitement de la phase aiguë de la maladie.
Ce n’est pas une surprise, car le zinc est connu
depuis longtemps pour son action sur nos défenses
immunitaires. C’est un cofacteur de nombreuses
réactions enzymatiques impliquées dans la fonction
immunitaire. Il joue un rôle de régulateur de

l’immunité humorale et cellulaire.


Or, les carences en zinc sont bien plus fréquentes qu’on
ne le pense. D’autant plus que les normes des dosages
sanguins nous paraissent un peu trop larges et ne permettent
pas de mettre en évidence des subcarences.
Cet oligoélément a des propriétés antivirales bien
établies3. On sait depuis 2010 que le zinc a même une
action spécifique sur les coronavirus en empêchant la
réplication du virus, donc sa virulence4.
Une étude publiée dans le BMC Medicine montre que parmi
350 enfants souffrant d’une pneumonie sévère, ceux
qui ont reçu du zinc en plus des antibiotiques ont eu trois
fois plus de chances de survivre ! Il y a eu 7 morts dans le
groupe « avec zinc » contre 21 morts dans le groupe « sans
zinc » ! Cette étude n’est pas en lien avec la Covid-19, mais
montre dans la vraie vie ce que peut entraîner une carence
ou une supplémentation en zinc.
Une autre étude a été réalisée où on a supplémenté
en zinc des patients atteints du sida en complément
du traitement classique. Les patients recevant du zinc
ont eu une réponse immunitaire 4 fois supérieure au
groupe témoin5.
D’ailleurs, de nombreux médecins font part actuellement
sur les réseaux sociaux de leurs résultats positifs
en prescrivant du zinc à leurs patients.
Beaucoup de raisons qui font que, comme pour la viUne
carence en zinc affaiblit l’immunité, d’où l’intérêt de se supplémenter. tamine D, je fais doser le taux sanguin de zinc et je
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • DÉCEMBRE 2020 25
propose une supplémentation chaque fois que cela est
nécessaire. Il faut prendre entre 15 et 30 mg de zinc
par jour sous forme de gluconate ou de bisglycinate
de zinc.
— Anémie = système immunitaire
affaibli
Le fer est un autre minéral essentiel pour notre immunité,
surtout par son rôle dans l’oxygénation des cellules.
Il est un peu à part pour plusieurs raisons et je ne
le donne jamais avec les autres, car :
• les besoins en fer doivent être mesurés et les posologies
adaptées à chaque personne ;
• l’excès de fer est mauvais pour la santé, donc il ne
faut pas le donner sans contrôle sanguin ;
• le fer ne s’associe pas bien aux autres oligoéléments
et il est préférable de le prendre seul en comprimé.
Mais si une personne est carencée en fer, il en découle
une tendance à l’anémie et automatiquement des défenses
immunitaires amoindries.
Devant toute fragilité hivernale, il est indispensable de
rechercher une anémie et une carence en fer qu’il faudra
donc corriger en fonction des dosages sanguins.
Pour cela, j’utilise surtout :
– Inofer® (vendu en pharmacie) doit être pris à petites
doses (2 à 3 par jour), sinon il est mal toléré par
l’intestin, et donc pendant assez longtemps pour
corriger les carences ;
– Feromag® (Lescuyer) est un des fers « naturels » les
plus efficaces tout en étant bien toléré. Il faudra souvent
des cures de 3 à 4 mois ;
– Floradix® fer et plante est une spécialité que j’aime
bien proposer aux enfants qui ont très souvent une
anémie comme cause aggravante de leurs infections
ORL hivernales.
— Une cure « multivitamines »
pour un hiver serein
On utilise souvent le terme « multivitamines », mais
ces produits contiennent souvent une association de
vitamines et d’oligoéléments. D’autres vitamines que la
vitamine C (celles du groupe B en particulier) et plusieurs
oligoéléments (sélénium, manganèse, cuivre…) ont un
rôle direct ou indirect sur nos défenses immunitaires.
Ces vitamines et minéraux se dosent rarement dans
le sang, car ce n’est pas très fiable et ce n’est pas
remboursé. Comme les excès sont rares et sans réel
risque, je donne régulièrement à mes patients des
cures de vitamines et oligoéléments pendant l’hiver si
leur alimentation n’est pas assez diversifiée.
J’utilise pour cela différents produits :
– Bion®3 défense Sénior (vendu en pharmacie) est un
bon complexe assez complet : prendre 1 comprimé
le matin ;
– Quantavital (PhytoQuant) apporte tous les micronutriments
nécessaires au fonctionnement de nos
cellules : prendre 2 gélules le matin ;
– Vitamines & Minéraux (Physiomance), tout aussi
complet : prendre 2 gélules le matin.
Mais il en existe bien d’autres ! J’aime bien proposer ce
type de cure au début de la saison froide (novembre) puis
en janvier et parfois aussi en fin de saison (mars-avril).
D’autant plus qu’en hiver, la consommation de fruits et
légumes est réduite, et avec elle l’apport en vitamines !
— La phytothérapie pour stimuler
les défenses
Il existe plusieurs plantes immunostimulantes, mais
l’une d’elles est incontournable. Non seulement parce
qu’elle bénéficie de nombreuses études scientifiques,
mais aussi parce qu’elle est simple d’emploi et sans
aucun risque.
L’échinacée en première intention
On utilise sa racine, issue de 2 espèces :
1. Echinacea angustifolia, très efficace, mais moins utilisée,
car plus difficile à cultiver ;
2. Echinacea purpurea, tout aussi efficace que la précédente
et qui bénéficie de nombreuses études
scientifiques.
Lavez-vous le nez comme vous
vous lavez les dents !
La plupart des infections ORL viennent du nez, et
tous mes protocoles de prévention comprennent un
traitement pour les fosses nasales. C’est vrai aussi
bien chez l’enfant que chez l’adulte, et cela a été
encore confirmé avec le coronavirus.
Je prescris donc systématiquement, en prévention des
infections ORL, un nettoyage du nez tous les soirs au
coucher à l’aide de sérum physiologique additionné
d’oligoéléments : du cuivre la plupart du temps, sauf
chez les allergiques, à qui je donne des spécialités à
base de manganèse. J’utilise en particulier :
• Stérimar® cuivre ou Stérimar® manganèse ;
• Oligorhine® ou Oligorhine® manganèse ;
• Rhinodoron® (Weleda).
26 DÉCEMBRE 2020 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
MAUX DE GORGE
Les principales propriétés d’Echinacea purpurea sont :
• elle augmente le nombre de globules blancs et stimule
la rate ;
• elle stimule l’activité des macrophages, donc de l’immunité
innée6,7, effet retrouvé dans une étude chez le
rat dont l’immunité est stimulée de façon globale8 ;
• elle améliore l’immunité chez des souris immunodéficientes9
;
• c’est un antiviral (elle participe à la destruction des
virus) et elle réduit l’inflammation liée à l’infection10 ;
• de ce fait, elle empêche les microbes d’agresser les
muqueuses et limite leur progression.
L’échinacée est vraiment une des meilleures plantes
immunostimulantes et fait partie de beaucoup de protocoles
de prévention des infections hivernales. Elle a
l’avantage d’être aussi un peu dynamisante.
Les autres plantes immunostimulantes
• L’Astragale est moins connue, mais pourtant très
intéressante. Elle est surtout utilisée en Chine où
on l’appelle Huang qi. Son nom latin est Astragalus
membranaceus. La médecine traditionnelle
chinoise l’utilise comme tonique, pour prévenir
l’affaiblissement du malade, le protéger contre les
infections et augmenter son endurance. Des études
actuelles montrent des effets anti-inflammatoires,
immunostimulants et antioxydants11.
• Le Ginseng (Panax ginseng) est avant tout un
stimulant physique et intellectuel, mais possède
aussi des propriétés immunostimulantes. Je
l’utilise chez les personnes très fatiguées pendant
l’hiver ou ceux qui préparent des examens.
• Le Gingembre (Zingiber officinale) est avant tout
une plante digestive et tonique, mais, comme le
ginseng, elle est immunostimulante et elle a aussi
des propriétés antivirales et antibactériennes.
• Le Maitaké et le Shiitaké sont des champignons immunostimulants,
mais plutôt utilisés en cancérologie.
• Le Sureau noir (Sambuccus nigra) est souvent cité en
ce moment, car il est utilisé dans la prévention de
la Covid. Les fruits sont immunostimulants et antiviraux12.
Ils sont spécialement actifs sur la famille
des coronavirus et des influenzae, comme la grippe.
• En gemmothérapie, les jeunes pousses d’Églantier
(Rosa canina) sont aussi un bon immunostimulant.
Je privilégie en première intention l’échinacée, que
j’utilise surtout en extraits secs (gélules), si possible
d’origine biologique. Comme toutes les plantes
immunostimulantes, elle possède une précaution
d’emploi en cas de maladie auto-immune ou de traitement
antirejet (patient greffé). Dans le doute, demandez
conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.
Une dernière précaution : il ne faut jamais prendre les
plantes immunostimulantes en continu, sinon son effet
s’épuise. Je les donne donc 5 jours sur 7, ou 3 semaines
sur 4.
— Les produits de la ruche :
un cadeau de la nature
Les abeilles sont nos amies, tout le monde le sait. Elles
mettent à notre disposition 3 produits extraordinaires
pour notre santé :
– la propolis, véritable antibiotique naturel surtout utilisé
dans les traitements des infections aiguës, mais
parfois donné en prévention chez les plus fragiles ;
– le pollen, un concentré d’antioxydants et de vitamines,
mais aussi un allié de notre flore intestinale ;
– la gelée royale, excellent stimulant physique et immunitaire.
J’adore proposer des cures de gelée royale et de pollen
aux patients qui apprécient gustativement ces produits.
Voici mon protocole :
– gelée royale pure, fraîche, en petits pots de 10 g.
N’utilisez pas de gelée royale diluée dans du miel ou
autre substrat. J’utilise souvent la gelée royale du laboratoire
La Royale13, dont c’est une spécialité, mais
on peut en trouver également d’excellentes chez les
apiculteurs proches de chez vous ou dans certains
magasins de diététique. Prendre 1 g (cuillère mesure)
de gelée royale pure le matin avant le repas
pendant 10 jours par mois ;
– les autres 20 jours, prendre 1 à 2 cuillères à soupe
de pollen par jour. Je trouve que le meilleur reste le
pollen frais distribué par le laboratoire Pollenergie
et qui se conserve au congélateur. Mais vous pouvez
aussi utiliser un pollen sec, à condition de le choisir
bien coloré et d’un producteur de confiance.
Cette cure se fera pendant 3 à 4 mois au coeur de l’hiver,
de novembre à février, par exemple.
Le miel adoucit mais c’est aussi un excellent antibactérien.
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • DÉCEMBRE 2020 27
Pour les personnes qui n’aiment pas le goût de la gelée
royale ou du pollen, on peut trouver des spécialités en
gélules de bonne qualité, mais rien ne vaut le frais.
Il existe aussi des spécialités qui regroupent ces différents
produits. C’est le cas du Quantastimmun de PhytoQuant,
qui associe la gelée royale, le pollen, la propolis et l’échinacée,
tout cela dans un stick à base de miel et sans aucun
conservateur ni arôme artificiel. Immuresist de Lescuyer
propose une association originale d’Echinacea purpurea
ET d’Echinacea purpurea avec, entre autres, de la propolis
et des bêta-glucanes, l’ingrédient principal de la mycothérapie
à visée immunostimulante. Je décrirai l’utilisation de
ces produits dans mon chapitre de synthèse.
L’homéopathie : votre pilier no 3
(et la base de mes traitements
préventifs)
Tous les traitements déjà cités sont très fidèles et je les
utilise au quotidien pour aider mes patients à mieux
passer l’hiver. Mais dans 100 % des cas, la base de mon
traitement préventif est représentée par l’homéopathie,
qui est vraiment une méthode particulièrement efficace
pour réduire les risques d’infections ORL sans avoir la
moindre contre-indication. Elle fait merveille chez les
enfants comme chez les séniors, qui sont parfois fragiles
au niveau hépatique ou déjà trop polymédicamentés.
L’homéopathie peut s’utiliser sans risque d’aggraver leur
terrain ou d’avoir des interactions avec leurs traitements.
Les traitements homéopathiques préventifs auront plusieurs
buts :
• stimuler les défenses immunitaires de façon générale.
C’est en particulier le cas de THYMULINE,
prescrit essentiellement en 9 CH, et parfois de SILICEA
ou d’Oscillococcinum ou encore de l’organothérapie
avec, par exemple, MEDULOS D8 Weleda ;
• stimuler les défenses de façon spécifique vis-à-vis
de certains germes, et c’est là, pour moi, tout le génie
de l’homéopathie. En utilisant des dilutions de
certains germes, on va renforcer nos défenses immunitaires
contre ces microbes et ceux de la même
famille. On utilise ainsi assez souvent :
– Influenzinum 9 CH pour augmenter les défenses
contre la grippe et les autres virus de cette famille,
– Streptococcinum contre les infections à streptocoques
(de 5 à 30 CH suivant les cas),
– Enterococcinum et Enterotoxinum contre les infections
intestinales (souvent en 9 CH),
– Aviaire 9 CH pour réduire le risque d’infections
respiratoires, mais aussi d’otites,
– Sérum de Yersin 9 CH, qui est particulièrement
efficace contre les infections pulmonaires ;
• agir sur le terrain en fonction de chaque individu.
Cette approche traditionnelle de l’homéopathie hahnemannienne
qui recherche les similitudes entre
le remède et les symptômes ou caractéristiques de
chaque patient demande un médecin d’expérience,
mais peut être spectaculairement efficace ;
• agir sur certaines fragilités spécifiques. Je citerai
ici quelques remèdes souvent utilisés pour l’ORL :
FERRUM PHOS, SULFUR IOD, KALI MUR, KALI
BICH… mais je ne peux rentrer dans les détails de
leurs spécificités.
À la fin du dossier, je donnerai quelques exemples de
l’utilisation de ces remèdes.
Le soufre, l’oligoélément
des muqueuses
Le soufre est connu depuis le Moyen Âge grâce aux
eaux thermales sulfurées utilisées pour les personnes
souffrant de problèmes ORL.
Le soufre a de nombreuses propriétés. C’est, avec la silice,
l’oligoélément de la souplesse. Il offre cette qualité
à la peau et aux muqueuses et favorise la cicatrisation
des muqueuses ORL en cas d’infections à répétition. Il
permet également d’avoir un mucus de meilleure qualité
qui défendra mieux la sphère ORL. En dehors de
cette action physique et mécanique, le soufre :
• est un bon anti-infectieux ;
• est un précurseur de la synthèse de glutathion, un
antioxydant qui joue de nombreux rôles cellulaires
(détoxification, énergie, immunité…) ;
• participe au travail de détoxification du foie et favorise
le travail de la rate ;
• agit sur le potentiel énergétique ;
• sans oublier que le soufre agit également sur tout le
système ostéo-articulaire et est un constituant important
des phanères.
On comprend pourquoi les cures thermales dans des
régions où l’eau est très soufrée, comme à Luchon, sont
particulièrement bénéfiques aux patients.
Sur le plan thérapeutique, il existe plusieurs formes de
soufre :
– les Granions® de soufre (1 à 2 ampoules par jour)
sont une bonne façon de supplémenter l’organisme ;
– les Oligosols soufre que j’utilise plutôt en rotation
avec les autres Oligosols cités ci-dessus ;
– Actisoufre® est une spécialité en pulvérisation nasale
qui permet d’apporter localement un soufre
très utile à nos muqueuses. Il est souvent efficace et
les patients en tirent un bon bénéfice.
28 DÉCEMBRE 2020 • GUÉRIR & BIEN VIEILLIR
MAUX DE GORGE
CONCLUSION
En synthèse : mon protocole
de base pour une prévention
hivernale proactive
Nous avons vu beaucoup de remèdes pour
traiter, mais aussi prévenir les angines et
les rhinopharyngites. Je vais vous présenter
maintenant une synthèse pratique de
toutes ces solutions préventives que vous
pourrez également utiliser pour la prévention des autres
infections hivernales, comme la grippe ou les bronchites.
Sincèrement, ces traitements préventifs sont particulièrement
fidèles et efficaces, et il est vraiment dommage
de s’en priver. Évidemment, beaucoup de personnes ne
sont jamais malades l’hiver ou très peu et elles n’ont pas
besoin de mettre en place ces solutions.
Mais si vous êtes fragile, si vous prenez des antibiotiques
plusieurs fois par hiver ou si vous enchaînez les
infections respiratoires tout l’hiver, alors sachez que vous
pouvez changer votre terrain afin de ne plus être aussi
souvent affecté. On ne fait pas une infection aiguë par hasard.
C’est toujours la conjonction de plusieurs facteurs :
le climat souvent défavorable, la présence de microbes
virulents dans l’environnement, mais aussi et surtout
un terreau favorable, une fragilité de l’individu qui peut
avoir de nombreuses causes, comme je l’ai expliqué dans
les paragraphes précédents. Voici la synthèse des traitements
que je propose à mes patients fragiles en pratique
quotidienne.
1) Faire les corrections diététiques nécessaires en fonction
du terrain et des intolérances de chacun comme expliqué
dans le chapitre sur l’alimentation.
2) Soigner la flore et stimuler l’immunité. Voici 4 protocoles
pratiques qui donnent de bons résultats :
a) Protocole du laboratoire PhytoQuant :
• Quantaflore : 2 gélules le matin les jours pairs ;
• Quantaphylle : 2 gélules le matin les jours impairs ;
• Quantastimmun : 1 stick le matin avant le repas, 6
jours sur 7.
Ce protocole est à la fois pratique et abordable. Phyto-
Quant le propose sous le nom de « lot Hiver », qui coûte
moins de 30 euros par mois.
b) Protocole plus spécifique en phytothérapie avec la
gamme de plantes Phytomance :
• Téoliance Premium : 1 gélule le matin, les jours pairs ;
• Phytomance Chlorophylle : 2 gélules le matin, les jours
impairs ;
• Phytomance Echinacea : 2 gélules le matin, 20 jours
par mois ;
• Phytomance Gelée royale : 3 gélules matin et midi, 10
jours par mois.
J’ajoute parfois Phytomance Ginseng : 2 gélules le matin
pour son action sur l’immunité, mais aussi, et surtout, le
dynamisme.
c) Protocole basé sur les produits de la ruche et les spécialités
proposées par le laboratoire La Royale :
• Gelée royale pure, fraîche, en petits pots de 10 g.
Prendre 1 g (cuillère mesure) de gelée royale pure le
matin avant le repas pendant 10 jours par mois ;
• Pollen : 1 cuillère à soupe à mâcher le matin avant le
repas les autres 20 jours ;
• Roy-Eau Astragale : 1 ampoule matin et midi (ou 2 ampoules
le matin), 3 semaines sur 4.
d) Protocole à partir de la gamme Lescuyer :
• Bactivit Défense : 1 sachet le matin 10 min avant le repas,
les jours pairs ;
• Chloronel : 2 comprimés le matin, les jours impairs ;
• Immuresist : 2 comprimés matin et midi, 3 semaines
par mois.
3) Nettoyer le nez tous les soirs avec un produit à base
d’eau de mer. Par exemple : Oligorhine® ou Stérimar®
Cuivre : plusieurs pulvérisations dans les narines au coucher
puis se moucher. L’hiver, à cause des pollutions et
des microbes, il est tout aussi important de se laver le nez
que de se laver les dents.
4) Se supplémenter en vitamines et en minéraux si
besoin.
a) Vitamine D systématique – ZymaD : 10 gouttes tous
les soirs, ou Physiomance DNAT 1 000 : 5 gouttes tous les
soirs au dîner. Il faudra contrôler son taux sanguin de vitamine
pour adapter la dose en fonction des besoins.
b) Une cure de vitamines au coeur de l’hiver. Par
exemple, BION®3 défense Sénior : 1 comprimé le matin
GUÉRIR & BIEN VIEILLIR • DÉCEMBRE 2020 29
L’oligothérapie,
moins connue mais fort utile
L’oligothérapie catalytique a été développée par le
Dr Jacques Ménétrier. Il y a environ 70 ans, il a créé
les « Oligosols ». Il ne faut pas la confondre avec la
supplémentation en oligoéléments comme le zinc
ou le sélénium. Ici, on utilise des oligoéléments