modalités du karma

Suite : Modalités du karma
Le karma selon Steiner n’est pas qu’une loi de cause à effet, c’est le fait que toutes mes actions, paroles et pensées vont revenir à moi et me transformer radicalement, inévitablement. Et ce que je suis devenu, de par la rétroaction de mes actions paroles et pensées, va attirer à moi des relations sociales et des situations de même nature. Or, comme je ne peux pas régler tous mes problèmes en une seule journée, j’ai besoin de plusieurs vies pour mettre les choses en ordre, pour paraphraser Lessing (Archiati, 1996). Il faut donc, selon Steiner, élargir son champ visuel et considérer que les conséquences ne reviendront pas nécessairement en une seule vie mais en plusieurs. Il s’avère ainsi utile de regarder les choses différemment et de considérer que tout ce qui m’arrive en est ainsi parce que « je » l’ai voulu ainsi (moi, ou les « autres » avant moi). Steiner propose l’exercice suivant : imaginez quelqu’un marchant sur le bord d’un toit et qui place une tuile détachée en équilibre sur le bord du toit, sur le point de tomber. Une fois redescendu, il passe sous le rebord du toit et la tuile lui tombe précisément sur la tête. Il a complètement oublié que c’était lui qui était à l’origine de son malheur. Deuxième étape de l’exercice : imaginons un homme, Steiner l’appelle « l’homme de pensée artificiel », qui aurait voulu exactement tout ce qui nous est arrivé au cours de notre vie, les coups durs comme les joies. On sera probablement porté à le haïr. Or cet « homme de pensée artificiel » est ce qui se rapproche le plus du « Moi ou Je supérieur » et du fonctionnement du karma, soutient Steiner (Archiati, 1996). C’est donc dire que le Moi supérieur a « choisi et voulu » notre situation existentielle présente, en fonction du karma de notre vie antérieure. Notre « Moi ou Je supérieur » est le porteur (comme un porteur de valise) de tout ce que nous avons « chargé » dans « notre valise karmique » durant notre voyage entre la mort et notre nouvelle incarnation... Les élémentaux non sauvés et trop attachés
Le cosmos, la nature et l’être humain ne sont pas gouvernés par des lois mécaniques mais par des êtres spirituels. Parmi ces êtres spirituels, des plus élevés aux plus inférieurs, il est des esprits de la Nature ou élémentaux (fées, gnomes, sylphes, salamandres, ondines, etc.), de nature astrale et éthérique, cachés derrière le voile de la nature et qui s’occupent des cycles et éléments naturels (jours, mois lunaires, année solaire, etc.) et des planètes. Les êtres célestes des hiérarchies supérieures aux esprits de la Nature sont liés aux étoiles. Or ces esprits ne sont pas plus extraterrestres que nous puisque tout ce qui existe sur terre est lié aux étoiles et aux planètes ; tout être humain, par exemple, a sa propre étoile. La qualité de nos relations avec les êtres invisibles de la Nature dépend de nos rapports avec la nature elle-même. Le mieux est de porter une attention sacramentale à ces cycles, tel que le cycle de l’année solaire et ses festivals (Noël, Pâques, la Saint-Jean, la Saint-Michel, l’Action de grâce) qui peut être suivi comme un chemin initiatique menant à une expérience du Christ. À cause de notre attitude inadéquate à l’égard de la nature, de l’incompréhension générale, de la paresse, de l’impatience, du matérialisme, de l’intellectualisme et de l’ignorance de ces cycles, les esprits de la Nature se sentent lésés. Même le karma interpersonnel implique des transactions d’esprits de la Nature, plus ou moins libérés et plus ou moins déchus et aigris. Ils s’attendent à ce qu’on les libère de leur esclavage à la matière en échange du sacrifice qu’ils ont fait lorsqu’ils se sont laissés « ensorcelés » dans les lois de la Nature (De Jong, 2001). S’ils n’ont pas été libérés par notre activité consciente, ils restent emprisonnés, attachés à nous, et nous suivent d’une vie à l’autre (Lievegoed, 1983). Lorsqu’on construit des machines, des circuits électriques et électroniques, on éjecte les esprits des éléments et les remplace par des esprits élémentaux ahrimaniens. L’esclavage des esprits de la Nature dans nos machines et nos conceptions matérialistes les rend « ahrimaniens », aigris, rigides, mécaniques et « sur-intellectualisés ». Comme le plastique synthétique est refusé par la terre et n'est pas décomposé, ainsi les pensées artificielles, étrangères au cosmos et à la nature, restent non digérées, non dissoutes, et reviennent nous hanter dans la vie suivante à cause de nos liens karmiques (Lievegoed, 1983). À l’inverse, avoir de « bonnes relations » avec la nature menant à une expérience des esprits de la Nature, les libère et nous les prenons en nous en communion et non pas par attachement parasitaire. Les esprits de la Nature n’ont pas de « moi » à eux et se moulent selon nos attitudes envers la vie et la nature. Dans le corps humain et celui de la terre, chaque activité des sept planètes a une correspondance avec des processus physiologiques précis et cette activité passe par l’intermédiaire des élémentaux ou esprits de la Nature. Les pensées, sentiments et impulsions de volonté sont eux aussi des formes astrales et éthériques,
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artificielles certes mais elles restent néanmoins des élémentaux. Les élémentaux, incluant les formes-pensées comme les esprits de la Nature, sont donc intimement liés à notre univers intérieur. Ils conservent une relation spéciale avec l’homme jusqu'à la mort et même après, dans l’intervalle entre la mort et une nouvelle incarnation et dans la vie suivante. Ils sont à l’origine de diverses expériences perturbatrices, à travers lesquels ils manifestent leur désir d’être considérés et transformés (Lievegoed, 193). Les médecins anthroposophes tels Bernard Lievegoed en tiennent comptent dans leur diagnostic et leur thérapeutique. Chaque fois qu’on se dit «Pourquoi ai-je agit comme ça ? Ce n'est pas moi ça! », on peut ressentir l’activité perturbatrice de ces êtres de la Nature – liés à notre univers intérieur - non sauvés (Lievegoed, 1983). Les élémentaux non sauvés s'interposent entre soi et les autres, empêchant de les rencontrer véritablement et donc de comprendre nos rapports karmiques avec eux. Les élémentaux non sauvés constituent ce que Steiner appelle « le double » ou « doppelganger », qui inclut tout ce qui est déchu en soi-même depuis la Chute - au niveau des trois corps inférieurs physique, éthérique, astral (Lievegoed, 1983). Le « double ahrimanien » prend généralement une forme humanoïde reptilienne, de couleur verte (voir les films L’incroyable Hulk, Le Grinch et Le Masque, suggère De Jong, 2000), alors que le « double luciférien » se présente comme un ange gracieux et essaie de se faire passer pour le moi supérieur. Le double est fait de toutes nos actions bonnes ou mauvaises et se charge de nous faire subir leurs conséquences. Il est en opposition avec le (vrai) moi supérieur comme un gardien du seuil séparant la conscience ordinaire, du monde spirituel (ou monde de l’esprit). Le double est un agrégat artificiel, une île que le Moi ou Je supérieur ne peut pénétrer de lui-même (Lievegoed, 1983). Le sens de la vie sur terre consiste à transformer ce double dans la vie ordinaire. Le moi supérieur pose dans notre vie les obstacles qui nous amèneront à confronter le double négatif de nos vies antérieures et le transformer (Lievegoed, 1983). Le nier et le réprimer ne fait que le renforcer. En acceptant ce qui nous arrive comme étant nécessaire et en prenant la responsabilité de transformer le double, on peut arriver à le dissoudre. Les fantômes par exemple sont des structures éthériques passées qui sèment la discorde dans les relations sociales et nos souvenirs (Lievegoed, 1983 : 85). Les structures négatives de nature astrale sont appelées démons et interfèrent dans l’âme sous forme de complexes et d’impulsions destructrices ou auto destructrices inconscientes, causant des sérieux troubles psychologiques et menant possiblement à la possession (Lievegoed, 1983). Tous demandent à être digérés dans l’action empreinte de compréhension et d’amour, des forces qui jaillissent du « Moi supérieur ». La clairvoyance atavique prise pour des souvenirs de vies antérieures
Pour Steiner, il existe deux sortes différentes de clairvoyance :
la clairvoyance imaginative et la clairvoyance atavique. Steiner décrit la clairvoyance atavique comme étant un héritage héréditaire, liée au sang. Lorsqu’un individu voit sa conscience de veille affaiblie, par la somnolence, par l’hypnose, la transe ou le somnambulisme, il entre dans une conscience plus profonde reflétant les phénomènes cosmiques avec une grande clarté, une clarté supérieure à celle des rêves (Steiner, 1906). Or son activité cérébrale à lui est paralysée ; il ne peut alors qu’observer les images qui lui viennent de ses ancêtres de par son lien de sang (Steiner, 1906). Dans l’antiquité, les humains étaient naturellement doués de cette clairvoyance atavique et recevaient à travers elle des imaginations des dieux (Diet, 2002). Les prophètes et les Sibylles y puisaient l’inspiration de leurs discours. Le mélange des sangs entraîna le développement de l’intellect et la récession de la clairvoyance atavique (Steiner, 1906). Cette dernière a été refoulée par le christianisme et le matérialisme et cela devait en être ainsi car elle devait laisser place à une forme de connaissance non pas reçue passivement mais fondée sur l’activité de la pensée libre et autonome. La clairvoyance imaginative est celle qu’il s’agit de développer maintenant, à la lumière d’un état de conscience clair et éveillé, par la pensée pure, le contraire de la succession d’images née de la clairvoyance atavique. Aujourd’hui, la clairvoyance atavique est susceptible de faire monter à la conscience des images pouvant être mal interprétées et prises pour des souvenirs de vies antérieures. Ce serait d’ailleurs de telles images qui, par le passé, auraient été prises pour des souvenirs de vies antérieures (Archiati, 1996). Ces images, ces éléments psychiques, sont liées à nous comme des reflets de nos vies, or elles ne correspondent pas à des incarnations antérieures de notre ego (Diet, 2002). Les anciennes versions de la réincarnation, telles que la transmigration et la métempsycose, soit la transmission des éléments psychiques d’un corps à un autre, ne doivent pas être confondues avec la réincarnation du moi, laquelle ne peut être comprise, selon Steiner, que d’un point de vue chrétien (Archiati, 1996). Car selon lui, seul le christianisme insiste assez sur les rapports unissant l’humain individuel et universel, deux caractéristiques essentielles de la réincarnation du moi.
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De nos jours, ce ne sont plus les dieux qui se manifestent à travers les imaginations ataviques, héréditaires, passives : à travers ces visions reçues passivement, des démons se jouent de nous aisément (Diet, 2002). Tout ce qui est de nature visionnaire constitue aujourd’hui un phénomène pathologique menant à ce que Steiner et l’Anthroposophie appellent la huitième sphère (Steiner, 1915). Cette sphère est la huitième parce qu’elle est exclue du cycle des sept stades de l’évolution humaine-terrestre et constitue le « double » négatif de la Terre actuelle, laquelle correspond à la quatrième sphère (Steiner, 1915). La huitième sphère est l’Abîme, le lieu où tous les rebuts de l'évolution et tout le mal vont s’échouer lors de « la séparation » après « la guerre de tous contre tous ». Lucifer et Ahriman-Satan exceptionnellement unis sous les forces de « Sorat », sont les deux grands ennemis de l’humanité à l’origine de la création « spirituellement illicite » de la huitième sphère, ce monde purement artificiel et spectral, mi matériel mi spirituel, en dehors de la vie et de la mort, de nature électromagnétique, rempli de fantômes et de spectres. Ensemble ils tentent de faire dévier le cours de l'évolution normale vers ce monde condamné. L’attrait pour ce qui est de nature visionnaire – né de la clairvoyance atavique - est « la manifestation d’un amour pervers pour la huitième sphère », la sphère qui est « hors du plan divin de l’évolution » affirme Steiner (Diet, 2002). La réincarnation sans l'esprit: histoire d'une contre-vérité
Dans son ouvrage de controverse « La réincarnation sans l'esprit: histoire d'une contre-vérité », l’anthroposophe Irene Diet (2002) soutient que le fait de prendre les images qui émergent dans un état infra-conscient pour des « souvenirs de vies antérieures » constitue une aberration de la recherche karmique : « Et si les prétendues réminiscences de vies antérieures, qu'elles soient spontanées ou déclenchées par des techniques de régression étaient liées à d'autres phénomènes que la réincarnation? Et si ces "images de nos vies passées", loin de contribuer à une clarification des choses ne faisaient que jeter le trouble dans nos esprits, brouillant non seulement les cartes de nos destinées individuelles mais empêchant aussi une compréhension juste de la réincarnation et du karma? Et si ces images au lieu d'ouvrir la voie à une spiritualisation de l'humanité, faisaient le lit d'un monde plus matérialiste encore? » (verso de la couverture). Irène Diet s’inquiète sérieusement de l’accueil enthousiaste que manifesta la Société Anthroposophique Générale, au congrès de Pâques 1997, face aux recherches dans les « vies antérieures » utilisant les thérapies de régression sous hypnose. Elle éveille le soupçon sur les ouvrages d’Edgar Cayce, Raymond A. Moody, Thorwald Dethlefton, Ian Stevenson, Leonard Orr, Hélène Wambach, Joël Whitton, qui ont tous été traduits dans plusieurs langues ou réédités (Diet, 2002 : 14). Elle dénonce carrément les « thérapies de vies antérieures » du rabbin Yonassan Gershom, de même que les ouvrages de Patrick Drouot, Jenny Cockel, Trutz Hardo, Barbro Karlén (une Allemande se disant la réincarnation d’Anne Frank). Elle dénonce même l’anthroposophe Thomas Meyer, auteur d’une apologie d’Edgar Cayce. Les activités des « loges noires »
Diet (2002) attire l’attention sur le contenu de quelques conférences de Rudolf Steiner, réunies dans The Occult Movement in the Nineteenth Century (1915), concernant l'activité des loges occultes au XIXe siècle et leur influence déterminante dans la création du spiritisme et du médiumnisme. Steiner (1915) relate une histoire de complot occulte dans laquelle des loges bien intentionnées et d’autres malintentionnées se seraient mises d’accord, au milieu du XIXe siècle, sur la nécessité de créer de toute pièces les phénomènes de médiumnité et de spiritisme, destinés à fournir des preuves physiques et scientifiques de l’existence du spirituel. Les loges bien intentionnées ont vite réalisé que les loges malintentionnées s’étaient empressées à monopoliser le spiritisme et la médiumnité. L’activité principale des loges occidentales malintentionnées consiste à répandre du matérialisme de façon à ce que les individus développent une forte tournure de pensée matérialiste. Après leur mort, les esprits matérialistes défunts se retrouvent coincés dans la loge, attachés aux mauvais initiés ayant répandu le matérialisme comme par des fils invisibles (Steiner, 1915). Or ces mauvais initiés ne sont pas dupes, ils connaissent les réalités spirituelles et savent que le fait de répandre des notions matérialistes entraîne des conséquences nuisibles pour l’humanité ainsi emprisonnée. Selon comment les mauvais initiés les utilisent, ces défunts coincés dans la loge deviennent de puissants centres de forces destructrices ou bien se manifestent dans les séances de spiritisme et de médiumnité (Steiner, 1915). Ce sont ces défunts placés en « salle d’attente ou sphère réflectrice » qui répondent aux questions des spirites et des médiums. À la lumière de ces explications de nature occulte, le cas de Bridey Murphy s’éclaire. Ceux qui ont lu À la recherche de Bridey Murphy (1975) savent que dans les années cinquante aux États-Unis une femme placée en état d’hypnose, Ruth Simmons, fut
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amenée à servir de porte-voix à une autre femme, Bridey Murphy, laquelle disait avoir vécu un siècle plus tôt. Cette Bridey Murphy, que l’on pris pour une incarnation antérieure de Ruth Simmons, dit se trouver dans une «salle d’attente » entre deux vies. En se fiant aux analyses de Diet, rigoureusement fondées sur les enseignements de Steiner, on peut en déduire qu’une interprétation anthroposophique du phénomène serait que l’« affaire Bridey Murphy », de même que les autres thérapies du même genre, sont le fruit des manigances de ces fameuses « loges occultes malintentionnées », désireuses de répandre du matérialisme, notamment de faux enseignements sur le karma et la réincarnation. La popularité des thérapies de régression sous hypnose et de lying est, selon Irène Diet, une manifestation plus récente des activités des loges occultes malintentionnées et de bien d’autres forces occultes. Elle rappelle de plus qu’Edgar Cayce n’avait jamais considéré l’idée de faire des « lectures de vies antérieures » avant qu’un certain Arthur Lammers, lié au mouvement médiumnique international et à la Société Théosophique, lui fasse la suggestion en 1923. Les loges noires d’Orient (indo-tibétaines) et d’Occident (ressemblant aux Jésuites et aux Francs-maçons) ont aussi réussi un autre coup de génie : faire dévier le théosophisme vers une haine de Yahvé et du Christ (Steiner, 1915). Le Théosophe O.P. Sinnett, l’auteur de Bouddhisme ésotérique (1888), identifie la huitième sphère à la lune - une création de l’Elohim Yahvé -, ce qui laisse sous-entendre que Yahvé serait le créateur de la huitième sphère (Steiner, 1915). Steiner affirme quant à lui que Yahvé aurait créé la lune, très minéralisée, comme contrepoids au vacuum de la huitième sphère fabriquée par Lucifer et Ahrimane (Steiner, 1915). Selon Steiner (1915), Blavatsky, de par ses dons de clairvoyance, était consciente de l’erreur de Sinnett et elle aurait tenté de la corriger, mais en vain. À travers l’ouvrage de Sinnett, qui eut énormément d’influence dans la Théosophie, les loges malintentionnées, tant orientales qu’occidentales, ont pu jeter ainsi un voile d'obscurité sur le rôle véritable de Yahvé - Élohim lunaire - dans le devenir humain. Ils ont du même coup jeté un voile d’obscurité sur le rôle des six autres Élohim (liés aux six autres sphères planétaires) qui guident l’évolution de l’individu à travers les sphères des planètes dans l’intervalle entre deux vies (entre la mort et une nouvelle incarnation), qui se chargent de la transformation du karma individuel et qui donnèrent forme au cosmos (ce sont les Élohim ou Exousiai ou Esprit de la Forme), aux planètes et à l’être humain (Steiner, 1915 ; Diet, 2002). Madame Blavatsky ne parle pas de réincarnation dans son premier grand ouvrage Isis Dévoilée. Elle était dans ce temps-là inspirée par des initiés rosicruciens bienveillants, or elle n’était pas encore arrivée au degré d’initiation où les réalités de la réincarnation sont révélées. Ce n’est qu’à partir de la Doctrine Secrète que Blavatsky répand des enseignements sur la réincarnation, or ceux-ci furent révélés par les loges noires indo-tibétaines et non plus par les rosicruciens. Ceux-ci l’avaient délaissée parce qu’elle s’était révélée trop instable et manipulée par les loges désireuses de détourner l’homme de l’impulsion de Yahvé et du Christ. Aux dires de Diet (2002), c’est Steiner qui aurait été choisi par les loges rosicruciennes bienveillantes pour mettre de l’ordre dans le karma et la réincarnation et réparer les erreurs de Sinnett et Blavatksy. Son ouvrage Science de l’Occulte constitue un véritable livre de combat destiné à « dissiper l’obscurité qui entoure la question de la réincarnation » (Steiner, 1910). Ce n’est qu’en 1915 que Steiner révéla, dans ses conférences, l’activité des loges noires orientales et occidentales et celle de Lucifer et Ahriman dans la création de la huitième sphère. Les deux types de clairvoyance
Diet (2002) insiste sur la différence fondamentale qui existe entre le développement de la clairvoyance imaginative et la clairvoyance atavique. L’Imagination correspond au niveau immédiatement supérieur à la conscience de veille. Si elle est bien maîtrisée, elle peut mener à l’Inspiration, puis à l’Intuition, qui correspond au plus haut degré de clairvoyance. L’Imagination au sens steinerien, ou clairvoyance imaginative, ne doit rien à l’imagination au sens fantaisiste ni à l’autosuggestion : elle consiste en la capacité de créer une forme-pensée pure, indépendante des sens, construite par notre propre effort de volonté, en vue que des êtres spirituels se manifestent à travers elle (1905). Son antithèse la clairvoyance atavique ou clairvoyance visionnaire appartient au passé mais persiste encore, autrefois utilisée par les dieux mais aujourd'hui dirigée par des démons. Elle est dangereusement trompeuse du fait qu’elle imite parfaitement les impressions sensorielles, comme au cinéma, affirme Diet (2002). L’humain moderne doit développer son âme de conscience (le 3°état de l’âme), un degré supérieur de conscience de l’âme en voie de spiritualisation. Pour y arriver, il faut avoir acquis un savoir solide basé sur l'expérience concrète du moi et non pas un savoir basé sur la clairvoyance visionnaire, atavique, car cette dernière doit s’éclipser pour le sain développement de l’intellect et du moi. Un moi sain doit fonder sa liberté sur la connaissance directe ; un savoir fondé sur les visions, qui imite le réel mais reste néanmoins un
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simulacre saisissant de réalité, court-circuite la formation d'un sens du moi sain (Diet, 2002 : 64). Dans le passé, les dieux dirigeaient les humains à travers les imaginations ataviques ; dans le futur, l’homme se dirigera lui-même par la clairvoyance imaginative, développée par son propre effort de pensée pure. Diet (2002 : 62-67) en conclut que pour obtenir une compréhension juste de la réincarnation et du karma, il faut absolument écarter les visions obtenues dans un état de conscience réduit comme l’hypnose ou le lying car celles-ci nous amènent carrément en sens inverse du développement de la clairvoyance Imaginative selon Steiner. Les visions issues de la clairvoyance atavique sont des symptômes pathologiques et nous rabaissent à l'infra-conscient, lequel mène à l’infrahumain. Pis encore, la clairvoyance atavique nous place sur la pente dangereuse menant à la huitième sphère (Steiner, 1915). Les investigations karmiques et la notion de symptôme karmique
Dans un même ordre d’idées, Diet (2002) oppose, tout au long de son ouvrage, la démarche d’ « investigation karmique » de Steiner, très longue et ardue, à celle des « thérapies de vies antérieures », qui aboutit rapidement et facilement à des images, des scènes, prises immédiatement pour des souvenirs de vies antérieures et dont les résultats positifs apparaissent rapidement. Or, selon Diet (2002), ces thérapies ne touchent pas au véritable phénomène de la réincarnation du moi : elle jongle avec des éléments psychiques, les visions qui jaillissent de la clairvoyance atavique. Elle souligne que Steiner écarte la majorité des visions qui lui viennent en tête comme autant de fausses pistes, puisqu’elles seraient « trop nombreuses pour être vraies » (Diet, 2002 : 21). Ce serait en raison de la persistance des facultés de clairvoyance instinctive, atavique, héréditaire, que ces « images trompeuses » montent à la conscience. Le travail de clairvoyance imaginative consiste à trier les bonnes imaginations des visions d’origine ataviques. Les observations de Steiner touchent les traits de la personnalité profonde de l’individu – du moi - et leur transformation d'une vie à l'autre (Diet, 2002). Les observations des thérapeutes en régression Patrick Drouot, Jenny Cockel, Trutz Hardo et Yonassan Gershom portent quant à elles, le plus souvent, sur l’origine de maladies présentes, censées déboucher sur un ou des traumas vécus dans une autre vie (Diet, 2002). Les maladies physiques, le mal-être psychique (anxiétés, cauchemars récurrents) et les ressemblances physiques et psychiques sont interprétés par ces thérapeutes comme étant des symptômes de karma (Diet, 2002). Or ceux-ci ne correspond en rien aux « symptômes » tels que décrits par Steiner. Selon Steiner, les traits psychiques et physiques sont complètement transformés par les hiérarchies spirituelles dans l’intervalle entre deux vies et les ressemblances physiques et psychiques ne permettent pas de retrouver la réincarnation d’un individu décédé. Les symptômes qu’il observe concernent le moi de l’individu et non pas des ressemblances ou des continuités d’ordre psychophysiques. La conception de la réincarnation qui ressort des « thérapies de vies antérieures » suggère l’absence de transformation entre deux vies, le retour mécanique de l'acte à son émetteur et la quasi-insignifiance de l’intervalle entre deux vies (Diet, 2002). Pour Steiner en revanche, l’intervalle dure environ 1000 ans et l’individu en revient complètement transformé. Diet (2002), en décrivant le passage à travers les sept sphères planétaires (à ne pas confondre avec les sept stades de développement de la Terre), insiste sur le fait que les blessures morales sont abandonnées dans la sphère de Mercure et complètement guéries. Ce sont les faiblesses morales et non pas les maladies qui reviennent sous forme de karma à compenser. Par ailleurs, prétendre qu’on doive guérir l’individu de séquelles morales, psychiques et physiques venant d’une autre vie par une « thérapie de réincarnation » suppose que ces séquelles ne sont pas transformées dans l’intervalle entre deux vies (Diet, 2002). S’appuyant sur Steiner, elle soutient que l’être est radicalement transformé entre deux vie par son passage dans la sphère Solaire, où la pensée devient le corps et le corps devient la pensée, et donc que les ressemblances physique, psychiques et morales ne permettront jamais de prétendre qu’un individu est la réincarnation d’un autre. Prenons un exemple concret. Selon Trutz Hardo, « thérapeute des vies antérieures », sa cliente Marion, atteinte d’une maladie du coeur, aurait vécu à nouveau, en état semi hypnotique « alpha », des « souvenirs d’une vie antérieure » démontrant que la cause de sa maladie du coeur sera la conséquence karmique du fait qu’elle a poignardé quelqu’un au coeur dans une autre vie (Diet, 2002 : 11-12). La conception du karma qui émerge de cette thérapie est que le karma reviendrait inchangé, comme par automatisme mécanique. Diet (2002) explique que Lucifer et Ahriman se sont emparés de la clairvoyance atavique, notamment afin de développer une fausse idée de la réincarnation et d’entraîner le plus de gens possible vers la huitième sphère. Ahriman est l'inspirateur de cette conception mécaniste de la réincarnation et du karma, qui enferme l'humain sur terre, pris dans ses perpétuels enchevêtrements karmiques… « jusqu’à ce qu’on l’en soulage en libérant le trauma en salle de thérapie ». Face à cette vision mécaniste et quasi cauchemardesque du karma et de la réincarnation, l’homme est soudain pris du désir – inspiré par Lucifer - de fuir ce monde de karma étouffant, de se détacher de la terre et
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de la matière pour s'affranchir du « cycle infernal » des incarnations successives (Diet, 2002 : 49). C’est généralement à de telles conceptions de la réincarnation qu’aboutissent les thérapies des vies antérieures, souligne Diet (2002). Hypnose, psychanalyse et magie noire
Ces thérapies sont d’autant plus douteuses pour un anthroposophe averti, que Steiner condamnait catégoriquement l’hypnose. Les suggestions déclenchent un transfert au niveau de l’éthérique – l’éthérique étant porteur de la mémoire et des souvenirs – par lequel, les instincts, les présupposés et les pensées les plus intimes de l’hypnotiseur se reflètent dans la psyché du patient et ce sans même qu’il ait eut à suggérer quoi que ce soit (Steiner, 1905 : 12). L’hypnose est un jeu très dangereux car elle réitère et durcit des structures de pensée qui atteindront les pratiquants et les patients après leur mort, imbriqués qu’ils sont dans leurs liens karmiques et prisonniers du monde illusoire, monde qu’ils ont structuré au fil des séances, et monde qui est de la même nature que la huitième sphère, (Steiner, 1905 : 12). L’hypnose non seulement transgresse les limites établies par la conscience de veille, tel un viol psychique, elle se révèle de plus une influence destructrice de la volonté et du libre-arbitre. Steiner considère l’hypnose comme un euphémisme pour « magie noire » et manipulation mentale. Le médium, le spirite et l’hypnotiseur sont des magiciens noirs inconscients car des élémentaux ahrimaniens s’infiltrent dans leurs « émanations chimiques » ou « ectoplasme » (Steiner, 1924 : 161). Quant au mage noir conjurant ses esprits familiers à entrer dans ses émanations afin d’en obtenir du pouvoir, celui-ci attire de façon pleinement intentionnelle des élémentaux ahrimaniens. Steiner met aussi en garde contre la psychanalyse de son temps, qui utilisait abondamment la régression sous hypnose dans les souvenirs d’enfance. Steiner soutient que d’éveiller et manipuler des souvenirs réprimés, c’est jouer avec de véritables bombes dans une psyché déjà fragile. Le reste de sa vie et même après la mort, le patient restera emprisonné dans les structures psychanalytiques, pleines de complexes freudiens, qu’il se sera créé dans son imagination (Steiner, 1917 : 10). Il nourrit ainsi des complexes, des fragments indépendants de lui-même, de véritables démons qui s’habillent de ses souvenirs (Steiner, 1917 : 10). Si Steiner condamnait la psychanalyse et l’hypnose, à combien plus forte raison n’aurait-il pas condamné avec vigueur les « thérapies de vies antérieures» ? Le drame-mystère de Steiner : une clé pour notre compréhension de la réincarnation
Dans le quatrième drame mystère de Steiner, rappelle Prokofieff (1995), membre de la Société Anthroposophique Générale au Goethéanum, les personnages Capésius, Maria et Johannes consultent des « pseudo occultistes » : “And the soul will then appear as an occultist and when telled upon will tell human beings their lives from the primeval beginnings of the Earth.” (Prokofieff, 1995: 14) Ainsi, Capésius, Maria et Johannes tentent d'arriver à une connaissance du karma, mais succombent momentanément aux illusions semées par des êtres spirituels nuisibles qui leur racontent leurs vies antérieures dans des séances d’occultisme. S.O. Prokofieff (1995 : 14), interprète la scène en citant Steiner, qui a révélé que ces enseignements offerts par des entités ahrimaniennes (sataniques) mèneront l'humanité à sa décadence parce qu’elle le reçoit passivement, sans se transformer intérieurement. Plus tard, Capésius devra reconnaître que les images qui lui venaient dans un état infra-conscient - en deçà de l'état de conscience de veille - étaient illusoires, n'étant pas connectées à une expérience consciente du « Minuit de l'Existence » (la rencontre du Moi avec le Christ Représentant de l'Humanité au milieu de l’intervalle entre la mort et une nouvelle incarnation), et donc qu’il ne peut s’agir d’une compréhension valide de la réincarnation et du karma (Prokofieff, 1995 : 15). Toutefois, seule Maria arrivera, dans le quatrième drame-mystère, à une compréhension réelle de la réincarnation fondée sur le mystère du Minuit de l’Existence, acquérant ainsi un savoir fiable sur son propre karma (Prokofieff, 1995 : 15). En résumé, Steiner et certains anthroposophes avertissent le lecteur qu’il y a un danger de confusion et d’illusion inhérent à toute investigation portant sur les vies antérieures. Fonder sa compréhension du karma et de la réincarnation sur des visions originaires de la clairvoyance atavique en est un exemple. Derrière ces visions ataviques se cacheraient des êtres ahrimaniens, eux-mêmes manipulés par des mauvais initiés souhaitant répandre de fausses conceptions de la réincarnation et du karma. En répandant du matérialisme ainsi qu’une
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mauvaise compréhension du karma et de la réincarnation, ces occultistes emprisonneraient toujours plus de défunts dans leur loge, leur « salle d’attente », et conduisent ensuite ces défunts vers les séances de spiritisme, de médiumnisme. Les êtres spirituels ahrimaniens utilisent ensuite les souvenirs de ces défunts et les dévoilent dès qu’on ouvre la porte de la clairvoyance atavique, par exemple lors des séances de transe hypnotique et de régression sous hypnose dans des « vies antérieures ». La popularité des thérapies de régression sous hypnose et de lying est, selon Diet (2002), une manifestation plus récente des activités des loges occultes malintentionnées. En inspirant des conceptions fausses de la réincarnation et du karma, les loges malintentionnées créent des démons, car les mensonges donnent vie à des démons et les démons nous ramènent à un stade dépassé de notre évolution, dans la clairvoyance atavique qui devrait déjà être du passé. Ces loges sont elles-mêmes inspirées plus ou moins directement par Lucifer et Ahriman, qui veulent entraîner l’humanité dans la huitième sphère et ainsi faire échouer toute l’évolution humaine-terrestre du plan divin. C’est donc dire qu’une mauvaise compréhension du karma et de la réincarnation, parce qu’elle court-circuite le processus de saine acquisition de la connaissance en se fondant sur des mensonges et des phénomènes pathologiques, menace le passage de la terre et de l’humanité à la nouvelle Jérusalem, ou Jupiter, la prochaine étape de l’évolution humaine-terrestre. P.S :
Pour comprendre ce que sont les prémices de cette 8° sphère actuellement, il suffit de se renseigner sur « le transhumanisme » (écouter sur franceinter : https://www.franceinter.fr/emissions/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-15-novembre-2016) ou voir sur la chaine national geographic le dimanche à 20h40, la série « Mars » ; une partie de cette série est une fiction en 2033, mais l’autre partie se situe en 2016 et est véridique.....et c’est cette partie de 2016 (actuelle et véridique) qui prépare celle de 2033...
BIBLIOGRAPHIE : LAPLANTINE, François 2003 « Penser anthropologiquement la religion » in Le religieux en mouvement, Anthropologie et Sociétés, vol. 27, no. 1, p.11-32. FAIVRE, Antoine 1992 L'ésotérisme, (« Que sais-je ? ») PUF, Paris STEINER, Rudolf 1892 Truth and Knowledge: Prologue to the Philosophy of Freedom, Steinerbooks 1895 The Philosophy of Freedom: the basis for a modern world conception, Pharos, Rudolf Steiner Press 1904 Theosophy, Anthroposophic Press 1905 Knowledge of the higher worlds : how is it achieved ? Rudolf Steiner Press, Londres 1905 Foundations of esotericism, Rudolf Steiner Press 1906 Le sang est un suc tout particulier ; Notre Père ; Le Sens de la Vie, collection la Voie Ouverte, Triades. 1908 The Apocalypse of Saint John, Anthroposophic Press 1910 Science de l'occulte, Rudolf Steiner Press, Londres 1910 A Western approach to reincarnation and karma. Selected lectures and writings by Rudolf Steiner. Edition et introduction par René Querido. 1910 The true nature of the Second Coming, Rudolf Steiner Press 1912 Life between death and rebirth, Anthroposophic Press, New York 1912 Reincarnation and karma, Anthroposophic Press 1915 The occult movement in the nineteenth century, Rudolf Steiner Press 1917 The wrong and right use of esoteric knowledge, Rudolf Steiner Press 1923 What is anthroposophy ? (introduction de Christopher Bamford), Anthroposophic Press 1924 Anthroposophical leading thoughts, Rudolf Steiner Press 1925 Nature Spirits, selected lectures by Rudolf Steiner (from 1908 to 1924), Rudolf Steiner Press ARCHIATI, Pietro
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1996 La réincarnation dans la vie quotidienne : vers une conscience chrétienne renouvelée, Éditions Anthroposophiques Romandes SCHÜTZE, Alfred 1978 The enigma of evil, Floris Books DIET, Irene 2002 La réincarnation sans l’Esprit : histoire d’une contre-vérité, Paris, Éditions Triades. SUMSER, Robert 1994 Rational occultism in fin de siècle Germany : Rudolf Steiner’s modernism, History of European Ideas, vol.18, no.4, pp.497-511 PROKOFIEFF, Sergei O. 1995 Rudolf Steiner’s research into karma and the mission of the anthroposophical society, Temple Lodge. TUMMER, Lìa 2001 Rudolf Steiner and Anthroposophy for beginners. New York, Writers and Readers Beginners Documentary Comic Book. LIEVEGOED, Bernard 1983 Man on the Threshold: the challenge of inner development, Social Ecology Series, Hawthorn Press

Derniers commentaires

24.05 | 16:45

Bonjour,
je découvre votre site d'une richesse incroyable.
Je ne sais pas qui est derrière toutes ces informations et suis intéressée à savoir.
Je vous remercie d'avance pour v
Cordialement,
M.Jaccard

26.04 | 08:47

très riche... découverte des deux réalités jusque à l'intérieur de la Terre... je le relierai dans quelques jours...

05.10 | 19:00

je découvre

03.10 | 09:36

la science spirituelle ne donne pas du "petit lait" elle permet d'avancer sur un chemin spirituel, en "autonomie", "individuellement", ce qui nécessite beaucoup de travail personnel...

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